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La revue de presse des Balkans du 6/08/2010 - 
Article publié le : vendredi 06 août 2010 - Dernière modification le : lundi 09 août 2010

Les commémorations de l’opération « Tempête » de 1995 jettent un froid sur les relations entre la Serbie et la Croatie

Par Courrier des Balkans / Jean-Arnault Dérens

Une revue de presse présentée en partenariat avec Le Courrier des Balkans.

 
La Croatie a fêté en grande pompe, jeudi, le quinzième anniversaire de l’opération « Tempête » (« Oluja ») qui lui a permis, en 1995, de reconquérir la Krajina, occupée par les sécessionnistes serbes. Les cérémonies principales se sont déroulées à Knin, l’ancienne capitale de la « République serbe de Krajina. »
Lire Oluja : il y a 15 ans, la Croatie reprenait le contrôle de la Krajina
 
Alors que les relations bilatérales entre la Serbie et la Croatie avait connu une nette embellie ces derniers mois, surtout après la visite du Président croate Ivo Josipović à Belgrade, à la mi-juillet, ces commémorations ont à nouveau jeté un froid. Pour Zagreb, l’opération « Tempête » est considérée comme une libération et son anniversaire est fêté comme le « Jour de la Victoire », tandis que Belgrade considère l’opération comme un crime de guerre.
Lire : Oluja : la Croatie commémore à Knin les 15 ans de la fin de la guerre
 
En effet, cette opération s’est soldée par un lourd bilan. Au moins 2000 morts, et l’exode de 200 à 250 000 Serbes de Krajina. Les réfugiés serbes estiment d’ailleurs que le retour est toujours impossible pour eux en Croatie, et exigent que les autorités croates accélèrent le processus d’exhumation des fosses communes et d’identification des victimes. Quelque 2000 personnes sont toujours portées disparues.
Lire : Croatie : 15 ans après « Oluja », impossible retour pour les réfugiés serbes ?
 
Quelques jours avant cet anniversaire, la Cour suprême de Croatie a confirmé la culpabilité du député Branimir Glavaš, accusé du meurtre de onze civils serbes lors de la guerre de 1991, à Osijek, dans le nord de la Croatie. Condamné à dix années de prison en mai 2009, le député Glavaš s’était aussitôt enfui en Bosnie-Herzégovine, pays dont il possède aussi la nationalité. Sa peine a toutefois été réduite à huit années de prison. Toute la question est désormais de savoir si Branimir Glavaš la purgera en Croatie ou en Bosnie-Herzégovine.
Lire : Crimes de guerre : Branimir Glavaš purgera-t-il sa peine en Bosnie ou en Croatie ?
 
En Bosnie-Herzégovine, la campagne pour les élections générales du 3 octobre prochain a déjà démarré, mais les citoyens devraient faire les comptes. Dans ce pays de quatre millions d’habitants, morcelé en deux « entités » et en dix cantons, le financement officiel des partis politiques coûte dix millions d’euros chaque année, sans parler du salaire des innombrables élus et de leurs assistance – ni bien sûr des pots-de-vin et de la corruption endémique.
Lire : Bosnie-Herzégovine : la politique coûte cher aux citoyens
 
En Serbie, les agresseurs du journaliste Teofil Pančić ont été arrêtés et placés en détention provisoire. Ce dernier, connu pour ses prises de position antinationalistes, avait été sauvagement frappé à Zemun, le samedi 24 juillet. La multiplication d’actes de violence commis par de très jeunes gens, liés à des groupes ultra-nationalistes pose question. Depuis un an, le procureur de la République réclame, mais en vain, l’interdiction de ces groupes.
Lire : Serbie : la menace constante des groupes d'ultra-droite
 
Au Monténégro, la grande affaire de l’été, c’est l’offre faite par les autorités au prince héritier, Nikola II Petrović Njegoš. Créateur de la Biennale d’art contemporain de Cetinje, très engagé dans la restauration de l’indépendance monténégrine, mais aussi dans le soutien aux courants démocratiques et antinationalistes de tous les Balkans, le prince réclame une restitution partielle des biens de la dynastie. Selon la dernière offre des autorités, il disposerait d’un statut protocolaire équivalent à celui du président de la République, ainsi que d’une résidence mise à disposition. Alors que l’identité monténégrine est intrinsèquement liée à la dynastie Petrović Njegoš, le prince Nikola demande l’ouverture de négociations publiques.
Lire Monténégro : quel statut pour la dynastie Petrović Njegoš  ? 
 
En Albanie, la saison touristique risque de se solder par un bilan en demi-teinte. Malgré des investissements énormes, mais souvent désordonnée, les touristes étrangers ne se ruent pas encore vers le pays, tandis que les Albanais qui le peuvent préfèrent aller passer leurs vacances à l’étranger, à condition, du moins, qu’un visa ne soit pas exigé…
Lire Albanie : le développement touristique, une illusion ? 
 
Les Albanais, en effet, ne bénéficient toujours pas de la libéralisation des visas accordée, en décembre 2009, aux Serbes, aux Monténégrins et au Macédoniens. L’abolition du régime des visas Schengen pourrait néanmoins s’étendre à l’Albanie et, peut-être, à la Bosnie-Herzégovine, d’ici la fin de l’année. Le Parlement européen vient en tout cas d’adopter une résolution allant en ce sens, mais la décision appartient à la Commission.
Lire : Libéralisation des visas Schengen : bientôt au tour de l'Albanie ?  
 
La question des passeports n’en finit pas de faire des vagues entre la Roumanie, membre de l’UE depuis 2007, et la Moldavie, la « petite sœur roumanophone » tenue aux marges de l’Union. On reproche en effet à Bucarest d’accorder trop généreusement des passeports roumains aux ressortissants moldaves.
Lire Passeports : la Roumanie trop généreuse avec les ressortissants moldaves ?  
 

 

tags: Revue de presse - Union Européenne
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