Incendies en Russie: Moscou envahie par la fumée
Vols annulés, chaleur suffocante et taux de pollution atteignant 4 fois le seuil d’alerte… Ce 8 août, les habitants de la capitale russe sont toujours contraints de porter des masques de protection. Les Moscovites qui en ont la possibilité vont chercher refuge à la campagne. Les feux qui embrasent l’ouest du pays ont fait officiellement 52 morts et 4 000 sans abri.
Avec notre correspondant à Moscou, Alexandre Billette
Autour de Moscou le nombre de feux en activité a augmenté. A l'extérieur de la capitale la situation s'aggrave. Au total, ce sont plus de 190 000 hectares de forêt qui sont en feu dans tout l'ouest du pays.
Les pompiers et les militaires sont visiblement dépassés par l'ampleur des événements. Le ministère des Situations d'urgence fait désormais appel aux volontaires pour venir en aide aux professionnels.
Dans la grande région de Moscou, les pompiers vont désormais travailler
24 heures sur 24 sur le terrain, notamment pour tenter d'éteindre les feux de tourbières, qui sont responsables du nuage de fumée sur la capitale.
Dans la région de Sarov, là où se trouve un grand complexe de recherche nucléaire, la situation semble maîtrisée : les flammes s'approchent de la ville, mais les militaires ont creusé un canal autour de la localité pour éviter une dispersion des feux.
Par contre, un autre endroit stratégique serait menacé : non loin de Moscou c'est un complexe militaire, un centre de surveillance antimissile qui pourrait être touché par les flammes. Alors que déjà, deux bases de l'armée russes ont été détruites par les feux ces derniers jours.
Les Moscovites qui le peuvent fuient à la campagne |
Des départs annulés, des vols détournés vers d'autres villes, et des milliers de personne bloquées dans les aéroports de Moscou. En cause, le nuage de fumée toxique toujours au-dessus de la ville qui rend la visibilité quasi nulle. Mais aussi, les départs de dernière minute : les Moscovites tentent par tous les moyens de quitter la capitale, où la concentration de monoxyde de carbone était dimanche trois fois supérieure au maximum supportable. Du coup tous les moyens sont bons : avion, mais aussi voiture ou encore le train. A la gare Belorusskaya, Irina fait la queue pour acheter un billet pour Mojaïsk, une petite ville épargnée par la fumée, à 100 kilomètres à l'ouest de Moscou :« Oui, on essaie de s'éloigner un peu de la fumée, on va à Mojaïsk... Au moins là-bas, il y a quelque chose à respirer... On va rester quelques jours, autant que possible... ». Pour ceux qui n'ont pas les moyens de partir, la ville de Moscou a ouvert des centres où l'on peut consulter une infirmière ou se reposer près d'un ventilateur. C'est le premier geste de la ville de Moscou, dont l'administration a été sévèrement critiquée. Le maire de Moscou, Iouri Loujkov, a choisi ce dimanche seulement, de rentrer de vacances. |

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