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    Europe

    Les thèses racistes de Thilo Sarrazin divisent l'Allemagne

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    Le livre de Thilo Sarrazin,  L’Allemagne va à sa perte, et les thèses iconoclastes qu’il y développe sur l’immigration secouent l’Allemagne en profondeur. Ce social-démocrate va probablement perdre son poste au sein du directoire de la Bundesbank. Sa publication partage l’Allemagne et repose la question de l’intégration des étrangers.

    Non, il ne s’agissait pas de la sortie du dernier Harry Potter. Pourtant, la meute de journalistes qui se pressait le lundi 30 août pour assister à la présentation du livre de Thilo Sarrazin était impressionnante. Ils étaient environ 250, avec une forte présence de la presse internationale, à faire la queue pour voir de plus près le provocateur numéro un du moment. Thilo Sarrazin, ce sexagénaire moustachu, a accumulé ces dernières années les déclarations sulfureuses.

    Lorsqu’il était responsable des finances mal en point de la ville de Berlin, le social-démocrate défrayait la chronique avec des sorties sur les plus pauvres, très nombreux dans la capitale allemande. Il avait concocté un menu pour prouver aux bénéficiaires de l’aide sociale qu’on pouvait se nourrir de façon équilibrée avec 4,50 euros par jour. Plus tard, il conseillera aux plus modestes, face aux augmentations des charges locatives d’enfiler un pull et de baisser leur chauffage.

    Un humour devenu plus que douteux

    L’humour caustique de ce Sarrazin de moins en moins catholique est devenu plus que douteux lorsqu’il est passé des pauvres aux étrangers. Devenu, l’an dernier, membre du directoire de la Bundesbank, Thilo Sarrazin vient de résumer ses thèses dérangeantes dans un livre intitulé L’Allemagne va à sa perte.

    Il y évoque « la bêtise qui rampe » en raison d’une immigration de plus en plus nombreuse, les dangers de l’islam, le risque qu’à terme les Allemands deviennent minoritaires dans leur propre pays, le fait que les étrangers aient uniquement coûté de l’argent à la collectivité et ne lui aient rien apporté. Une interview, donnée le dernier week-end du mois d’août ,dans laquelle il a évoqué les gènes propres aux juifs, a achevé d’envenimer les polémiques.

    Avant même la sortie du livre en librairie, des morceaux choisis ont été publiés, suscitant des réactions nombreuses. L’ensemble de la presse est tombée à bras raccourcis sur Sarrazin dénonçant des thèses outrancières qui contribuent à l’ostracisme de groupes entiers au sein de la société allemande. Les associations regroupant les étrangers ont été très offensives, ainsi que le conseil central des juifs d’Allemagne.

    Exclu du parti, remercié par la Banque centrale

    Cette vague de protestations a conduit à des mesures contre Sarrazin. Le parti social-démocrate souhaite se débarrasser au plus vite de ce camarade bien encombrant et vient de mettre en place une procédure d’exclusion.

    Dès le week-end dernier, la chancelière Angela Merkel avait fait une sortie inhabituellement directe, estimant que la Banque centrale allemande ne manquerait pas de se saisir du dossier. Un appel du pied à peine voilé pour conseiller à la Bundesbank de prendre des sanctions contre un membre de son directoire nuisible à l’image d’une institution sacrée en Allemagne.

    La banque a d’ailleurs réagi, partagée entre la volonté de préserver son indépendance et la nécessité d’agir. Il en allait aussi des chances de son président Axel Weber de prendre la tête de la Banque centrale européenne. Finalement, le directoire de la Bundesbank a voté à l’unanimité le départ de Sarrazin. La balle est désormais dans le camp du président de la République, seul habilité à trancher.

    L’opinion est plus partagée

    Mais si l’ensemble des élites a dénoncé catégoriquement les thèses de Thilo Sarrazin, les Allemands sont plus partagés. Un tiers d’entre eux soutiennent ses positions, d’après un sondage. Ils sont même 46% à estimer que les Allemands ne seront bientôt plus chez eux dans leur pays. Le SPD a reçu de sa base énormément de courriers protestant contre l’exclusion prévue du social-démocrate Thilo Sarrazin. Le risque du rouleau compresseur médiatique et politique qui s’est mis en place est de faire du provocateur un martyr, et de renforcer chez beaucoup le sentiment qu’on a voulu le punir pour avoir dit des vérités qui dérangent.

    Certes, un membre du directoire de la Bundesbank qui dérape, cela fait désordre, mais Thilo Sarrazin n’a pas de mandat électif et de responsabilité devant ses électeurs ; il n’a pas plus de fonction au sein de son parti. Certaines voix minoritaires critiquent une réaction disproportionnée. Comme par exemple le maire d’arrondissement de Neukölln à Berlin. Le social-démocrate Heinz Buschkowsky à la tête d’un quartier dit à problèmes est connu pour son franc-parler et ses idées iconoclastes. Il estime que les sanctions prises contre Sarrazin sont une atteinte à la liberté de parole.

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