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La revue de presse des Balkans du 03/09/2010 - 
Article publié le : vendredi 03 septembre 2010 - Dernière modification le : vendredi 03 septembre 2010

TPI : accablants réquisitoires pour les généraux croates

Par Courrier des Balkans / Jean-Arnault Dérens

L’heure du verdict va bientôt sonner à La Haye pour les trois généraux croates jugés devant le Tribunal pénal international (TPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Après deux ans et demi de procédure, c’est l’heure des plaidoiries finales dans le procès des généraux Ante Gotovina, Ivan Čermak et Mladen Markač, contre lesquels de lourdes peines de prison ont été requises. L’accusation a mis en évidence la volonté délibérée de nettoyage ethnique, décidée par les autorités croates de l’époque et mise en œuvre par les accusés.
TPI : accablants réquisitoires pour les généraux croates

En Bosnie-Herzégovine, la presse a beaucoup évoqué le retour du « monstre de Grbavica », extradé d’Espagne à la fin du mois d’août. Veselin Vlahović, chef de milice serbe et responsable d’horribles crimes commis durant la guerre dans ce quartier de Srebrenica, avait été arrêté en Espagne en mars dernier. Il sera jugé à Sarajevo.
Crimes de guerre : le bourreau de Grbavica a été extradé vers la Bosnie

Les nouvelles économiques, quant à elles, varient d’un pays à l’autre. Quand la Serbie respire, la Croatie tremble… En effet, le FMI, qui avait accordé un prêt de 2,87 milliards d’euros à la Serbie a accepté le principe d’un dégel des salaires et des retraites en janvier 2011. Ces derniers sont restés bloqués tout au long de l’année 2010. Par contre, la situation économique ne s’arrange guère en Croatie, qui devrait encore connaître une croissance négative cette année. Dans ces conditions, le pays pourrait être amené, lui aussi, à faire appel au FMI.
Serbie : le FMI accepte le déblocage des salaires et des retraites dès janvier 2011

Crise économique : la Croatie pourrait faire appel au FMI

La Serbie fourbit ses armes à quelques jours du début de l’Assemblée générale des Nations unies, où elle entend déposer une résolution sur le Kosovo. Depuis quelques semaines, les émissaires occidentaux se pressent à Belgrade pour convaincre les dirigeants serbes de renoncer à présenter ce projet de résolution. Ces derniers jours, les ministres allemand et britannique des Affaires étrangères se sont ainsi succédés dans la capitale serbe, mais sans succès. Belgrade persiste dans son intention de présenter cette résolution, tout en s’affirmant ouverte au dialogue et au compromis.
Kosovo : l’UE ne veut pas de débat à New York, la Serbie insiste

Sur le terrain, un scandale vient d’éclater dans la petite ville de Merošina, dans le sud de la Serbie, à quelques kilomètres des frontières du Kosovo. Des policiers vendraient de faux certificats de résidence à des Albanais du Kosovo désireux d’obtenir un passeport serbe. Ce dernier permet en effet désormais de voyager sans visa dans l’Union européenne, tandis que la libéralisation des visas n’est toujours pas à l’ordre du jour pour le Kosovo.
Kosovo : passeports serbes à vendre à Merošina ?

Le monde albanais fête cette semaine le centenaire de Mère Teresa, née le 26 août 1910 dans une famille albanaise à Skopje, en Macédoine, sous le nom d’Anjezë Gonxhe Bojaxhiu. Des cérémonies, laïques et religieuses ont déjà eu lieu le week-end dernier en Albanie, au Kosovo et en Macédoine, mais le « clou » de ces manifestations sera la consécration de la nouvelle cathédrale de Pristina, dimanche 5 septembre, jour de la fête liturgique de Mère Teresa, sous le vocable de laquelle sera placée la cathédrale.
Le monde albanais célèbre en grande pompe le centenaire de Mère Teresa

En Albanie, certains ne risquent guère, toutefois, de participer à ces cérémonies. Les Roms – dont le nombre est évalué de 100 à 140 000 individus – forment, en effet, la catégorie la plus marginalisée de la population albanaise. Chômage, misère, analphabétisme constituent toujours, en effet, le lot quotidien de cette population. Les promesses et les engagements du gouvernement sont, pour l’instant, restés sans effets.
http://balkans.courriers.info/article15799.html
http://balkans.courriers.info/article15767.html

Le Monténégro, lui, a célébré en grande pompe le centenaire de sa proclamation en royaume, le 30 août 1910. Il y avait toutefois un absent de marques aux cérémonies officielles qui se sont principalement déroulées à Cetinje, la capitale historique du pays : le prince Nikola II Petrović Njegoš, héritier du trône, qui a catégoriquement rejeté le projet de loi sur le « statut de la dynastie » présenté fin juillet par le gouvernement. Très engagé dans le soutien aux courants démocratiques et antinationalistes des Balkans, le prince estime que cette loi vise surtout à le priver de son droit de libre parole…
Le Monténégro fête les 100 ans du royaume sans l’héritier de la dynastie Petrović Njegoš

En cette fin de saison touristique, le Monténégro doit aussi faire les comptes et constater l’échec de la stratégie du gouvernement axée sur le développement du tourisme de luxe. Si quelques figures de la jet set internationale sont bien passées par le Monténégro ces dernières années, celui-ci a encore beaucoup de chemin à faire pour vouloir concurrencer Monaco…
Tourisme de luxe au Monténégro, la grande arnaque

En Macédoine, constate le quotidien Dnevnik, « tout le monde est pour l’Europe, mais il n’y a personne à Bruxelles ». Le pays, qui a le statut officiel de candidat à l’intégration européenne depuis décembre 2005, brille en effet par l’absence de ses lobbyistes et de ses représentants. Le manque de moyens de l’Etat n’explique pas tout, soutient le journal : les responsables macédoniens sont-ils bien conscients de l’enjeu ?
Macédoine : tout le monde est pour l’Europe, mais il n’y a personne à Bruxelles

En Bulgarie, -qui a rejoint l’UE en 2007- une nouvelle catégorie sociale est en train d’apparaître, celle des « euro-nomades ». Nombre de travailleurs bulgares, diplômés ou non, partagent en effet désormais leur vie entre leur pays d’origine et le pays occidental où ils travaillent. Ces nouveaux nomades planifient leur vie en fonction des vols low cost, et sont de grands utilisateurs des nouveaux outils de communication, comme Skype, tandis qu’une nouvelle fracture sociale apparaît en Bulgarie entre ceux qui voyagent et ceux qui sont condamnés à rester dans le pays…
Migrations : la Bulgarie à l’heure des « euro-nomades »

 

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