Dernières infos
Allemagne/ Synthèse - 
Article publié le : lundi 06 septembre 2010 - Dernière modification le : mardi 07 septembre 2010

Angela Merkel prolonge l'ouverture des centrales nucléaires en Allemagne

Angela Merkel, la chancelière allemande 6 septembre 2010 à Vilnius
Angela Merkel, la chancelière allemande 6 septembre 2010 à Vilnius
REUTERS/Ints Kalnins

Par Pierre Chaperon

Après douze heures de discussion avec sa coalition, la chancelière allemande a pris sa décision. Les centrales nucléaires allemandes devraient voir leur durée de vie prolongée de douze ans en moyenne. Une décision périlleuse à moins d’un an des élections dans six états-régions.

Angela Merkel a tranché pour tenir l’une de ses promesses de campagne. Elle a décidé de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires allemandes. Celles construites avant 1980 ont un sursis de huit ans, les plus jeunes pourront marcher quatorze ans de plus. Ces dates sont loin d’être définitives : le gouvernement allemand raisonne en quantités d’électricités allouées à chaque réacteur.

L’accord, intervenu dans la nuit, prévoit également que les groupes énergétiques qui exploitent ces centrales dépensent une partie des gains supplémentaires dans les énergies renouvelables. Les entreprises devront faire un effort financier pour assurer la sécurité des centrales.

Le gouvernement a tout de même souligné que les propriétaires de réacteurs devront payer un taxe sur les combustibles de 2,3 milliards d’euros par an.

Les discussions ont été difficiles. Beaucoup de dissensions se sont fait entendre au sein de la coalition CDU/FDP d’Angela Merkel. Deux camps se sont affrontés : d’un côté, celui du ministre de l’Economie, Rainer Brüderle, qui exigeait une vingtaine d’année de rallonge et celui du ministre de l’Environnement, Norbert Röttgen, qui ne voulait pas entendre parler de plus de huit années.

« Nous avons besoin de nucléaire et du charbon comme énergie de transition », a déclaré Merkel. Cependant, la chancelière allemande a assuré prendre « au sérieux » les inquiétudes de la population allemandes. Selon un sondage 59% d’entre eux sont opposés à un allongement de durée de vie du nucléaire.

A travers cet accord, Angela Merkel et son gouvernement espèrent éviter un passage devant la chambre haute du Parlement allemand pour cette décision. La coalition conservatrice-libérale (CDU/FDP) y a perdu la majorité au printemps dernier.

A moins d’un an d’élections dans six états régionaux, c’est une décision risquée qu’a pris Angela Merkel. D’autant plus que la chancelière allemande doit aussi composer avec la popularité toujours grandissante du Parti écologiste. 

Des réactions contrastées 

Premier pays à réagir, l’Autriche a vivement critiqué la décision de l’Allemagne de prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires. Le ministre autrichien de l’Environnement a qualifié la décision du gouvernement allemand de « décevante ».

« En aucun cas, l'énergie atomique ne saurait être une réponse aux problèmes du changement climatique et une solution durable pour réduire les émissions de CO2 », a-t-il ajouté.

De son côté, le parti social-démocrate SPD et les Verts ont décidé qu’ils attaqueraient la décision en justice. Nombre de commentateurs estimaient que l’affaire pourrait remonter jusqu’à la cour constitutionnel. Son issue serait incertaine. Les organisations écologistes sont appelées à manifester le 18 septembre 2010 dans les rues de Berlin.

Seuls bénéficiaires dans cette histoire sont les groupes énergétiques qui gèrent les centrales nucléaires. A l’ouverture de la bourse de Francfort, l’action EON gagnait 2,88%, celle de RWE augmentait de 2,39%. Ce sont les plus fortes hausses de la matinée. « Le gouvernement montre clairement que nous aurons besoin encore longtemps de l'énergie nucléaire », a commenté Johannes Teyssen, patron du numéro un allemand de l'énergie EON.

 

tags: Allemagne - Nucléaire
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Fermer