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    Europe

    La pédophilie au menu d’une réunion de 150 cardinaux au Vatican

    media Le Pape Benedict XVI et ses Cardinaux, au Vatican, le 19 novembre 2010. Reuters

    Les cardinaux du monde entier se sont retrouvés vendredi 19 novembre 2010 autour du pape Benoît XVI afin d'évoquer pour la première fois, la « réponse de l'Eglise » face à la pédophilie dans le clergé. Une réunion de réflexion et de prières à laquelle participaient 150 cardinaux.

    C’est l’ampleur du problème, c’est à dire le nombre de prêtres pédophiles au sein de l’église, qui a contraint le Vatican à s’emparer de cette question. Les crimes remontent parfois aux années cinquante. Le scandale a d’abord éclaté aux Etats-Unis, dans les années quatre-vingt-dix, puis au Canada et en Irlande.

    Aux Etats-Unis, 4 400 prêtres ont fait plus de 11 000 victimes en 1950 et 2002. En Irlande on recense plus de 15 000 victimes de prêtres pédophiles. Dans ce pays très catholique, l’éducation était presque exclusivement entre les mains de l’église qui avait un rôle tellement important dans la société que « la pédophilie des prêtres » était tout simplement impensable. Les affaires étaient systématiquement étouffées et les prêtres pédophiles simplement déplacés d’une institution ou d’une église à une autre.

    C’est bien ce qui est reproché au Vatican, plus que sa passivité face au problème, une volonté de cacher les crimes pour préserver la réputation de l’institution toute entière. D'autre part, des évêques ou des congrégations comme les Légionnaires du Christ ont été impliqués et le Vatican n’a pas traité ces affaires comme elles le méritaient. Il faut pourtant reconnaître des positions courageuses prises notamment par le cardinal Ratzinger dès les débuts des années quatre-vingt-dix.

    Mais il n’a pas été suivi par la curie romaine. C’est-à-dire par l’administration papale. Il faudra attendre dix ans pour qu'une lettre du pape Jean Paul II, adressée aux évêques, parle de « délit grave ». Elle va marquer un tournant. L’époque du déni est terminée et sous la houlette de Benoit XVI, ex-cardinal Ratzinger, l’église va commencer à coopérer avec la justice.

    Qu'est ce que les victimes des prêtres pédophiles peuvent attendre de ce consistoire ?

    Des victimes ont manifesté justement, vendredi 19 novembre 2010, à Rome, à l'occasion de la réunion des évêques. Elles estiment qu’il ne suffit pas de dénoncer et que le Vatican n'a pas pris assez de mesures pour protéger les enfants. Elles réclament plus de coopération avec la justice et notamment que les évêques remettent à la police et aux tribunaux les dossiers personnels de religieux accusés de mauvais traitements sur des enfants. Ce qui est déjà le cas par exemple à Dublin, en Irlande, mais cela provoque un débat au sein de l'église.

    En réalité, une fois le voile levé sur ces scandales, l'Eglise n'a pas vraiment d'autre choix que d’aller jusqu’au bout, et c’est douloureux. Il y a une culture du pardon au sein de l’Eglise et les pédophiles sont souvent des hommes âgés, mais elle est désormais obligée se pencher sur le sort des victimes qui a été si longtemps nié.

    La seule chose qui était vraiment claire, c’est qu’il fallait protéger l’Eglise, les victimes si longtemps oubliées étaient priées comme les prêtres de se taire pour ne pas faire de tort à l’Eglise. En 2010, le Pape Benoît XVI a remis les choses en place en déclarant que la plus grande persécution de l'Église ne venait pas d'ennemis extérieurs mais naissait du péché de l'Église.

    Alors que peut-on finalement espérer aujourd'hui du Vatican ?

    En réalité peu de chose. Le Vatican tente de rassurer et de rassembler des fidèles déboussolés par ces affreux scandales. Le Vatican dénonce aujourd'hui les crimes qui ont été commis et prône la transparence et la coopération avec la justice à l'échelle locale mais il refuse de répondre directement devant les tribunaux.

    Pour de nombreuses victimes des prêtres pédophiles, c'est intolérable, car pour eux, ce ne sont pas seulement des hommes, mais des prêtres qui ont failli, et avec eux toute l'institution. Pour le Vatican, reconnaître sa responsabilité devant les tribunaux, cela voudraient dire indemniser les victimes. Un pas que même Benoit XVI, jusqu'à maintenant,  ne semble pas prêt à franchir.

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