GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 12 Septembre
Vendredi 13 Septembre
Samedi 14 Septembre
Dimanche 15 Septembre
Aujourd'hui
Mardi 17 Septembre
Mercredi 18 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Europe

    Une partie des collections de l’Ermitage exposées à Paris

    media «Portrait de jeune homme au chapeau», de Jean-Baptiste Greuze Musée de l'Ermitage; photo Pavel Demidov

    Dans ses nouveaux locaux, à deux pas des plus anciens, la Pinacothèque de Paris expose une partie des collections du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Il s’agit de tableaux importants, acquis par les derniers tsars amateurs d’art, issus de collections qui ont donné naissance au plus important des musées russes. L’exposition se déroule jusqu’au 29 mai 2011.

    Deux responsables des collections d’art occidental du musée de l’Ermitage, le musée le plus prestigieux de Russie, étaient venus, avant l’ouverture au public, parler des œuvres installées pour quelques mois dans les nouveaux locaux de la Pinacothèque. Manque de communication pour cause de langue différente ou difficulté peut-être de parler d’œuvres aussi fondamentales, toujours est-il que ces représentants se sont peu exprimés sur le choix des œuvres envoyées à Paris. Pour l’anecdote, ils ont cependant remarqué que l’affiche de la rétrospective Monet, terminée depuis peu à Paris, était la reproduction d’un tableau de Monet qui se trouve à l’Ermitage.  

    Bien sûr ce n’est pas du temps des Romanov que ce Monet a été acheté par des Russes. Mais des tableaux d’impressionnistes, il y en a en grande quantité dans les galeries de l’Ermitage, probablement bien plus que dans les musées parisiens consacrés à cette période. Une façon donc de confirmer ce que l’on sait déjà : l’Ermitage a continué sur la lancée des empereurs, toujours à l’affut des nouveautés de la peinture européenne.

    Bien avant la période impressionniste, les tsars étaient donc déjà des collectionneurs avertis. Le premier d’entre eux fut Pierre le Grand (1672-1725). Celui qui fit surgir la ville de Saint-Pétersbourg d’une zone marécageuse et décida d’en faire la capitale de l’Empire, voulait aussi que sa ville soit une capitale intellectuelle et artistique.
     

    Pierre 1er dit Pierre le Grand envoya donc des émissaires en Europe occidentale pour qu’ils dénichent ce qu’il y avait de plus beau, de plus nouveau, en France, en Italie, en Hollande. Le tsar commence même une collection de sculptures alors que ce type de représentation artistique est encore interdit par la religion orthodoxe. Résultat de ces expéditions artistiques : des Rembrandt comme David et Jonathan entrent dans les collections impériales. Ce tableau est acheté à l’occasion d’une vente aux enchères à Amsterdam, en 1710.

    Les acheteurs russes choisissent également beaucoup de marines hollandaises. « Le tsar, qui a vécu pendant deux ans aux Pays-Bas, apprécie particulièrement la peinture hollandaise », souligne Serguei Androsov, directeur du département des arts européens au musée de l’Ermitage. Des tableaux de l’école italienne sont également acquis au nom de Pierre le Grand. Comme il veut aussi des pièces anciennes, de  l’Antiquité par exemple, il fait venir à Saint-Pétersbourg la Vénus de Tauride, sculpture grecque, en marbre, du 2e siècle avant Jésus-Christ.

    La deuxième partie de l’exposition, dont l’itinéraire suit les quatre grandes époques des Romanov amateurs d’art, est consacrée aux œuvres acquises par Catherine II (1729-1796). A ce moment-là, il n’est plus seulement question d’avoir de l’intuition au sujet des dernières tendances en Europe mais désormais d’organiser des collections, toujours en recherchant les nouveautés et en recherchant de l’ancien. L’intellectuel Diderot est l’un des interlocuteurs parisien de la tsarine. En cette fin de 18e siècle, Diderot lui sert notamment d’intermédiaire pour acheter la collection de Pierre Crozat, après la disparition de ce banquier amateur d’art et de ses enfants. Des tableaux de Rubens, Poussin, Van Dyck, Greuze, Véronèse, partent pour Saint-Pétersbourg, provoquant l’émoi du public français face à l’éloignement de ces chefs d’œuvre. Lorsque Catherine II meurt, les 4 000 tableaux du Petit Ermitage sont à l’étroit dans leur nouveau bâtiment.

    Alexandre 1er, petit-fils de Catherine, mise lui aussi sur le foisonnement artistique que connaît Paris au début du 19e siècle. En 1807, il envoie des acheteurs dans la capitale française, acheteurs pilotés par un certain Denon. Ce dernier est alors directeur des musées de France et, dans sa jeunesse, a travaillé à l’ambassade de France à Saint-Pétersbourg. Deux atouts pour conseiller au mieux les prospecteurs russes. De 1808 à 1816, 40 tableaux des plus grands maitres italiens et français, anciens comme contemporains, parviennent en Russie, comme un pied de nez à Napoléon : il n’a pas réussi à conquérir l’immense pays sur lequel règne Alexandre.

    Le quatrième grand personnage de la dynastie des Romanov à avoir imprimé sa marque sur les collections de l’Ermitage est Nicolas 1er. Comme ses ancêtres, il continue à acquérir des tableaux récents ou d’importance historique, notamment de l’école italienne, beaucoup de Titien. Son Christ Tout-puissant peint en 1560 est acheté à un collectionneur de Venise. En 1845, le tsar fait un voyage en Italie pour passer lui-même ses commandes. A la fin de sa vie et de son règne (1855), le Nouvel Ermitage a été construit. Ce bâtiment est devenu en 1852 un musée ouvert au public, à côté du palais impérial.
     

    Le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg Photo Colette Thomas

    « L’Ermitage est le fruit de la relation de la Russie avec l’Europe », résume Serguei Androsov, représentant du musée de l’Ermitage. Comme la plupart des œuvres, explique-t-il encore, ont été achetées en France il y a 2 ou 300 ans, on prend alors la mesure du rayonnement artistique de la France de l’époque. Mais s’ils avaient beaucoup de goût, les quatre empereurs amateurs d’art n’ont pas eu d’intuition sur la situation sociale de leur pays qui allait bientôt basculer dans la révolution et entraîner leur chute.

    La Pinacothèque a désormais des collections permanentes

    Il y a rapprochement entre des œuvres qui, habituellement, sont classées de manière encyclopédique.

    Marc Restellini, directeur de la Pinacothèque de Paris 10/02/2011
    Marc Restellini, directeur de la Pinacothèque explique, à l'occasion de l'ouverture des nouveaux locaux de la Pinacothèque, qu'elle va désormais avoir une collection permanente. L'originalité, c'est que les oeuvres sont prêtées par des collectionneurs privés pour une durée, selon les cas, de un à quinze ans.
    Écouter

     

    Chronologie et chiffres clés
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.