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    Europe

    Behxhet Pacolli, «l’homme du Kremlin» à la tête du Kosovo

    media L'homme d'affaires Behxhet Pacolli, le 12 novembre 2007. AFP/Ermal Meta

    Plus de deux mois après les élections du 12 décembre 2010, Hashim Thaçi devrait être reconduit dans ses fonctions de Premier ministre du Kosovo. Pour former une fragile majorité, le chef du Parti démocratique du Kosovo (PDK), gravement mis en cause dans le rapport du Conseil de l’Europe sur les trafics d’organes, a dû s’allier avec l’Alliance pour un nouveau Kosovo (AKR), du sulfureux homme d’affaires Behxhet Pacolli, qui devrait devenir président du Kosovo. Le Parlement, qui se réunit lundi 21 février 2011, doit valider la composition du nouveau gouvernement, qui fait aussi une large place à une petite formation serbe, le Parti libéral indépendant (SLS). Le président sera également élu par le Parlement dans les prochains jours.

    Le Parti démocratique du Kosovo (PDK) n’avait pas le choix : pour prétendre former le nouveau gouvernement, il a dû accepter les exigences de l’AKR qui, avec 7% des voix, a pu imposer des exigences de faiseur de roi : trois portefeuilles ministériels, un vice-Premier ministre et le poste de président de la République pour son dirigeant, Behxhet Pacolli.

    Le futur chef de l’État kosovar sera donc un binational, puisque l’homme d’affaires dispose de la citoyenneté suisse, en plus de celle du Kosovo. Behxhet Pacolli appartient surtout au club très fermé des grands oligarques du monde post-soviétique.

    Soupçonné de corruption

    Installé depuis 1976 à Lugano, dans le canton suisse du Tessin, où est toujours domiciliée son holding Mabetex, Behxhet Pacolli a pris la route de Moscou dès le début des années 1990, où il se lie d’amitié avec Pavel Borodine, un homme-clé de l’entourage de Boris Eltsine. Originaire de Yakouthie, ce dernier devient en 1993 directeur du Bureau de gestion du patrimoine immobilier de la présidence de Russie. Il ouvre aussitôt à son ami kosovar les portes des chantiers officiels : travaux de rénovation du Kremlin, de la résidence présidentielle de Chuyskaya Tchoupa, des bureaux du gouvernement, de la Douma et du Conseil de la Fédération, de l’Opéra de Moscou, etc. La petite histoire a surtout retenu les placages en or massif des salles de bain du Kremlin.

    Le nom de Behxhet Pacolli revient dans la plupart des scandales de corruption de l’époque Eltsine, et ses amitiés russes lui valent de sérieux ennuis en Suisse. Soupçonné de blanchir l’argent de la mafia, ses bureaux sont perquisitionnés en 1999, et l’homme d’affaires est interrogé par une certaine Carla Del Ponte, alors procureur général de la Confédération helvétique, qui ne pourra rien prouver contre lui.

    Après la mort de Boris Eltsine, Behxhet Pacolli diversifie ses activités, s’attaquant à de fructueux marchés dans les différentes républiques de l’ancien Empire soviétique. Mabetex obtient des contrats majeurs dans la construction d’Astana, la « ville nouvelle » située au cœur des steppes et proclamée en 1998 nouvelle capitale du Kazakhstan. Le groupe Mabetex réalise notamment l’immense Palais présidentiel.

    « Berlusconi de Kosovo »

    Durant toutes ces années, Behxhet Pacolli ne manifeste pas d’intérêt particulier pour la situation politique au Kosovo. Il n’amorce son « retour au pays » qu’en 2006, créant l’Alliance pour un nouveau Kosovo (AKR). Le parti tient un discours basé sur l’économie, faisant passer au second plan les questions nationales liées au statut du territoire. Ce discours nouveau séduit quelques intellectuels et quelques politiciens en rupture de ban, d’autant que Behxhet Pacolli, qui s’est fait construire une immense villa à Ajvalija, un village de la banlieue de Pristina, a la réputation de bien payer ses collaborateurs.

    Le millionnaire rêve ouvertement de devenir le « Berlusconi » du Kosovo, mais le succès ne sera jamais au rendez-vous : son parti plafonne à 8% des voix aux élections de 2007.

    Malgré cela, après la proclamation d’indépendance du Kosovo, le 17 février 2008, Behxhet Pacolli utilise sa fortune personnelle pour se lancer dans un intense lobbying en faveur de la reconnaissance internationale du nouvel État. Il aurait ainsi versé deux millions de dollars de pots-de-vin pour convaincre le gouvernement des îles Maldives de reconnaître le Kosovo, début 2009. Révélée par l’opposition, l’affaire a provoqué un immense scandale à Male, la capitale de l’archipel.

    Les vertus du travail

    Behxhet Pacolli n’a toutefois pas réussi à convaincre l’un de ses grands amis de reconnaître le Kosovo : le colonel Mouammar Kadhafi a préféré rester fidèle à « l’amitié traditionnelle » entre la Libye et la Serbie. Pourtant, la rénovation de Tripoli est le dernier grand chantier du groupe Mabetex et, cette dernière année, Behxhet Pacolli utilisait son jet privé pour partager son temps entre Pristina, Lugano et la capitale libyenne. Lors de la campagne pour les élections de décembre dernier, il se faisait fort d’avoir procuré du travail à 2 000 Kosovars, en les envoyant sur les chantiers de Tripoli. On ne sait pas si ces travailleurs se trouvent toujours en Libye.

    L’AKR se proclame parti « libéral » et son programme glorifie les vertus du travail. Toutefois, les références politiques de Behxhet Pacolli sont assez surprenantes. L’homme revendique deux modèles : le maréchal Tito et l’ancien président croate Stipe Mesic. Il se prononce en faveur du dialogue et même de la coopération avec Belgrade, tout en estimant que le Kosovo ne doit pas uniquement compter sur le soutien occidental, notamment américain, mais s’ouvrir à la collaboration avec la Russie ou les pays du monde arabo-musulman. Toutefois, l’amitié du colonel Kadhafi pourrait ne plus être, aujourd’hui, d’une grande utilité politique au probable futur président du Kosovo.

    La désignation de Behxhet Pacolli à la magistrature suprême n’est pas encore totalement acquise, car sa candidature est dénoncée par une partie des députés du PDK, la formation de Hashim Thaçi. Cependant, si l’accord conclu ce week-end n’était pas respecté, il deviendrait tout simplement impossible de former une coalition gouvernementale. Les diplomates occidentaux en poste à Pristina, pourtant affligés par la perspective d’un tandem Thaçi-Pacolli, considèrent l’hypothèse de nouvelles élections comme le pire des scénarios possibles.

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