Dernières infos
Europe / Climat - 
Article publié le : samedi 07 mai 2011 - Dernière modification le : dimanche 08 mai 2011

Au beau milieu d'un printemps estival, la sécheresse menace une partie de l’Europe

Le mois d'avril 2011 a été le deuxième plus chaud observé en France depuis 1900.
Le mois d'avril 2011 a été le deuxième plus chaud observé en France depuis 1900.
Pascal Parrot/Getty Images

Par Christophe Carmarans

L’Europe du Nord et l’Europe centrale connaissent actuellement des températures supérieures à la moyenne et un taux de pluviométrie anormalement bas. Des records de chaleur ont été atteints pour un mois d’avril dans de nombreuses régions et la sécheresse qui s’annonce pourrait faire des ravages.

S’il a ravi les vacanciers à Pâques et mis de bonne humeur une grande majorité d’Européens dans les villes et sur les littoraux, le temps ensoleillé et sec qui règne sur la quasi-totalité du Vieux continent depuis le début du printemps 2011 commence à sérieusement inquiéter les agriculteurs et à intriguer les météorologues.

Feux de forêt au Royaume-Uni

On s'est baigné à Brighton (Angleterre), le 20 avril.
REUTERS/Luke MacGregor

En France, le mois d’avril a été le deuxième plus chaud jamais enregistré depuis 1900 (après celui de 2007) avec 4 degrés de plus que la moyenne, ce qui constitue un écart très important. Dans d’autres pays plus au nord, des taux anormalement bas de pluviométrie ont été constatés dès le mois de mars comme au Royaume-Uni. Le troisième mois de l’année y est généralement le plus pluvieux mais, dans certaines contrées, il a plu dix fois moins qu’à l’accoutumée et les traditionnelles giboulées de mars ne sont pas manifestées.

Des feux de forêts se sont propagés dans le centre de l'Angleterre - où il n’a jamais fait aussi chaud à cette période de l’année depuis plus de 350 ans - et même jusqu’en Ecosse. La Suisse a également enregistré un début d'année parmi les plus secs jamais atteints et, d’une façon générale, toute la partie nord-ouest du continent ainsi que l’Europe centrale ont connu un déficit de précipitations de l’ordre de 40% à 80% suivant les régions. Les rivières et les nappes phréatiques sont à des niveaux très bas dans de nombreux pays comme en Allemagne où la navigation fluviale sur le Rhin est affectée.

Des répercussions sur la consommation

On a vendu 40% de glaces en plus

 

07/05/2011 par Francine Quentin

Mais c’est surtout l’agriculture qui commence à être sérieusement touchée. Un peu partout, les prévisions de récolte de céréales et de colza doivent être revues à la baisse. Les éleveurs de bétail aussi sont extrêmement inquiets de la sécheresse au sol qui est la plus importante constatée depuis au moins cinquante ans. En France, où les nappes phréatiques affichent un niveau de 58% inférieur par rapport à la normale, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) estime déjà que les pertes pour le fourrage est de l’ordre de 30% à 50% en ce début mai.

L’anticyclone pourrait rester des mois

Il a fait plus chaud que la normale dans pratiquement toute l'Europe.
NOAA/ National Weather Service

Samedi 6 mai, 17 des 95 départements français de métropole étaient déjà concernés par les restrictions d’eau, un chiffre qui va probablement enfler si la météo ne change pas rapidement. Même s’il est difficile de faire des prévisions à plus de cinq jours, l’avenir n’incite pas à l’optimisme. L’Organisation mondiale de la météorologie (OMM) estime en effet que la situation anticyclonique qui s’est installée sur le Vieux continent depuis la fin de l’hiver « pourrait durer des mois ». Cette prévision serait catastrophique pour les agriculteurs si elle s’avérait exacte. La ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a annoncé qu’un « Comité sécheresse » se réunirait à sa demande le lundi 16 mai. 

 

Un mois d'avril inhabituel en France
GettyImages

PLUS CHAUD
La France métropolitaine a connu cette année un mois d’avril exceptionnellement chaud. Ces conditions remarquables résultent de l’influence persistante de conditions anticycloniques sur la métropole. Avec une température moyenne supérieure de 4,0°C à la moyenne de référence, avril 2011 se positionne au deuxième rang des mois d’avril les plus chauds depuis 1900, derrière avril 2007 (+4,3°C) et loin devant avril 1945 (+2.8°C), 1961 et 1949 (+2,6°C). Ces écarts sont plus marqués pour les températures maximales de l’après-midi (+5,5°C) que pour les températures minimales de fin de nuit (+2,5°C). A l’exception de quelques jours plus proches de la normale autour du 15 avril, les températures quotidiennes se sont maintenues autour de valeurs bien supérieures tout au long du mois. Entre le 6 et le 11, elles ont même atteint des valeurs sans égales depuis 1947 pour une première quinzaine d’avril. Plusieurs records mensuels de température maximale quotidienne ont été battus dans la moitié sud de la France ainsi que dans les Alpes et localement en Bretagne.

PLUS SEC
Ce mois d’avril 2011 a aussi été exceptionnel par sa faible pluviométrie. Il se situe parmi les plus secs depuis 1959, à l’image des mois d’avril 1984 et 1982 (les précipitations sur la France n’avaient représenté que 29 % de la moyenne de référence établie sur la période 1971-2000), 1960 (36 %) et 1997 (37 %). Le début d’année avait déjà été nettement déficitaire sauf sur les régions méditerranéennes. Ce nouveau déficit, conjugué aux fortes chaleurs, a conduit à une sécheresse extrême des sols superficiels pour une fin de mois d’avril sur la majeure partie du pays. La moitié nord de la France connaît ainsi des niveaux de sécheresse des sols superficiels jamais atteints fin avril au cours des cinquante dernières années. Les couches supérieures des sols réagissant vite aux précipitations, cette situation pourrait évoluer en fonction des pluies de ces prochaines semaines.

PLUS ENSOLEILLÉ
L’ensoleillement en avril a également été remarquable. Sur la quasi totalité du pays à l’exception de l’extrême sud, les durées d’ensoleillement ont été plus d’une fois et demie supérieures à la moyenne de référence établie sur la période 1991-2000. En Rhône-Alpes et dans quelques régions avoisinantes, des records d’ensoleillement pour un mois d’avril ont été battus sur certaines villes. Selon les modèles de prévisions saisonnières, en métropole, les températures moyennes devraient être plus chaudes que la normale en mai, juin et juillet 2011 tandis qu’aucun scénario ne se dégage pour les cumuls de précipitations.

Source: Météo France

 

tags: Climat - Environnement - France - Réchauffement climatique - Union Européenne
Sur le même sujet :
Commentaires
Réagissez à cet article
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer