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    Europe

    Espagne : le mouvement des «indignés» surfe sur les élections

    media Les manifestants espagnols se réveillent sur la Puerta del Sol de Madrid, le 21 mai 2011. REUTERS/Paul Hanna

    Les jeunes « indignés » espagnols, qui manifestent depuis maintenant sept jours contre le chômage et les mesures d'austérité, ont bravé ce samedi 21 mai 2011 l'interdiction de manifester. En pleine campagne électorale, les protestataires ont planté leurs tentes sur la Puerta del Sol au cœur de la capitale et dans toutes les grandes villes espagnoles. Ils espèrent faire entendre leur voix mais personne ne sait quel poids aura leur mouvement sur le scrutin de dimanche. Les élections locales et régionales s’annoncent comme une défaite pour les socialistes au pouvoir.

    Leur mouvement est né le 15 mai à Madrid et ils l’ont appelé Mouvement du « 15 M ». L’initiative revient aux jeunes et aux plus précaires. Il rassemble l'association nationale des chômeurs, la plateforme des familles endettées par les prêts immobiliers ou encore le mouvement Jeunesse sans futur autour de la plateforme « Democracia real, ya  » (une vraie démocratie, maintenant). Tout a commencé par une manifestation qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Madrid et à Barcelone. A Madrid, les manifestants ont installé un campement sur la Puerta del Sol, une grande place madrilène qu’ils appellent leur place Tahrir. Ils s’inspirent du français Stéphane Hessel et de son livre Indignez-vous !.

    Bien organisés avec des équipes de nettoyage, une infirmerie, des toilettes, ils ont comme mots d’ordre : dignité et solidarité. C’est un mouvement qui se veut non violent et sans alcool. Il a sa propre coordination et son service de communication dans plusieurs langues y compris en arabe. Des rassemblements semblables sont organisés dans une soixantaine de villes.

    Ce mouvement des jeunes indignés, comme la révolution arabe, s’étend sur la Toile. Les réseaux sociaux Twitter et Facebook sont devenus leurs principaux relais. Le site officiel du Mouvement du 15-M, Toma la plaza, permet de connaître leurs communiqués et leurs revendications.

    Pour le sociologue Jaime Pastor, il y a une similitude évidente entre le mouvement du 15 mars et les révoltes arabes. « Les révoltés dans le monde arabe sont confrontés à de vraies dictatures et ici, nous avons une démocratie de mauvaise qualité soumise à la dictature des marché ».

    Pour d’autres, la comparaison est ridicule car le mouvement est non violent et les jeunes chômeurs même s’ils sont nombreux ne vivent pas dans la même pauvreté que celle qui prévaut de l’autre coté de la Méditerranée.

    Ils veulent prendre la parole et repenser la politique

    Leur slogan : « Une vraie démocratie, maintenant.». « Nous sommes là, disent-ils, parce que nous voulons une société qui donne la priorité à la vie et non pas aux intérêts économiques et politiques pour changer la société et développer la conscience sociale ».

    Ils réclament un système politique qui fasse la part moins belle aux deux grands partis : les socialistes et le Parti populaire. Il s’agirait d’introduire un peu de proportionnalité dans le système électoral pour donner une chance aux petites formations d’être représentées au Parlement.

    Ils dénoncent la présence de dizaine d’élus poursuivis pour corruption sur les listes de droite comme de gauche et veulent plus de transparence dans le système de financement des partis.

    Une de leurs premières revendications est la lutte contre le chômage des jeunes. Le plus fort en Europe : il atteint 40%. C’est toute une génération qui se sent exclue et qui manifeste aujourd’hui. On retrouve le mot « excluido » sur les banderoles ou les t-shirts. Ils rejettent la précarité, la retraite à 67 ans. Ils réclament des aides au logement. L’aide pour les familles les plus démunies, pas pour les banques. La fermeture des centrales nucléaires. La réduction des dépenses militaires. La condamnation du franquisme et une claire séparation de l’Eglise et de l’Etat.

    Du coté du gouvernement, compréhension et appel au vote

    Les socialistes tentent de se rapprocher des jeunes qui manifestent. Leur objectif : les convaincre d’aller voter dimanche et de ne pas gonfler le lot des abstentionnistes. José Luis Zapatero est compréhensif avec ce mouvement qu’il considère comme l’expression de la démocratie. « Ce qu'il y a derrière, dit-il, c'est l'impact de la crise économique, mon devoir est d'écouter et de tenter de trouver des réponses ».
    Plusieurs membres du gouvernement ont fait leur autocritique déclarant ne pas avoir bien mesuré le mal être des jeunes mais il est un peu tard pour renouer la confiance et les convaincre d’aller voter. José Luis Zapatero a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections législatives en mars 2012 mais sa déclaration ne semble pas changer la donne.

    A droite, les responsables du Parti populaire sont convaincus que les manifestations représentent un problème pour les socialistes, pas pour eux. Ils appellent à sanctionner le gouvernement par les urnes et ce mouvement de protestation ne peut que les aider à mobiliser l’électorat de droite pour le scrutin de dimanche.

    La Commission électorale espagnole a déclaré, jeudi soir, illégales les « concentrations et réunions » prévues samedi et dimanche par ce mouvement spontané. La police va-t-elle ou non déloger les milliers de manifestants qui campent depuis le début de la semaine à la Puerta del Sol ? En tous cas, Ils n’avaient pas l’intention de bouger et appelaient à protester de manière silencieuse dès vendredi minuit, c'est-à-dire l'entrée en vigueur de l'interdiction de la Commission électorale. Les manifestations peuvent brouiller les cartes et faire le jeu de la droite mais l’esprit du 15 mai devrait survire aux élections puisqu’il s’agit de repenser la politique.

    Le mouvement en images :


     
    Pour aller plus loin :

    Sur internet
    * La plateforme des protestataires
    * Le site des campements
    * Le manifeste (en français)

    Sur Twitter
    #acampadasol
    #spanishrevolution
    #yeswecamp
    #nosvamos

    Les sondages prévoient une sévère défaite des socialistes

    Quelque 34,6 millions d'électeurs sont appelés à élire 8 116 maires, plus de 68 400 conseillers municipaux et 824 députés régionaux ce dimanche 22 mai 2011.
    Seuls 13 des 17 Parlements autonomes seront renouvelés, la Catalogne, le Pays Basque, la Galice et l'Andalousie votant à d'autres dates.

    Les enquêtes d'opinion annoncent la déroute des socialistes qui, au lendemain du 22 mai, pourraient ne plus contrôler qu'une seule des 17 régions espagnoles, l'Andalousie, et perdre des fiefs historiques comme la région de Castille-la-Manche ou l'Extrémadure.

    Barcelone, la deuxième ville d'Espagne tenue depuis 32 ans par les
    socialistes, devrait basculer aux mains des nationalistes conservateurs de la
    CiU et Séville, quatrième ville du pays, être remportée par le PP tandis que Madrid et Valence resteraient à droite.

    (Avec AFP)

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