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    Europe

    Le président chinois Hu Jintao en Russie pour la signature d'un contrat gazier

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    Le président chinois entame ce mercredi 15 juin 2011 une visite officielle en Russie. Hu Jintao doit s’entretenir avec son homologue au Kremlin jeudi 16 juin. Les deux dirigeants se rendront ensuite au forum économique de Saint-Pétersbourg. Le point fort de cette visite pourrait être la signature très attendue d’un important contrat gazier.

    De notre correspondante à Moscou

    Gazprom souhaite conclure un accord avec la compagnie chinoise CNPC. Il porterait sur un total de 70 milliards de mètres cubes par an. Deux voies d’acheminement sont proposées aux Chinois : par l’ouest, de la Sibérie occidentale, via le gazoduc de l’Altai, et par l’est, par la Lakoutie et l’île de Sakhaline pour rejoindre le nord-est de la Chine. Il s’agirait de gros contrats pour Gazprom, mais rien n’est encore acquis. L’accord bute sur la question du prix du gaz vendu.

    La Chine s'est assurée ces dernières années plusieurs sources d'approvisionnement en Asie centrale notamment, ce qui lui permet de dicter ses conditions à la Russie. « Les Chinois ont construit un gazoduc en Asie centrale, explique Mikhaïl Kroutikhine, analyste de l’agence RusEnergy à Moscou. Avec le seul Turkménistan, ils ont conclu un contrat de 40 milliards de mètres cubes par an. Ils veulent aussi obtenir 10 milliards de mètres cubes d’Ouzbékistan et il n’est pas exclu qu’ils obtiennent de 10 à 20 milliards de mètres cubes du Kazakhstan. Cela fait 60 à 65 milliards de mètres cubes qu’ils peuvent obtenir d’Asie centrale à un très bon prix. C’est pourquoi les Chinois sont des négociateurs très durs, comme l’ont montré quasiment toutes les négociations de ces sept dernières années ».

    Des intérêts à s'entendre


    Les deux pays ont pourtant des intérêts à s’entendre. La Chine cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement ; la Russie, elle, veut diversifier ses exportations, qui sont essentiellement tournées vers l’Europe. « La Chine est le plus gros consommateur d’énergie au monde. Ce pays a une politique énergétique très équilibrée, qui répond à un seul objectif : ne dépendre de personne. Il ne veut pas dépendre de telle ou telle force politique ou géopolitique, il ne veut dépendre ni des Etats-Unis, ni de l’Europe, ni de la Russie, analyse Sergueï Sankoev, président de la Chambre de commerce russo-chinoise. La Russie, elle, a absolument besoin de diversifier les voies d’exportation de ses ressources énergétiques. Jusqu’à présent, on exportait uniquement vers l’Europe, mais maintenant, on va avoir des itinéraires à l’Est ».

    Au-delà de cet intérêt commun pour les ressources énergétiques, les deux acteurs souhaitent avoir les meilleures relations possibles. Cela se traduit par une proximité de vues sur les grandes questions internationales. Sur la Syrie, par exemple, la Russie et la Chine s’opposent à toute résolution condamnant Damas. Mais cette alliance stratégique ne garantit pas pour autant la conclusion automatique de contrats. « La Russie ne considère pas la Chine comme un partenaire privilégié ou unique, contrairement à ce que la Chine aurait pu espérer dans les années 1990, explique Valérie Niquet, la responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique. Si la Russie signe des accords gaziers avec Pékin, c’est simplement parce que cela lui rapporte beaucoup, et qu’elle y trouve son intérêt. Moscou impose des conditions tarifaires loin d’être ' amicales ', et les négociations sont extrêmement rudes : rien n’est acquis tant que les accords ne sont pas signés ».

    Une certaine méfiance mutuelle

    Cependant, le rapprochement initié par les deux voisins depuis la fin de l’Union soviétique il y a 20 ans n’empêche pas une certaine méfiance mutuelle et quelques tensions. « Il y a des problèmes de migration illégale entre les deux côtés de la frontière, de commerce illicite, note Isabelle Facon, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. Sur la scène politique internationale, on voit bien que les deux pays se font un peu concurrence pour jouer le rôle de nouveau leader. La Russie et la Chine savent aussi qu’elles n’ont pas les moyens d’être en conflit l’une avec l’autre, alors que l’Asie centrale – voisinage qu’elles partagent – est en plein trouble. Moscou et Pékin doivent donc coopérer sur ce sujet plutôt que se disputer et perdre ainsi les chances de stabiliser cette région. Enfin, les deux pays considèrent qu’il y a des choses dans l’ordre international qui ne vont pas, et que donc, ne serait-ce que pour ça, ça vaut la peine de s’entendre ».

    Ces questions internationales seront bien sûr évoquées à Moscou. Hu Jintao et Dmitri Medvedev échangeront sur la Syrie, la Libye, la Corée du Nord. Ils ont aussi prévu de dresser le bilan du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, qui fête son dixième anniversaire.

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