Italie : un plan d'austérité de 48 milliards d'euros pour équilibrer les finances jusqu'en 2014
Le Parlement italien a adopté, vendredi 15 juillet, le plan d'austérité renforcé. Ce plan de près de 48 milliards d'euros doit permettre à l'Italie de parvenir à un quasi équilibre budgétaire en 2014 et de réduire son énorme dette publique. La rapidité avec laquelle ce plan a été adopté a poussé le président de la République, Giorgio Napolitano, à évoquer « un miracle ». Attaquée depuis une semaine par les marchés, l'Italie se devait d'accélérer l'adoption de ce plan, car une propagation de la crise de la dette au pays pourrait mettre à genoux toute la zone euro dont la péninsule est la troisième économie.
Le Parlement Italien a donné, vendredi 15 juillet, son feu vert définitif pour un plan d'austérité de 48 milliards d'euros. Cette mesure doit mettre le pays à l'abri d'une crise de la dette et de remettre les finances à l'équilibre à l'horizon 2014.
Déjà approuvé par le Sénat jeudi, l'adoption par le Parlement devrait permettre le sauvetage de l'économie Italienne. L'Italie n'en est pas à son premier programme de rigueur. Déjà l'année dernière elle avait adopté un plan d'austérité de 25 milliards d'euros ; insuffisant pour redresser les finances, le pays est de nouveau contraint de serrer la vis.
Pour réduire sa dette publique colossale de 1 900 milliards d'euros, c'est-à-dire 120% de son produit intérieur brut, l'Italie se met au régime sec. Troisième économie de la zone euro, l'Italie doit tout mettre en œuvre pour ne pas être contaminée par la crise de la dette.
Cette série de mesures va toucher de nombreux secteurs comme la fiscalité, la santé, les retraites et le train de vie des élus. La moitié du plan est consacrée à la réduction des déductions fiscales qui, a elle seule, devrait rapporter 20 milliards d'euros à l'Etat.
Réactions dans le pays Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir Tous les mouvements associatifs ont très vivement réagi à ce plan de rigueur. Selon la puissante Acli qui regroupe les associations des travailleurs chrétiens, il s’agit « d’un acharnement scandaleux sur les classes moyennes ». Pour la Feder Consom, la fédération des consommateurs, ce plan serait une « authentique boucherie sociale », tandis que l’Association nationale d’aide aux retraités estime que le gouvernement Berlusconi a tout fait pour rendre les pauvres, soit 14% de la population, encore plus pauvres. Si l’on en croit les syndicats, l’addition sera lourde, au moins 1 200 euros par an pour chaque foyer, l’équivalent du salaire mensuel d’un ouvrier spécialisé. Graziella Marchesini, fonctionnaire et mère de famille, crie à l’injustice : « Ce n'est absolument pas équitable, parce que, comme toujours, ce sont les familles, les retraités, les employés qui sont touchés. Il aurait mieux valu s'attaquer aux catégories les plus aisées : les politiques. J'ai entendu dire que les parlementaires perçoivent 25 000 euros par mois ! Et nous, on nous augmente le billet d'autobus d'un euro à un euro cinquante ». Le chef du Parti démocrate, Pierluigi Bersani, a déclaré que l’opposition était radicalement contre cette cure d’austérité et avait accepté de ne pas déposer d’amendement uniquement pour le bien de l’Italie agressée par les marchés depuis deux semaines. |

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