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    Europe

    Le plan d’aide à la Grèce fait met à mal la solidarité européenne

    media Des pièces d'euro grecques. Le pays doit bénéficier d'un second plan de sauvetage, signé en juillet par les dirigeants européens, mais certains membres de la zone euro veulent qu'Athènes offre des contreparties à leur aide. JOEL SAGET / AFP

    Alors que la France a été la première à voter sa participation financière au plan de sauvetage de la Grèce, plusieurs pays européens traînent des pieds pour aider leur partenaire. Après la Finlande, qui a signé un accord bilatéral de contreparties avec Athènes, les Pays-Bas, la Slovaquie et l’Autriche font part de leurs doutes sur la capacité des Grecs à se sortir de la crise, et exigent également un accord bilatéral, voire remettent en cause l’avenir du pays au sein de la zone euro. La solidarité européenne semble de plus en plus mise à mal par la crise.

    « Une solidarité à deux vitesses est absolument inconcevable ». François Baroin a voulu mettre en garde, vendredi 9 septembre 2011 dans une interview au Figaro, les pays de la zone euro qui rechignent à faire voter à leur Parlement le plan de sauvetage de la Grèce. Ce plan, adopté le 21 juillet par l’Union européenne, s’élève à156 milliards d’euros. Il doit être financé par l’UE, le Fonds monétaire internationaI (FMI) et des créanciers privés.

    Le ministre français de l’Economie et des Finances a des raisons de commencer à s’inquiéter. Car le plan de sauvetage doit encore être adopté par les Parlements respectifs de chaque Etat membre de la zone euro. La France a voulu monter l’exemple en le faisant dès la première semaine du retour des parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat. Mais ses partenaires ne semblent pas tous aussi prompts à entériner une participation à un deuxième plan de sauvetage de la Grèce, après celui de 2010. « Je comprends que certains pays veuillent obtenir des aménagements techniques afin de satisfaire leur Parlement (...) Mais ce processus ne doit pas transformer l'accord du 21 juillet en une somme d'additions de demandes de collatéral (garanties) de la part de tel ou tel Etat », a déclaré le ministre.

    Règles du jeu

    La mise en garde du ministre intervient au lendemain de menaces proférées par son homologue néerlandais, qui n’y ait pas allé à demi-mots : « Si un pays ne souhaite pas satisfaire aux exigences (de la zone euro), alors, il n'y a pas d'autre option que de la quitter. Si on n'arrive pas à se tenir aux règles du jeu, alors il faut quitter le jeu », a jugé Jan Kees de Jager, à l’adresse de la Grèce. Il se plaçait dans la lignée du Premier ministre Mark Rutte, qui avait avancé qu’il était prêt à réviser les traités pour envisager une exclusion des mauvais élèves.

    La position des Pays-Bas s’explique en bonne partie par le fait que le gouvernement soit minoritaire et doive s’appuyer sur l’extrême droite de Geert Wilders, opposée à l’idée de soutenir la Grèce. Mais elle s’inscrit également dans un sentiment d’agacement vis-à-vis des difficultés croissantes de la Grèce, partagé par d’autres pays.

    La Finlande, premier contestataire

    A l’origine de la raillerie, la Finlande. Le contexte peut être rapproché de celui des Pays-Bas, puisque les Finlandais ont massivement voté (plus de 17%, un record) pour le parti des Vrais Finlandais aux législatives d’avril 2011, une formation d’extrême droite eurosceptique. « Timo Soini, le chef des Vrais Finlandais, disait que tous nos problèmes étaient liés à l'UE et l'union monétaire (...) et ce raisonnement s'est propagé aux autres partis », analyse le politologue finlandais Jan Sundberg.

    Helsinki a donc exigé des contreparties à sa participation (évaluée à 1 milliard d’euros) au plan d’aide à la Grèce. Les deux pays auraient trouvé un accord fin août, selon lequel la Grèce devrait déposer un collatéral dans les caisses de l'Etat finlandais, c’est-à-dire une somme qui, ajoutée aux intérêts qu'elle produira, couvrira le montant du prêt garanti par la Finlande. Reste que Bruxelles a bien souligné que cet accord devait être validé par les autres partenaires de la zone euro.

    Grèce en faillite

    Ce qui risque d’être difficile, car du coup, d’autres pays ont avancé mi-août qu’il n’y avait aucune raison que seule la Finlande puisse s’offrir des garanties en cas de défaut de la Grèce. C’est le cas des Pays-Bas, de la Slovaquie et de l’Autriche. A eux trois, ils représentent 11% du plan d’aide à la Grèce.

    A Bratislava, la tension est palpable. Rentrée dans la zone euro en 2009, la Slovaquie avait refusé de participer au premier plan de secours pour la Grèce, et fait traîner le vote de celui entériné par l’UE le 21 juillet. Le président du Parlement a d’ailleurs une positon plus que tranchée sur le sujet : « la Grèce doit se déclarer en faillite et l'Italie doit commencer à faire des économies », a-t-il déclaré. Bratislava a par ailleurs annoncé qu’elle reportait le vote sur le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a la fin de l’année, retardant d’autant son lancement effectif par l’Union.

    Idées immatures

    La volonté de fronde des quatre pays ne plait guère à Bruxelles ni à la BCE. Son président Jean-Claude Trichet a martelé fin août que « l'application totale et dans les temps des décisions prises à l'issue du sommet du 21 juillet est essentielle ». Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Junker, a lui fait valoir qu’il valait « mieux traduire dans les faits les décisions du 21 juillet que de lancer de nouvelles idées immatures ».

    Car la situation presse. Un retard de mise en œuvre du sauvetage grec pourrait précipiter le défaut de paiement d’Athènes. Pour de nombreux économistes, les quatre pays protestataires ne se rendent pas compte qu’un tel scénario leur serait encore plus dommageable que de devoir participer au plan de sauvetage. Une sortie de la Grèce de la zone serait effectivement un signal très négatif envoyé aux marchés, qui risqueraient de redoubler leurs attaques contre les dettes des différents Etats membres. Pour beaucoup d’analystes, il semble qu’un nouveau sommet de la zone euro soit nécessaire en septembre pour tenter de démêler le problème. Plus que de la solidarité européenne, il en va de la stabilité économique de toute la zone euro, et donc de son avenir politique.

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