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    Europe

    Des pirates au Parlement de Berlin

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    En réalisant 9% aux élections régionales de Berlin, le Parti Pirate a obtenu 15 sièges au sein du Parlement local. Créé en 2006 en Suède, ce parti milite pour le libre partage des contenus sur internet, la réforme des droits d’auteurs et la suppression des brevets. En cinq ans, il s’est implanté dans plus de 40 pays et est même devenu le troisième plus gros parti de Suède en nombre d’électeurs.

    C’est l’histoire d’une blague, d’un défi un peu bravache lancé après une soirée bien arrosée. Le soir du 31 décembre 2005, un groupe de jeunes Suédois épris de liberté numérique émet l’idée de former un groupe politique pour défendre le partage de la culture sur internet. Un site rudimentaire est créé et reçoit en seulement deux jours trois millions de visites. Le Parti Pirate est né. Ce récit, raconté sur le site du parti français, n’est peut-être qu’une légende. Toujours est-il que six ans plus tard, dimanche 18 septembre 2011, le Parti Pirate (PP) réalise un score de 9% aux élections régionales de Berlin et décroche 15 sièges sur 130 au Parlement local.

    Entre ces deux dates, le Parti Pirate connaît une progression foudroyante en s’implantant dans une quarantaine de pays. Avec partout le même credo en trois strophes. Réformer la loi sur les droits d’auteur d’abord. Le PP milite pour que la copie et l’utilisation des œuvres à des fins non commerciales soient totalement libres. « La culture et le savoir sont de bonnes choses dont la valeur augmente lorsqu’elles sont partagées. Internet pourrait devenir la plus grande bibliothèque publique jamais créée », peut-on lire sur le site du parti fondateur. La suppression du système des brevets ensuite. En particulier celle des brevets pharmaceutiques, accusés de causer un lourd préjudice aux pays les plus pauvres. La protection de la vie privée enfin, menacée par une surveillance des populations accrue depuis le 11 septembre 2001.

    Victoires politiques

    Des thèmes chers aux jeunes électeurs, plus technophiles que leurs aînés. En avril 2009, la polémique provoquée par la condamnation à un an de prison ferme des responsables du site de partage de fichiers The Pirate Bay donne un nouvel élan au PP suédois. Le 7 juin de la même année, il obtient 7,5% des voix aux élections européennes et un siège au Parlement. Il est occupé par Christian Engström, 51 ans, au sein du groupe Les Verts/Alliance libre européenne. En Suède, le Parti Pirate devient avec plus de 43 000 membres la troisième formation du pays en nombre d’affiliés.

    Mais le succès du PP allemand de dimanche dernier aux élections régionales de Berlin est probablement encore plus marquant. Dotée d’un modeste budget de 40 000 euros – une paille par rapport au 1,7 million du SPD – la formation a réalisé une campagne volontairement provocatrice, avec comme slogan : « Pourquoi suis-je là ? De toute façon vous n’irez pas voter ». Son programme promettait, entre autres, la création d’un salaire minimum, la légalisation de la marijuana, la fin des amendes dans les transports publics et la création d’un réseau wifi gratuit étendu à l’ensemble de la ville de Berlin.

    Là encore, le Parti Pirate a obtenu l’adhésion des plus jeunes, nombreux dans la capitale allemande. Mais selon un sondage de l’institut Forschungsgruppe Wahlen, repris par le site d’information Owni, seul un électeur sur dix aurait voté pour le Parti Pirate pour son programme. Les neuf autres l’auraient choisi comme signe de contestation aux autres partis.

    Une tâche difficile

    Jusque là tous bénévoles, les pirates berlinois vont désormais pouvoir profiter des salaires versés à leurs représentants au Parlement. « Cela va leur permettre de travailler à plein temps pour le parti et de nous donner ainsi une force de travail encore plus grande », s’est réjoui leur leader Sebastian Nerz sur le site Torrent Freak.

    Mais la tâche s’annonce rude. Les 15 élus – 14 hommes et 1 femme – du Parti Pirate au Parlement de Berlin sont en effet loin d’être des spécialistes de l’exercice parlementaire. Owni révèle que la moitié d’entre eux n’a pas encore trente ans. Ils sont développeurs Web, ingénieurs, électroniciens ou étudiants, et la seule femme de l’équipe, âgée de 19 ans, est candidate au baccalauréat. Andreas Baum, la tête de liste du Parti Pirate est cependant confiant. « C'est une chose très nouvelle pour nous. Il va nous falloir un peu de temps pour nous préparer et mettre des choses en place, mais vous pouvez être sûrs d'une chose – vous allez entendre parler de nous », a-t-il affirmé à la télévision locale.

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