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    Europe

    « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell mises en scène à Berlin

    media Scène de la pièce "Les Bienveillantes" de Armin Petras, d'après le livre de l'écrivain franco-américain Jonathan Littell. Bettina Stöß

    Comment adapter un roman de 1400 pages pour le théâtre ? A fortiori lorsque le livre est écrit avant tout à la première personne ? Quels choix opérer ? Comment capter l’attention du public ? Dans un pays, l’Allemagne, où le best-seller Les Bienveillantes de Jonathan Littell avait donné lieu à de nombreux débats le projet du metteur en scène Armin Petras au théâtre Gorki de Berlin ne relevait-t-il pas de la gageure ?

    Chacun de nous est un meurtrier potentiel. C’est la thèse que pose, décor à l’appui, Armin Petras au début de la pièce. Un énorme miroir incliné est posé sur la scène et renvoit aux spectateurs leur propre image. L’effet est renforcé lorsqu’un homme d’une cinquantaine d’années assis dans l’assistance prend la parole : « Vous ne pourrez jamais dire : je ne tuerai pas. C’est impossible. Vous pouvez au mieux dire : j’espère ne pas avoir à tuer ».

    L’acteur parmi le public joue le rôle du protagoniste central des Bienveillantes. Maximilian Aue, sur ses vieux jours, devenu industriel en France, tire le bilan rétrospectif de son passé et ne regrette rien. Son regard froid et cynique interpelle le spectateur comme le roman qui raconte la shoah à travers les yeux d’un SS. Sur une scène de Berlin, cet effet de miroir renvoit aux interrogations dans le passé des plus jeunes générations de l’époque qui après les années de plomb de l’après-guerre avaient voulu savoir ce que leurs aînés avaient fait sous le Troisième Reich.

    Un récit froid et distancié de l'horreur nazie
     

    Scène des "Bienveillantes" Bettina Stöß

    Longtemps les Allemands se sont consacrés voire identifiés aux victimes. Les « bourreaux » n’étaient pas des êtres de chair mais des exécutants anonymes de la machinerie nazie. Raconter par le menu la solution finale, les exécutions de masse par le détail à travers le récit d’un SS, a fortiori d’un homme cultivé constituait un tabou qui a suscité des polémiques lors de la sortie du roman en Allemagne. Un récit froid et distancié de l’horreur nazie d’autant plus insupportable pour des lecteurs germaniques. L’homo-érotisme autour de la personne de Max Aue, l’inceste commis avec sa sœur, le meurtre de sa mère sont autant d’éléments qui ont valu au roman l’étiquette « pornographique » en Allemagne.

    Armin Petras connait ses polémiques. Pour se « couvrir », le metteur en scène s’est assuré le soutien de la communauté juive berlinoise. Des discussions historiques avec des experts se déroulent cet automne au théâtre Gorki avec la collaboration de la « Topographie de la terreur », le centre de documentation installé là même où la Gestapo, la terrible police secrète nazie, avait son siège à Berlin.

    Le marron pour la boue

    Armin Petras respecte dans sa mise en scène la chronologie du roman de Jonathan Littell. Les actes sont rattachés à des couleurs : le noir pour les uniformes nazis, le rouge pour le sang, le marron pour la boue des lieux d’extermination et les excréments. Les passages les plus drastiques du roman sont moins omniprésents que dans le livre de Littell. Pour autant, les répétitions n’ont pas toujours été simples pour les acteurs qui ont dû parfois s’interrompre tant leur texte évoquaient des scènes trop cruelles. Armin Petras se contente en revanche d’effleurer le thème de l’érotisme et de l’homosexualité de Max Aue.

    La mise en scène parvient malgré un texte de base a priori peu théâtral où de longs récits sont consacrés par exemple aux détails bureaucratiques de la solution finale a capté l’attention du spectateur durant trois heures et demie sans être pesante. Pourtant comme pour le livre de Littell, les critiques de théâtre n’ont pas été bienveillants.

    "Les Bienveillantes" (Die Wohlgesinnten) au théâtre Maxim Gorki de Berlin Bettina Stöß

    Les Bienveillantes, au Maxim Gorki Theater Berlin, prochains spectacles, le 7, 15, 21 octobre 2011

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