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    Europe

    La vie sculptée à la tronçonneuse du peintre Georg Baselitz

    media Georg Baselitz devant sa peinture « Herfreud Grüßgott Herbriefträger » (Huile sur toile, 2011) dans l’exposition « Baselitz sculpteur » au Musée d'art moderne de la ville de Paris Siegfried Forster / RFI

    Baselitz sculpteur, une exposition rayonnante et jouissive. Des sculptures de géants (3 mètres de haut), pleines de couleurs et toujours faites d’un bloc. Avec sa peinture souvent violente, Georg Baselitz est considéré comme le plus cher et le plus allemand des peintres allemands encore vivants. Pour la sculpture, il remplace le pinceau avec la tronçonneuse ou la hache. Le Musée d’art moderne de la ville de Paris met, avec virtuosité, pour la première fois en évidence ce côté trop inconnu et montre 40 sculptures de 1979 à 2010. Entretien.

    Georg Baselitz explique sa méthode de faire de la sculpture. (Traduction : Fabrice Hergott) 03/10/2011 Écouter

    RFI : Georg Baselitz, un peintre allemand… et un sculpteur. Etes-vous d’accord avec cette hiérarchie ?

    Georg Baselitz : Non, tous les deux ont la même valeur.

    RFI : Dans votre peinture, vous renversez souvent les choses, vous faites tourner la tête aux spectateurs. Quel est le mot clé pour comprendre vos sculptures ?
     
    G.B. : Le résultat est naturellement différent. L’un est une chose et l’autre est une image. Ce n’est pas une représentation, mais une abstraction sur une surface. La peinture est peut-être plus difficile ou plus intellectuelle, parce qu’une sculpture est aussi un jouet. Une sculpture est beaucoup plus sensuelle et plus proche à nos sentiments qu’une peinture. Ce n’est pas un problème, mais un fait. Si vous vous laissez emporter par la sculpture, vous vous laissez emporter par le problème.

    "Modèle pour une sculpture" de Georg Baselitz (1979-1980) Frank Oleski/Georg Baselitz

    RFI : Tout au début du parcours nous accueille Modell für eine Skulptur (Modèle pour une sculpture). En juin 1980 dans le pavillon allemand de la Biennale de Venise, le bras droit levé de cette sculpture monumentale a été (mal-)interprété comme un salut hitlérien. Pour vous ,c’est le prototype de votre œuvre sculpturale. Quels sont les ingrédients ?
     
    G.B. : Les ingrédients, c’est la tradition et l’histoire. Quand je fais quelque chose, j’ai naturellement une vision ou une forme devant mes yeux que je souhaite réaliser. Mais elle reste vague. Ce qui est absolument acquis, c’est le passé. Tout ce que j’ai vu, je l’ai enregistré. Je connais toutes les sculptures qui ont été réalisées. Je connais la sculpture allemande après 1900 et avant 1900, mais aussi celle du 14e siècle. Et je connais aussi la sculpture italienne, anglaise, française etc. C’est la matière avec laquelle je peux travailler. Mais on ne peut pas faire la soustraction ou l’addition. Il faut toujours recommencer à nouveau. Quelque part.

    Baselitz dans son atelier près du lac d'Ammersee en Bavière, travaille sur "Dunklung Nachtung Amung Ding" (2009). Elke Baselitz

    RFI : Vous avez été nommé Chevalier de l’ordre des arts et des lettres en 1987, après Officier en 1992 et Commandeur en 2002. Votre œuvre a été très influencée par des artistes qui ont travaillé à Paris : Antonin Artaud, Jean Dubuffet, Pablo Picasso, Vassily Kandinsky… Quelle est votre relation avec la France ?
     
    G.B. : Quand j’ai commencé, l’Allemagne était une ruine. Il n’y avait pas d’artistes, pas d’hiérarchie, pas de musées. Les régimes sous lesquels j’ai grandi, le nazisme et la RDA, m’ont privé de tout ce qu’un artiste a besoin : ils ont vidé les bibliothèques et confisqué des livres, des peintures. Quand j’étais à l’école et à l’Académie des beaux-arts, c’était une époque très pauvre en information.
    Venir en France, c’était la première occasion de vivre une situation culturelle intacte qui était grandiose à l’époque, parce qu’il y avait encore les immigrés qui vivaient et travaillaient ici, comme Picasso, et qui étaient très importants pour Paris. Depuis ces immigrants sont décédés, la situation ici est devenue très pauvre. A l’époque, tout était très excitant, incroyablement important et informatif. Je n’ai plus jamais oublié tout ce que j’ai vu et qui fait partie de mon fond : Chaissac, Michaux, Artaud, Picabia que j’ai vu la première fois ici à Paris.

    RFI : Dans l’exposition, vous n’avez pas laissé vos sculptures toutes seules. Il y a aussi des dessins et des peintures, dont sept réalisées au printemps 2011. Les sculptures sont souvent peintes. Est-ce que cela fait partie de la conjuration des esprits que vous évoquez si souvent? Avez-vous besoin de la peinture pour vos sculptures ?  

    G.B. : Je ne dirais pas que j’en ai besoin. Je dois toujours me prouver quelque chose. Je peux me creuser la tête et y réfléchir. Mais finalement, je dois faire des documents. Les peintures, les dessins et les sculptures sont des documents pour ma vie ! C’est un peu comme un journal intime. Ici, 30 ans de ma vie sont représentés.

    La sculpture est « le chemin le plus court » pour traiter de questions fondamentales

    Georg Baselitz est né le 23 janvier 1938 sous le nom de Hans-Georg Bruno Kern à Deutschbaselitz en Saxe. Il a vécu sous le nazisme et le régime communiste de la RDA. La sculpture est entrée 20 ans après la peinture dans la vie de cet artiste. A 78 ans, Baselitz défend avec brio et beaucoup d'humour l’importance de son œuvre sculpturale qui, au début, a été violement attaquée.

    Baselitz est quelqu’un de la trempe d’un Kooning ou d’un Francis Bacon.

    Fabrice Hergott, directeur du Musée d’art moderne de la ville de Paris 03/10/2011 Écouter

    Visité privée de l’exposition « Baselitz sculpteur » avec Georg Baselitz qui explique « Gruss aus Oslo », ses dessins, ses peintures et « Frau Paganismus ». (Traduction : Fabrice Hergott) 03/10/2011 Écouter

     

    « Baselitz sculpteur », au Musée d’art moderne de la ville de Paris, du 30 septembre au 29 janvier 2012.

     

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