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    Europe

    En Italie, il n’y a pas d’âge pour s’indigner

    media Les «indignés» italiens ont manifesté en masse samedi 15 octobre, notamment à Rome, près du Colisée. REUTERS/Remo Casilli

    A Rome, une très grande manifestation regroupant des personnes de tous âges – de 15 à 75 ans – a dégénéré en guérilla urbaine, samedi 15 octobre, en raison de l’infiltration de près de 500 casseurs. Les « indignés » italiens, qui ont vivement condamné la violence, comptent poursuivre leur mobilisation en occupant jour et nuit des lieux symbolisant le pouvoir dans la Ville éternelle.

    De notre correspondante à Rome

    Cheveux bruns et sourire éclatant, Paola est venue de Naples avec son mari, ouvrier précaire, et leur fils chômeur, âgé de 22 ans. Elle vient de fêter ses 49 ans et travaille au noir comme baby-sitter. « Ce que nous demandons, explique-t-elle, ce n’est pas d’être assistés, c’est de travailler dans le respect des lois et de pouvoir mener une vie simple mais digne ». « Nous n’en pouvons plus, reprend-elle, de cette classe politique qui ne pense qu’à protéger ses privilèges et oublie le peuple. Ici, ce que vous voyez, c’est le début d’une révolution ! » 

    De fait, rarement la Piazza de la Repubblica n’avait été aussi bondée, avant même l’heure de départ du cortège fixée à 14h00. Dès midi, par dizaines de milliers, les « indignati » ont envahi la place et ses alentours, brandissant drapeaux de la paix, pancartes et banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « S’indigner c’est utile, se rebeller c’est nécessaire ». Ou encore : « Nous ne paierons pas une dette publique que nous n’avons pas contractée » (1 900 milliards d’euros, soit 120 % du PIB italien, NDLR). A la mi-journée, on sentait que ce serait une manifestation de grande ampleur, avec des centaines d’associations ou de mouvements représentés (altermondialistes, étudiants, ouvriers, écologistes, chercheurs, enseignants, syndicalistes du secteur de la métallurgie, etc.). 

    La manifestation dégénère

    En écoutant les propos d’un lycéen de 18 ans, Francesco, on pouvait aussi deviner que, parmi tous ces indignés, beaucoup ne souhaitaient pas se limiter à une simple marche de la Piazza della Repubblica à la Piazza San Giovanni, non loin du Colisée. « Il ne s’agit plus, disait-il, de sensibiliser l’opinion publique sur le poids démesuré de l’économie sur la politique. Ou, pour ce qui concerne spécifiquement l’Italie, de l’incapacité des partis de l’opposition à se transformer en véritable force alternative - ce qui explique pourquoi le Caïman Berlusconi est au centre de la scène politique depuis 1994 - ça, nous l’avons déjà fait ! ». Et de poursuivre : « Maintenant, nous devons agir, physiquement, occuper les lieux du pouvoir. Nous voulons installer un campement Piazza Montecitorio, devant le siège du gouvernement et y rester tant que nous n’obtiendrons pas de garanties pour des mesures en faveur des jeunes et de l’emploi » (en Italie, 28 % des 15-24 sont chômeurs, NDLR).

    La manifestation a dégénéré à Rome où des casseurs s'en sont pris aux forces de police et à des édifices publics. REUTERS/Alessandro Bianchi

    Ce lycéen, ainsi que ses compagnons, n’ont cependant pas pu atteindre leur objectif car, entre-temps, la manifestation a dégénéré en raison de l’infiltration d’environ 500 « black-blocks » (activistes autonomes). Une véritable guérilla a éclaté faisant au moins 70 blessés tant parmi les policiers et les carabiniers que parmi les manifestants. Vitres de banques fracassées à coup de pierres et de barres de fer, vitrines de magasin détruites, pompes à essence et sièges institutionnels endommagés, voitures et blindés des carabiniers incendiés, cocktails Molotov, fumigènes et pavés lancés contre les forces de l’ordre qui ont répondu à coups de gaz lacrymogènes, de jets d’eau et de matraques.

    Cette violence a fait souffler un vent de panique parmi les pacifistes dont certains, comme Andrea, un architecte à la retraite de 71 ans, sont parvenus à se réfugier à l’intérieur de la Basilique Saint-Jean de Latran. « La majorité des manifestants ne sont pas des violents, regrettait-il. Nous sommes là avant tout pour demander la démission du gouvernement Berlusconi, pour refuser de payer une dette qui n’est pas la nôtre, pour ne plus engraisser les banques et pour redonner à la culture sa centralité dans la vie citoyenne ».

    La crainte de la faillite

    A l’image d’Andrea, bien d’autres septuagénaires étaient au rendez-vous des « indignati ». « En Italie, faute de politiques sociales adaptées aux jeunes, ce sont les grands-parents et les parents qui poussent les enfants ou petits-enfants à bouger pour revendiquer un autre avenir », déplore Teresa, 56 ans, enseignante et mère de deux adolescents. « Quelle perspective ont-ils sans la garantie du droit aux études, au travail, à la construction d’une famille ? » Et d’ajouter : « toutes les tranches d’âge sont représentées et on rencontre des familles entières, car c’est l’Italie dans son ensemble qui risque la faillite ».

    Parmi les slogans scandés, impossible d’échapper à ceux réclamant la sortie de scène de Silvio Berlusconi, qui vient à peine de remporter un 53e vote de confiance à la Chambre des députés. Un résultat qui ne convainc pas les analystes, dont le politologue Sergio Romano, pour qui « une majorité qui tient grâce à des travaux de replâtrage ne permettra ni au gouvernement de gouverner, ni au Parlement de légiférer »« Seule solution pour en finir avec la décadence, assure t-il,  un retour aux urnes anticipé (1) ».

    (1) L’échéance naturelle du mandat de Silvio Berlusconi est prévue au printemps 2013 mais de nombreux experts estiment que le gouvernement tombera avant et prévoient des législatives au printemps 2012.

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