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    Europe

    En Italie, la sortie peu glorieuse de Silvio Berlusconi

    media Silvio Berlusconi quitte, samedi 12 novembre 2011, sa résidence romaine pour aller s'entretenir avec Mario Monti, qui devrait lui succéder. REUTERS/Giampiero Sposito

    Après dix ans de règne sur dix-sept années de vie politique, Silvio Berlusconi laisse l'Italie dans l'état où il l'avait trouvée. Poussé vers la sortie après avoir été humilié lors du dernier G20, le président du Conseil a quitté la scène sur une débâcle ce samedi 12 novembre. Malgré la longévité de son exercice aux affaires, il va laisser un bilan désastreux à Mario Monti, qui devrait lui succéder dimanche soir.

    Des milliers de Romains attendaient son arrivée dans une ambiance mi-stade, mi-nouvel an. On en a entendu de toutes les couleurs

    A Rome, le rideau tombe, le Cavaliere est humilié 13/11/2011 Écouter

    L’année 2011 aura donc été celle du naufrage pour le Cavaliere. Berlusconi sera passé du statut de clown - risée de la presse internationale - à celui de potentiel déclencheur d'une crise financière tragique. Et s'il a tenté de soigner sa sortie vendredi 11 novembre en souriant largement comme à son habitude lors de sa rencontre avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, c'est par une porte dérobée qu'il a dû quitter le palais présidentiel après avoir offert sa démission afin de ne pas essuyer les insultes de la foule.

    Son troisième gouvernement avait pourtant été formé dans l'euphorie de sa large victoire en 2008. Aujourd'hui, samedi 12 novembre, il a explosé. Et les 54 votes de confiance qu'il a obtenus tout au long de ses années à la présidence du Conseil n'ont pas permis d'adopter les réformes essentielles qu'il avait promises aux Italiens : moins de gaspillage, moins de fraude, lutte contre le crime organisé, moins d'immigration clandestine.

    Le pays est aujourd'hui fragilisé, sans perspectives de croissance, avec un endettement de 1 900 milliards d'euros. Son parti, le Peuple de la liberté, connaît une véritable hémorragie et il est nettement distancé par l'opposition du Parti démocrate.

    Et puis il y a ses dérapages verbaux pour lesquels les Italiens ont eu longtemps une certaine indulgence avant que ses blagues ne les fassent plus rire du tout, tous ces procès pour fraude fiscale, corruption judiciaire, ces affaires de mœurs dont le « Rubygate » a été le clou. « Le pire gouvernement depuis Mussolini », c'est ce qu'on pouvait entendre ces derniers jours dans la rue, en forme d'épitaphe.

    Les regards se tournent désormais vers le président de la République italienne Georgio Napolitano qui devrait nommer dimanche soir son Premier ministre Mario Monti, un économiste chevronné et consensuel qui aura la lourde de charge de redresser un pays aux abois.

    Nous espérons qu'à la fin de la semaine prochaine, le nouveau gouvernement soit non seulement déjà en charge mais ait aussi le vote de confiance des deux chambres.

    Enrico Letta

    Numéro 2 du Parti démocrate italien, ancien ministre de l'Industrie

    13/11/2011 Écouter

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