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    Europe

    Un «réseau brun» secoue l’Allemagne

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    Une manifestation pour dire « non » aux néonazis s'est tenue ce vendredi 25 novembre, à Zwickau. Depuis les révélations sur un groupuscule xénophobe à l’origine du meurtre de neufs étrangers, la ville d’ex-RDA se trouve au centre d’une enquête qui secoue la République fédérale. L’Allemagne débat de la « terreur brune » et de la faillite de l’Etat à prévenir les actes criminels de ce groupe néonazi. 

    A l’origine de l’onde de choc qui traverse le pays : un banal braquage. Début novembre, la police cherche les responsables d’une attaque à main armée d’une banque à Eisenach, ville moyenne de Thuringe (est). Trois jours plus tard, les enquêteurs découvrent les cadavres de deux hommes qu’ils soupçonnent d’être à l’origine du hold-up. Dans leur mobil-home, ils tombent sur un pistolet qui se révèle être l’arme de service d’une policière abattue d’une balle en pleine tête en avril 2007.

    Alors que les liens entre les deux hommes et le milieu néonazi sont évoqués, une femme se présente au commissariat de Jena. Auparavant, elle a tenté de faire exploser son appartement à Zwickau, à quelques kilomètres de là. Selon la police, Beate Zschäpe est une figure du mouvement d’extrême droite local, camarade de longue date et maîtresse des deux hommes retrouvés morts.

    « Des actes plutôt que des mots »

    La stupéfaction des enquêteurs grandit lors des fouilles de l’appartement incendié. Dans les décombres, ils mettent la main sur un pistolet Ceska – le même qui aurait été utilisé dans une série de neufs meurtres commis entre 2000 et 2006. Les victimes : huit hommes d’origine turc et un Grec. Tous tenaient de petites échoppes de kebabs dans plusieurs villes allemandes. Une série de crimes appelée « Döner-Morde » (meurtres kebab) par la presse. Dans un film de 15 minutes, également trouvé dans l’appartement de Beate Zschäpe, les assassins se vantent de ces crimes sous le titre « Tournée en Allemagne : neufs Turcs descendus ». Apparait aussi le nom de leur organisation : « Clandestinité nationale-socialiste », présentée comme « un réseau de camarades ayant pour mot d’ordre : des actes plutôt que des mots ».

    Depuis, les Allemands se posent la question : comment des terroristes néonazis ont-ils pu commettre des meurtres et agir dans l’ombre pendant une décennie en toute impunité ? Ils s’interrogent sur le fait que le trio de tueurs ait pu disparaître pendant treize ans, alors que la police avait déjà découvert, en 1998, un atelier de fabrication de bombes dans un garage loué par Beate Zschäpe.

    Un « désastre pour la police »

    «Un désastre pour la police », juge l’hebdomadaire Der Spiegel qui n’hésite pas à parler d’une « Fraction Armée Brune » en référence au groupe terroriste d’extrême gauche Fraction Armée Rouge qui a tué plus de 30 personnes en Allemagne, des années 70 jusqu’aux années 90. La chancelière Angela Merkel a dû admettre que les découvertes révélaient des « structures » que les autorités ne connaissaient pas. « Nous avons connu une série de pannes et n’avons pas été capables, pendant douze ans, de voir qu’il s’agissait d’un terrorisme d’extrême droite », a pour sa part reconnu la ministre de la Justice, Sabine Leutheuser-Schnarrenberger. Fait rarissime : lors d’une minute de silence, le 22 novembre, en hommage aux victimes des crimes racistes, le président du Bundestag Norbert Lammert a lu un texte sur lequel tous les partis au Parlement se sont entendus et dans lequel ils disent leur « honte ».

    L’électrochoc est tel qu’à l’issue d’un sommet de crise, le gouvernement a annoncé la création d’un centre de lutte contre le terrorisme d’extrême droite et la Constitution d’un fichier centralisé sur les néonazis jugés dangereux, à l’instar d’un fichier qui existe déjà pour des réseaux islamistes. L’affaire a également relancé le débat sur l’interdiction du NPD, parti ouvertement raciste et antisémite - une mesure plébiscitée par un Allemand sur deux, selon un récent sondage de l’Institut Infratest.

    L’enquête piétine

    Pendant que les hommes politiques font leur mea culpa et songent à une lutte antiterroriste plus efficace, l’enquête n’avance qu’à petits pas. Les accusations contre la « clandestinité nationale-socialiste » se sont multipliées : outre les assassinats de neuf étrangers et de la jeune policière, le groupe aurait commis une quinzaine de braquages de banque et un attentat à la bombe en 2004 dans un quartier turc de Cologne qui a blessé 22 personnes. Trois personnes sont aujourd’hui emprisonnées : Beate Zschäpe, qui se mure dans le silence depuis son arrestation, André E., soupçonné d’avoir tourné la vidéo revendiquant les meurtres et Holger G., soupçonné d’avoir aidé le trio terroriste en leur fournissant un logement. Les services de renseignements étaient déjà sur les traces de cet homme en 1999, mais ils avaient cessé de le surveiller, le classant comme un simple sympathisant de la scène néonazi.
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    Lors d’un débat télévisé le 24 novembre, le ministre de l’Intérieur, Hans-Peter Friedrichs, a promis de faire toute la lumière sur les failles de l’enquête et les ratés éventuels des services de renseignements, tout en rassurant les migrants vivants en Allemagne : « je voudrais que les personnes issues de l’immigration n’aient pas peur. »

    Le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, a qualifié les victimes de « martyrs », tués par le racisme. Pour lui, « il s’agit d’une affaire dans laquelle il sera demandé des comptes pour chaque goutte de sang versé par chacun de nos compatriotes en Allemagne. »

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