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    Europe

    Crise des dettes: 30 000 fonctionnaires grecs en chômage forcé

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    Mardi 29 novembre, les ministres des Finances de la zone euro vont discuter à nouveau de l’aide financière à la Grèce. L'Union européenne et le Fonds monétaire international doivent débloquer une tranche d'aide supplémentaire de 8 milliards d'euros sans laquelle Athènes devra se mettre en situation de défaut courant décembre. En échange, la Grèce doit prendre des mesures de rigueur toujours plus draconiennes : elle va ainsi mettre au chômage technique 30 000 salariés du secteur public dès lundi 28 novembre.

    Avec notre correspondante à Athènes, Amélie Poinssot

    La réforme va mettre au chômage technique forcé 30 000 personnes qui travaillent actuellement en CDI (contrat à durée indéterminé) au service de l’Etat, soit dans les entreprises publiques, soit dans les collectivités locales ou encore les grands organismes de l’Etat. Les hôpitaux publics sont pour l’instant exemptés de cette mesure de même que les transports en commun, probablement parce que le gouvernement craignait une forte réaction sociale, les transports en commun ayant déjà mené de nombreuses grèves depuis le début de la cure d’austérité.

    Cette mesure intitulée « efedria » en grec, ce qui signifie réserve, va pousser à partir de lundi 28 novembre et jusqu’à fin décembre 30 000 personnes à l’inactivité pendant un an. Ces grecs poussés au chômage toucheront alors 60 % de leur salaire et pour l’heure, rien n’est dit sur la suite. Est-ce que ces personnes seront réintégrées à leur poste au bout d’un an ? Est-ce qu’au contraire cette mise en réserve va se prolonger ? Ou est-ce que les employés vont à terme être définitivement licenciés ? C’est bien cette dernière option que tout le monde craint ici. Personne ne se fait d’illusion sur l’objectif final de la mesure qui est de faire de nouvelles coupes dans le budget de l’Etat en diminuant le nombre de ses salariés.

    Plus de 5 milliards d’euros d’économies pour l’Etat

    Cette mesure ajoutée à d’autres va permettre à l’Etat de réduire ses dépenses de 5,2 milliards d’euros en 2012 pour tomber à 100,1 milliards d’euros, c’est en tout cas ce que dit le projet de budget qui doit être voté dans une dizaine de jours. Il faut dire que s’ajoutent à cette mise au chômage technique le non-remplacement des départs à la retraite, et des départs forcés en préretraite :14 000 suppressions d’emplois au total pour le secteur public grec d’ici à la fin de l’année.

    Autant vous dire que cela va créer une certaine cacophonie dans les services concernés par les départs, sans vous parler de l’atmosphère délétère que cela peut entraîner dans les bureaux car les critères pour définir le personnel qui sera mis sur la touche ne sont pas clairs. Mais cette mesure est exigée par les créanciers du pays, Bruxelles et FMI. Elle fait partie du programme que le nouveau gouvernement de coalition s’est engagé à mettre en œuvre avant la fin de l’année afin de pouvoir continuer à toucher les prêts accordés à la Grèce. Et la pression accrue sur le pays, ces dernières semaines, ne laissent désormais plus guère de temps pour tergiverser.

    Une réforme qui bouleverse de très nombreux acquis

    C’est du jamais vu. C’est la première fois en Grèce que l’on s’attaque ainsi au secteur public. Le choc est rude pour les Grecs car depuis bientôt quatre décennies, le secteur public constituait l’employeur n° 1 du pays et les partis politiques ont d’ailleurs abondamment profités de cette manne pour fidéliser leurs électeurs.

    Autrement dit, la mesure sonne le glas des années clientélistes mais pour les personnes concernées, cela signifie surtout la perte d’un emploi que l’on croyait sûr et donc évidemment une nouvelle chute de pouvoir d’achat.

    Or les fonctionnaires et travailleurs du secteur public ont déjà subi des pertes de revenus de plus de 20 % depuis le début de la cure d’austérité il y a un an et demi. Et ce n’est pas fini car l’harmonisation prévue des grilles de salaires de la fonction publique va entraîner encore de nouvelles baisses. Autant vous dire que le front social n’est pas prêt de s’apaiser. Une grève générale est d’ailleurs programmée pour jeudi à l’appel des syndicats publics et privés.
     

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