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    Europe

    En Estonie, le 15e PÖFF de Tallinn rend hommage au cinéma islandais

    media Laufey Gudjónsdóttir, directrice du Centre du cinéma islandais (Icelandic Film Centre), au 15e Festival du film «Nuits noires» de Tallinn, le 27 novembre 2011. Kèoprasith Souvannavong / RFI

    La 15e édition du PÖFF, le Festival du film « Nuits noires » de Tallinn, capitale européenne 2011 de la Culture, consacre une section spéciale au cinéma islandais. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir des oeuvres diverses et variées en provenance du pays des geysers et des volcans aux noms imprononçables.

    De notre envoyé spécial à Tallinn

    Le cinéma se porte relativement bien en Islande. Peuplé d'environ 320 000 âmes, ce pays de 103 000 km2 constitue un tout petit marché. Mais il peut néanmoins compter sur un public assidu. « Les Islandais se rendent en masse dans les salles, avec une moyenne de 5 entrées par habitant et par an, ce qui représente un chiffre élevé si l’on prend en considération la population du pays », explique Laufey Gudjónsdóttir, directrice du Centre du cinéma islandais (Icelandic Film Centre), une institution gouvernementale fondée en 2003, équivalente, toute proportion gardée, du CNC (Centre national de la cinématographie) en France. « Mais la plupart des films projetés dans les cinémas sont américains. Les films européens sont de plus en plus montrés, mais plutôt dans des salles d'art et d'essai », précise Laufey Gudjónsdóttir.

    Etant donné la taille et la population de l’Islande, sa production ne peut bien sûr guère concurrencer celle d’Hollywood. Même si le pays est attrayant comme lieu de tournage pour les productions étrangères en raison de ses paysages exceptionnels (Meurs un autre jour, de la série des James Bond, réalisé par Lee Tamahori, a été tourné en partie là-bas) et des incitations fiscales intéressantes, le cinéma national ne s’est jamais vraiment remis de la spectaculaire crise économique qui a frappé l'Islande en 2008. Toutes les aides gouvernementales avaient alors été coupées et la difficulté majeure aujourd’hui réside toujours dans le financement des projets.

    « En général, entre trois et six longs métrages de fiction étaient produits tous les ans en Islande, en plus des documentaires et des téléfilms. Malheureusement, il n’y a qu'une seule fiction cette année faute de budgets », déplore Laufey Gudjónsdóttir. « La plupart de nos films sont de petits budgets, de un à deux millions d’euros. »

    L’histoire du cinéma islandais est assez récente

    Il convient néanmoins de souligner que l’histoire du cinéma islandais est assez récente. Elle remonte à une trentaine d’années. En effet, « les premiers films de fiction ne datent seulement que des années 1979-1980 et notre cinéma se répartit en quelque sorte en quatre générations de réalisateurs », rappelle Laufey Gudjónsdóttir.

    August Gudmundsson (Land & Sons, 1980) appartient à la première génération. La deuxième est représentée par Fridrik Thor Fridriksson, un autodidacte qui a réalisé sa première fiction, White Wales, en 1987. D’ailleurs, le Festival « Nuits noires » de Tallinn propose une programmation spéciale de ses films (dont Les Enfants de la nature, 1991, Movie Days, 1994, et L’Ile du diable, 1996) et lui remettra un prix pour l’ensemble de son œuvre. Fridrik Thor Fridriksson est parfois comparé à ses contemporains comme Jim Jarmush et Aki Kaurismäki, et à certains « classiques » comme John Ford ou Akira Kurosawa.

    La troisième génération se situe autour de l’année 2000 et réunit, entre autres, Baltasar Kormákur (101 Reykjavik, 2000, Jar City, 2007) et Dagur Kari (Nói l’albinos, 2003).
    Quant à la dernière génération, elle inclut notamment Hafsteinn Gunnar Sigurðsson, dont le dernier long métrage, Either Way, a été projeté en ouverture du Festival de Tallinn.

    Une relève assurée

    Le jeune réalisateur Rúnar Rúnarsson s’inscrit aussi dans cette dernière génération. Le public ici a pu découvrir sa première fiction, Volcano. Le film n’a rien à voir avec le volcan Eyjafjallajökull qui était entré en éruption et qui avait paralysé le trafic aérien européen pendant plusieurs jours en avril 2010. Ici, il pourrait s'agir d'un volcan plutôt intérieur, celui de Hannes, un retraité au caractère difficile et qui doit se remettre en question afin d'aider celle qu'il aime. Volcano aborde des thèmes universels : la famille, la vieillesse, l'amour à 70 ans. Un premier long métrage audacieux qui représentera l’Islande aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger.

    Mais alors, en dépit des difficultés financières, comment expliquer le succès des films islandais dans les festivals ? L’Islande est un petit pays, certes, mais qui recèle « une véritable énergie créative. C’est peut-être lié au fait que nous avons des budgets peu élevés pour faire des films. Pour qu’un Islandais tourne un film en Islande même, il faut vraiment qu’il le veuille, car les conditions n'ont jamais été faciles à cause de la taille du pays et surtout des fonds limités », confie la directrice du Centre du cinéma islandais, Laufey Gudjónsdóttir.

    Pour en savoir plus :
    Consultez le programme du 15e festival « Nuits noire » de Tallinn (du 18 au 30 novembre 2011)
     

    Une scène du film « Volcano », de l’Islandais Rúnar Rúnarsson. Festival du film « Nuits noires » de Tallinn (PÖFF)

     

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