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    Europe

    Législatives : la Croatie s'apprête à virer à gauche

    media Zagreb, 28 novembre 2011. Sur la route de l'aéroport, les affiches de la campagne pour les législatives du 4 décembre. © Reuters / Nikola Solic

    Ce dimanche 4 décembre 2011, la Croatie choisit ses députés. Très probablement, le Sabor (Parlement croate) va basculer à gauche, et ces élections devraient être les dernières avant que le pays ne devienne, en juillet 2013, le 28ème membre de l’Union européenne, du moins, si les Croates confirment par référendum leur choix de la rejoindre.

    De notre envoyé spécial à Zagreb,

    « Toute cette campagne électorale repose sur de grands mensonges : la coalition de centre gauche est pratiquement certaine de l’emporter, mais elle ne dit pas un mot sur les politiques d’austérité qu’elle sera bien obligée de mettre en œuvre au lendemain de sa victoire… De même, la coalition a l’intention d’organiser au plus vite le référendum sur l’intégration européenne, et les résultats de celui-ci sont bien plus incertains », résume Toni Gabric, le rédacteur en chef du site d’information h-alter.

    Sur les murs de Zagreb, les affiches des deux principaux blocs politiques se répondent. Le HDZ (Hrvatska Democratska Zajednica) [Union démocratique croate, NDLR], le parti conservateur au pouvoir depuis l’accession du pays à l’indépendance, il y a vingt ans -à l’exception d’une brève parenthèse sociale-démocrate de 2000 à 2003- annonce son « retour aux racines ».

    Discrédité par d’innombrables scandales de corruption, le HDZ semble ainsi vouloir revenir au nationalisme exacerbé des années 1990, rompant avec l’aggiornamento amorcé il y a dix ans par l’ancien Premier ministre Ivo Sanader, qui voulait faire du HDZ un « parti conservateur, chrétien-démocrate et pro-européen ». Il est vrai qu’Ivo Sanader a été arrêté en décembre dernier à un péage d’autoroute autrichien, alors qu’il tentait de fuir la justice, et qu’il est actuellement en cours de jugement pour son implication dans plusieurs dossiers de corruption.

    Promesses de lendemains meilleurs

    Pour sa part, la coalition Kukuriku (« Cocorico ») promet des lendemains qui chantent : moins de dettes, plus d’emplois, la fin de l’exode des cerveaux, etc, mais sans apporter aucune précision sur la stratégie qu’elle compte mettre en œuvre pour redresser l’économie du pays. Cette coalition regroupe plusieurs formations de centre-gauche, autour du Parti social-démocrate (SDP). Selon tous les sondages, elle semble assurée d’obtenir une majorité absolue au sein du futur Sabor, le Parlement croate.

    Une des principales mesures annoncées par la coalition consisterait à utiliser le capital des fonds de pension publics pour combler le déficit abyssal de la société des Autoroutes croates (HAC), plombée par une gestion calamiteuse et d’innombrables scandales de corruption.

    « Je vais voter pour eux, parce qu’il faut bien chasser les brigands du HDZ, mais s’il touche à ma retraite, je descendrai à nouveau dans la rue », promet Mira, une retraitée de Zagreb, qui n’a manqué aucune manifestation depuis un an. Mira est une habituée des manifestations : l’hiver dernier, des dizaines de milliers de Croates ont battu le pavé de toutes les villes du pays durant plusieurs mois. Le 15 octobre dernier, pour la journée mondiale des « Indignés », ils étaient encore plus de 10 000 dans le centre de Zagreb.

    Mate Kapovic, qui termine une thèse de linguistique, est l’une des têtes pensantes de ce mouvement. Le jeune homme s’abstiendra dimanche, mais il se prépare déjà pour la prochaine bataille : le référendum sur l’adhésion européenne, que la coalition Kukuriku promet d’organiser dès le début de l’année prochaine. « Nous ferons campagne contre l’adhésion, car nous ne voulons pas d’une Europe libérale et anti-démocratique, soumise aux lois du marché et dominée par quelques grands pays ».

    L'Union européenne contestée

    Les chantiers navals Uljanik de Pula, créés voici 155 ans, quand la capitale de l'Istrie, la péninsule située tout au nord du pays, non loin des frontières italiennes, appartenait encore à l’Empire d’Autriche-Hongrie, sont les seuls de Croatie à avoir échappé aux privatisations exigées par l’Union européenne. Les chantiers ont une dizaine de bateaux sur leur carnet de commande, et emploient toujours 2 660 employés. « C’est autant de familles qui vivent des chantiers, sans compter les milliers de sous-traitants », explique Gino Sverko, le président du syndicat des chantiers. 

    « En 2009, l’Union européenne a même interdit durant six mois toute activité aux autres chantiers du pays, car les aides publiques qu’ils recevaient faussaient la concurrence. Du coup, les chantiers de Split, Kraljevica, Trogir et Rijeka sont probablement condamnés, car ils ne peuvent pas supporter la concurrence de la Chine ou de la Corée du sud », se souvient le syndicaliste. « Depuis 2006, Uljanik ne reçoit plus d’aides publiques, mais nous parvenons à rester concurrentiels tout en étant une entreprise publique. Pourquoi l’UE exige-t-elle la privatisation des chantiers croates alors que les chantiers navals de Monfalcone, en Italie, à 50km de Pula, sont toujours une entreprise publique ? Pourquoi l’Union n’applique-t-elle pas les mêmes règles pour les anciens et les nouveaux membres ? »

    Gino Sverko connaît bien l’Union européenne, pour avoir mené de longues et difficiles négociations à Bruxelles. Pour lui, l’intégration de la Croatie est désormais inéluctable, mais il n’en attend pas de grands changements. « L’Union n’a pas de politique industrielle, et notre pays restera dans une position de périphérie dominée, un "petit frère’"voué à la mono-activité touristique ». Dimanche, le syndicaliste votera pour la coalition de gauche Kukuriku, dont il déplore pourtant les orientations « néo-libérales ».

    Si la gauche croate a toute chance de l’emporter dans les urnes, la partie la plus difficile se jouera certainement après le scrutin de dimanche.

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