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    Europe

    Pas de clémence pour Ioulia Timochenko

    media Ioulia Timochenko condamnée à 7 ans de prison ferme, a confirmé la cour d'appel de Kiev, le 23 décembre 2011. Andreas Rentz/Getty Images

    C’est devant une salle vide que s’est déroulée l’audience ce 23 décembre à l’issue de laquelle la Cour d’appel de Kiev a confirmé la condamnation à sept ans ferme de l’égérie de la « révolution orange », Ioulia Timochenko. L'ex-Première ministre avait décidé de boycotter le procès.

    Ni Ioulia Timochenko, la Jeanne d’Arc ukrainienne, ancienne héroïne de la « révolution orange », ni son avocat n’étaient présent au tribunal quand la sentence est tombée comme un couperet : il n’y aura pas de clémence pour l’ex-Premier ministre, elle restera en prison. Pour sept ans, qui plus est. Dans un communiqué rendu public jeudi 22 décembre 2011, Ioulia à la tresse blonde et ses avocats ont décidé de boycotter le procès.

    Un procès stalinien

    La première sentence a été prononcée le 11 octobre. A part les sept ans de prison ferme, la belle blonde s’est vue interdire de briguer un mandat politique durant trois ans. Elle a aussi été condamnée à verser la somme de 1,5 milliard de hryvnias, soit 138 millions d’euros à la compagnie nationale Naftogaz. L’égérie de la « révolution orange » a été en effet jugée pour avoir fait signer en 2009, quand elle était au pouvoir, des accords gaziers avec la Russie considérés comme défavorables à son pays.

    Timochenko ne se faisait pas beaucoup d’illusion sur la recevabilité de son appel rejeté ce vendredi. « C’est un cirque avec des clowns portant des robes de juge », pouvait-on lire dans le communiqué. Incarcérée depuis le mois d’août 2011, Timochenko crie haut et fort à l’injustice. Son procès a été condamné par les pays occidentaux, surtout par l’Allemagne et la France. Même côté Moscou, on s’étonne de la sévérité de traitement réservé à Ioulia Timochenko. « Ioulia Timochenko n'a jamais été mon amie, mais je ne comprends pas ce jugement », a commenté Vladimir Poutine.

    Une vendetta personnelle ?

    Pour son avocat, Sergueï Vlasenko, la raison est claire : « Elle est en prison parce qu'elle fait peur ! ». Les problèmes de l’ancienne Première ministre sont loin d’être terminés. Les autorités ukrainiennes ont ouvert quatre nouvelles enquêtes criminelles contre elle. Ce qui pourrait alourdir sa peine de dix ans. Et signifierait sa mort politique.
    Ioulia Timochenko est à la merci de la vendetta de l’actuel président Victor Ianoukovitch, très proche de Moscou et dont la Jeanne d’Arc ukrainienne a toujours été la rivale la plus sérieuse.

    Il a en effet tout intérêt de l’écarter des élections législatives qui doivent se dérouler en 2012. D’autant plus que la cote de popularité de la belle prisonnière remonte au fur et à mesure que dure son emprisonnement. D’égérie, elle peut se muer en martyr de la « révolution orange ». C’est en effet elle qui était aux premiers rangs de ce mouvement né en 2004, qui a embrasé tout le pays et qui protestait contre la main mise sur l’économie des apparatchiks de Moscou. Propriétaire d’une compagnie de gaz, toujours en costume Vuitton, avec sa coiffe à la princesse Leila, Timochenko était de toutes les manifestations et promettait la fin de la corruption et le rapprochement avec l’Union européenne.

    L’adieu à l’UE ?

    Timochenko a d’ores et déjà saisi la Cour européenne des droits de l’homme pour dénoncer les conditions de sa détention. En réponse, les autorités ukrainiennes l’ont filmée dans sa cellule 206 dans la prison de Lukyanivka, située à quatre stations de métro du centre de Kiev. « Beaucoup d’hôtels offrent moins de confort que cette chambre », pouvait-on entendre dans le petit reportage retransmis à la télévision publique ukrainienne puis sur internet. On y voit Timochenko amoindrie, clouée au lit, mais effectivement dans une chambre propre et bien aménagée. D’après sa fille Evguenia Timochenko, l’ex-Premier ministre souffrirait d’un violent mal de dos, mal aggravé encore par le froid et l’humidité de la prison.

    Résultat des courses : le procès et les conditions de détention de Timochenko ont ému l’Occident à tel point que la lente marche vers l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne s’en trouve sérieusement affectée. Le 19 décembre, lors d’un sommet entre l’Union européenne et l’Ukraine qui s’est tenu à Kiev, l’accord d’association, pourtant négocié depuis plusieurs années, n’a pas pu être signé. Le poids de Moscou augmente visiblement dans le pays, notamment via le lobby gazier qui n’a pas intérêt à ce que l’Ukraine se rapproche de l’Union européenne et de son exigence de transparence. L’autoritarisme grandissant et la présidentialisation du régime ne font qu’éloigner le pays de l’UE.

    Timochenko ne baisse pourtant pas les bras : « Peu importe que je sois en prison ou ailleurs… je n’arrêterai pas la lutte », a-t-elle déclaré après le verdict du tribunal.

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