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    Europe

    Hongrie : la dérive autoritaire de Viktor Orban

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    Le Premier ministre hongrois Viktor Orban tient tête à ses partenaires européens et américains. Ignorant les critiques internationales, le Parlement a adopté, ce vendredi 30 décembre 2011, une série de lois visant à renforcer encore un peu plus la mainmise du parti au pouvoir, le Fidesz, sur le pays.

    « Il n'y a personne au monde qui puisse intervenir dans le processus législatif hongrois, qui puisse dire aux députés élus par le peuple hongrois quelles lois ils peuvent ou ne peuvent pas voter », a déclaré Viktor Orban à la radio nationale.

    Le Premier ministre fait donc fi d’une série de critiques et d'avertissements au niveau national et international, l’accusant d’une dérive autoritaire et antidémocratique à travers l'adoption de lois controversées, notamment sur la Banque centrale, les religions, « les crimes communistes » ou encore le fonctionnement du Parlement.

    La Banque centrale perd son indépendance

    La réforme de la Banque centrale illustre à elle seule la manière à laquelle le gouvernement de droite populiste compte augmenter son influence sur les institutions de l’Etat. Tombé en disgrâce en menant une politique de taux d’intérêts élevés, le président de la Banque centrale, Andras Simor, voit son pouvoir réduit à la portion congrue. Il perd notamment son droit de choisir ses deux adjoints, au profit du chef du gouvernement. Le conseil monétaire de la Banque, chargé de fixer la politique des taux d’intérêt, sera élargi de sept à neuf personnes, dont six nommées par le Parlement, où le parti conservateur Fidesz de Viktor Orban dispose d’une majorité des deux tiers.

    Selon le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne, cette réforme met en danger l’indépendance de la Banque centrale, définie pourtant comme l’une des conditions pour pouvoir rejoindre la zone euro. Dans un courrier, le président de la Commission de Bruxelles, José Manuel Barroso, avait « recommandé instamment » au chef du gouvernement hongrois de retirer ce projet de loi, mais Budapest a fait la sourde oreille. « Si quelqu’un nous aide avec de bons conseils, nous le remercions, s’il désire nous dévier de notre trajectoire, nous l’écartons poliment », a répliqué Viktor Orban ce vendredi 30 décembre 2011 à la radio nationale, répondant en même temps à une lettre de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton dans laquelle elle s’était inquiétée de la « situation de la démocratie » en Hongrie.

    Viktor Orban ignore les critiques avec aplomb

    Pour dissuader le gouvernement hongrois, le FMI et l’UE ont menacé de ne pas débloquer une ligne de crédit portant sur 15 à 20 milliards d’euros. Tentative restée vaine, car Viktor Orban ne compte pas se plier aux exigences de ses partenaires internationaux : « Si le FMI nous donne un filet de sécurité, nous pourrons affronter l’avenir avec plus de confiance, plus de sécurité, sinon, nous resterons débout sur nos pieds sans problème ».

    Trois autres lois, adoptées dans la foulée ce vendredi, semble confirmer la dérive autoritaire du parti au pouvoir, le Fidesz. L’une réduit d’environ 300 à seulement 14 les communautés religieuses bénéficiant de subventions publiques, ce qui renforcera les Eglises chrétiennes au détriment des minorités religieuses, comme les bouddhistes et les musulmans. L’autre, vise le Parti socialiste (ex-communiste). Aujourd’hui dans l’opposition, les socialistes dénoncent « la mise en place d’une dictature ». Leur parti, vainqueur pourtant de trois élections démocratiques, est aujourd'hui qualifié « d'organisation criminelle ». Les socialistes sont désormais jugés responsables des crimes de l'ancien régime, des meurtres, des tortures et même de l'endettement de la nation. Une troisième loi vise à limiter tout débat parlementaire. Les députés du Fidesz qui détiennent une majorité des deux tiers pourront décider de modifier l'ordre du jour à leur guise et faire passer des lois en l'espace d'un ou deux jours, sans réel échange de vues.

    Le pouvoir en place sort nettement renforcé des réformes

    Ces nouvelles lois renforceront nettement le pouvoir conservateur en place. Déjà la semaine dernière, les députés, tenus d’une main de fer par leur leader Orban, ont adopté une nouvelle loi électorale visant à rendre quasiment impossible une alternance politique. Viktor Orban n’est pas à son coup d’essai : depuis son arrivée au pouvoir en 2010, le Premier ministre a déjà réussi à mettre au pas la presse, à réformer la justice en sa faveur et à nommer ses proches à de multiples postes clés de la société. Une nouvelle Constitution, aux accents clairement nationalistes, entrera en vigueur ce 1er janvier.

    Dans un article pour le quotidien New York Times, le Prix Nobel d’Economie Paul Krugman a fait part de sa crainte que toutes ces mesures « aboutissent à rétablir un régime autoritaire sous un mince vernis démocratique, au cœur de l’Europe ».

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