Allemagne / Economie  - 
Article publié le : jeudi 19 janvier 2012 à 01:31 - Dernière modification le : jeudi 19 janvier 2012 à 17:38

L'Allemagne gardera son « AAA » même en cas de récession en 2012

L’Allemagne, principale puissance économique européenne, demeure une valeur sûre pour les investisseurs.
L’Allemagne, principale puissance économique européenne, demeure une valeur sûre pour les investisseurs.
Asia-Companies/Sentiment Reuters/Brendan McDermid

Par Pascal Thibaut

Récession ou pas, Berlin devrait garder son triple A. L’agence de notation Standard and Poor’s qui a dégradé plusieurs pays en fin de semaine dernière confirme que l’Allemagne n’a pas de souci à se faire. Même si les prévisions économiques devaient pêcher par optimisme, Berlin ne perdra pas sa bonne note.

« Nous croyons que l’Allemagne se trouve dans une position relativement forte et qu’elle devrait supporter une éventuelle récession cette année sans perdre sa note ». Les déclarations du responsable en Europe de l’agence Standard and Poor’s Moritz Krämer au quotidien populaire Bild Zeitung ce mercredi 18 janvier confirment la situation positive de l’Allemagne, membre d’un groupe de quatre pays européens avec la Finlande, les Pays-Bas et le Luxembourg à conserver la meilleure note possible à savoir le triple A. Vendredi dernier, l’agence de notation avait annoncé la dégradation de neuf pays de la zone euro dont la France.

Cette annonce confirme que l’Allemagne, principale puissance économique européenne, demeure une valeur sûre pour les investisseurs. Les banques qui disposent de liquidités excédentaires grâce notamment aux largesses de la Banque centrale européenne cherchent à placer leurs fonds là où les risques sont les moindres et les perspectives les plus attractives. La semaine dernière, elles se sont jetées sur des titres à six mois mis sur le marché par l’Allemagne à un taux négatif, c’est-à-dire en payant même une sorte de taxe pour que Berlin accepte de prendre leur argent.

Ce mercredi 18 janvier, des titres à hauteur de 3,4 milliards d’euros sur deux ans ont été placés par l’Allemagne sans problème pour un taux infime de 0,17%. La demande était plus de deux fois supérieure. Berlin profite de la crise actuelle et des incertitudes des investisseurs. Les autres pays de la zone euro doivent en moyenne payer des taux d’intérêt sensiblement supérieurs pour les emprunts qu’ils lancent sur les marchés.

Les déclarations du responsable de Standard and Poor’s dans le Bild Zeitung évoquant le maintien du triple A de l’Allemagne même en cas de récession en 2012 concernent une hypothèse que Berlin exclut pour cette année. Le ministre de l’Economie qui a présenté les prévisions de son gouvernement mercredi table sur une croissance de 0,7% pour 2012 après 3,7% en 2010 et 3% en 2011. Philipp Rösler a revu les pronostics antérieurs tablant sur une hausse du produit intérieur brut de 1%. Le ministre estime même qu’une récession devrait être évitée durant le premier trimestre de cette année, celui qui enregistrera la croissance la plus faible à savoir 0,1% d’après lui.

Certains experts sont plus pessimistes. Le ministre reconnaît lui-même que ses prévisions dépendent étroitement d’une stabilisation de la crise de la dette en zone euro. Le gouvernement allemand table par ailleurs sur une légère décrue du chômage et un rôle soutenu de la consommation intérieure pour soutenir l’activité économique.

tags: Allemagne - Crise économique - Finances
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer