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Adhésion à l'UE : où en sont les Balkans?

La Croatie va devenir le 28e pays membre de l’Union européenne. Après la Slovénie, en 2004, ce sera donc le deuxième des six pays de l’ex-Yougoslavie à faire ce pas vers l’Europe. Mais entre les pays candidats et les autres, l'écart se creuse. Tour d’horizon de l'état d'avancée des Balkans dans le processus d'adhésion à l'Union européenne.
Après la Slovénie en 2004, la décision de la Croatie d'intégrer l'Union européenne va peut-être entrouvrir la porte de l’Europe aux autres pays des Balkans qui attendent toujours sur le perron. A terme, tous les pays de l’ex-Yougoslavie ont vocation à intégrer l’UE. Mais si l'instabilité des années 1990 est en passe d'être surmontée, cette région qu'on qualifiait il n'y a pas si longtemps de « poudrière » de l'Europe est confrontée à d'autres problèmes.
De plus l'enthousiasme pro-européen de ces pays, à 80% dans les sondages en 2003, s’est émoussé au fil des négociations et de l’intransigeance de Bruxelles. Sans compter que la crise économique est passée par là et que l’Europe ne fait plus rêver.
Lors de la conférence de Zagreb en 2000, l’UE avait fait savoir aux Balkans qu’ils ne seraient pas intégrés en bloc, mais chacun à leur rythme et selon ses mérites propres. Certains pays ne remplissaient pas jusqu'à présent les conditions pour l’ouverture des négociations. A savoir, un respect suffisant des critères politiques d’adhésion, dits de Copenhague et le respect du Processus de Stabilisation et d’Association (pleine coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, la coopération régionale et relations de bon voisinage). Ils ont donc pris du retard dans le processus d'adhésion.
Les plus avancés : plus de démocratie mais encore trop de corruption
Après la Croatie, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie sont les candidats les plus sérieux sur la liste des adhésions à l’Union, même si les négociations d’adhésion n’ont commencé avec aucun d’entre eux.
Macédoine : en théorie, c’est le pays le plus avancé dans les négociations. Son statut de candidat a été retenu en décembre 2005. Le pays remplit suffisamment les critères politiques et la Commission se dit prête dans son rapport annuel d'évaluation à commencer les négociations d’adhésion. Problème, aujourd’hui, le principal handicap de ce tout petit pays, c’est son nom, fruit de tensions avec son voisin grec. La Grèce estime que le nom « Macédoine » fait partie de son patrimoine historique et a répété qu’elle opposerait son veto à l’entrée de ce pays dans l’UE, comme elle l’avait fait pour son entrée dans l’Otan, tant qu’il conservera son appellation actuelle… L’unanimité étant requise pour ouvrir les négociations, la Macédoine doit d'abord résoudre ce différend.
Monténégro : Candidat officiel depuis le 17 décembre 2010, aucun obstacle majeur ne s’oppose à l’entrée dans l’UE de ce minuscule pays. Si les réformes doivent se poursuivre, le pays a accompli de gros progrès dans tous les critères d'adhésion. Il entretient par ailleurs d’excellentes relations avec ses voisins, y compris le Kosovo qu’il a reconnu. Et les Monténégrins utilisent déjà l'euro. La Commission a donc recommandé l’ouverture des négociations d’adhésion.
La Serbie attend toujours une réponse à sa demande déposée en décembre 2009 pour l'obtention du statut de candidat à l’adhésion. Mais il devrait être fixé en février. La Commission européenne s'est dite favorable à l'octroi de ce statut en raison des réformes positives liées aux critères de Copenhague et de sa coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Mais elle avait soumis l’acception de cette candidature à plusieurs conditions, notamment à la reprise du dialogue avec le Kosovo, dont le pays refuse toujours de reconnaître l’indépendance.
A la traîne : des pays en devenir en proie à des difficultés internes
Au bas du tableau, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine et l’Albanie. Des Etats en construction aux sociétés divisées et aux institutions qui dysfonctionnent.
L’Albanie a déposé une demande d’adhésion le 28 avril 2009. Si le rapport 2011 reconnaît les efforts du pays concernant notamment la lutte contre le crime organisé. Il conclut que les conditions requises pour l’ouverture des négociations d’adhésion ne sont pas encore réunies. Fonctionnement de la justice, liberté de la presse, droits de l’homme, lutte contre la corruption, etc. Les progrès à accomplir sont nombreux. Mais c’est l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays depuis deux ans et demi et qui empêche la mise en oeuvre des réformes, qui constitue la principale raison du blocage des négociations.
La Bosnie-Herzégovine n’a pas encore présenté de demande d’adhésion. Depuis les élections d’octobre 2010, le pays est sans gouvernement central. Le dernier rapport conclut d’ailleurs que la progression globale des réformes a été très limitée. Le pays a obtenu quelques résultats comme l’assouplissement des visas. On note aussi de légers progrès en ce qui concerne l’état de droit et la coopération avec le TPIY. Mais la minorité roms est toujours l'objet de discriminations.
Le Kosovo non plus n’est pas encore candidat à l’adhésion. Les élections ont permis la formation d’un gouvernement qui s’est attelé aux défis auxquels le pays doit faire face pour aligner sa législation sur les standards européens. Mais même s’il a réalisé d’importants progrès en matière politique, ce nouveau pays est encore en quête de reconnaissance par la Serbie et certains Etats de l’UE. Sur le plan économique aussi, il est encore loin d’avoir une économie de marché viable.

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