Espagne : Alfredo Perez Rubalcaba élu de justesse à la tête du Parti socialiste
Six semaines après sa défaite pour le poste de Premier ministre face à Mariano Rajoy, Alfredo Perez Rubalcaba a été élu secrétaire général du Parti socialiste espagnol par les délégués lors du 38e Congrès du PSOE, samedi 4 février à Séville. Il s’est imposé de justesse (487 voix contre 465) devant l’ex-ministre de la Défense, Carme Chacon.
A 60 ans, Alfredo Perez Rubalcaba est un personnage politique bien connu des Espagnols. Il a occupé avec brio une demi-douzaine de ministères. Il s’est d’abord spécialisé dans le domaine des sciences et de l’éducation, pour devenir finalement ministre de l’Intérieur et l’une des figures clés au sein du parti dans l’entreprise de neutralisation de l’organisation terroriste basque ETA.
Sérieux, expérimenté, solide, vétéran du parti socialiste, connu de tous dans ses rangs, réputé compétent et excellent orateur : ce sont des qualités de Alfredo Perez Rubalcaba, des qualités qui ont été déterminantes à n'en pas douter pour forcer le choix d'une majorité de délégués. Sa grande rivale, Carmen Chacon, avait certes de nombreux atouts, femme, jeune, catalane, énergique, mais cela n'a pas suffit pour faire le poids face à cet homme presque sexagénaire, peu photogénique, qui a toujours été un grand second, mais n'avait jamais été un « numéro un »; c'est chose faite.
Un leader rassurant et cohérent
Il est aussi considéré comme l’artisan de la victoire électorale des socialistes en 2004. En revanche, après le retrait de José Luis Zapatero de la course électorale en 2011, en pleine crise économique et financière en Espagne, il n’avait pas réussi à prendre la succession de l’ancien Premier ministre, les socialistes subissant une cuisante défaite.
En prenant les rênes du parti, Rubalcaba affirme que le PSOE doit redevenir le défenseur des classes populaires, tout en soutenant les classes moyennes. Il appelle également à une plus grande ouverture vers la société, notamment par la tenue d'élections primaires ouvertes pour désigner le candidat à la présidence du gouvernement, à l’image de qui s’est fait en France en octobre dernier.
Rubalcaba incarne la vieille garde, le passé, bref tout sauf le changement, mais, en ces temps de crise et d'incertitude, en ces temps où la famille socialiste est en mal d'identité, il semble que l'on ait préféré cette option rassurante. Il n'incarnera peut-être pas une opposition socialiste très originale mais, à coup sûr, son message et sa conduite seront cohérents.

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