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Article publié le : samedi 04 février 2012 - Dernière modification le : samedi 04 février 2012

Turquie : les sanctions contre la France entrent peu à peu en vigueur

Pour la première fois, le 24 avril 2010 à Istanbul, des Turcs ont commémoré les massacres d'Arméniens de 1915-17. Pour ne pas heurter, les organisateurs avaient dans leur texte évoqué la «Grande catastrophe», au lieu d'employer le terme de «génocide».
Pour la première fois, le 24 avril 2010 à Istanbul, des Turcs ont commémoré les massacres d'Arméniens de 1915-17. Pour ne pas heurter, les organisateurs avaient dans leur texte évoqué la «Grande catastrophe», au lieu d'employer le terme de «génocide».
Reuters / O. Orsal

Par RFI

Les sanctions promises par Ankara contre la France après l'adoption d'une loi qui punira la négation du génocide de 1915, que la Turquie ne reconnait pas, commencent à se concrétiser. Ainsi par exemple l'administration du Premier ministre a commencé à remplacer ses voitures de fonction, jusque-là des Renault, par des Ford. Et puis ce sont les transits de véhicules militaires qui sont désormais bloqués par les Turcs.

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

La France ne demandera plus l’autorisation de survol ou d’escale en Turquie pour ses avions et navires militaires jusqu’à ce que le sort de la loi pénalisant les génocides soit scellé dans le sens de l’apaisement des relations franco-turques, c’est-à-dire quand ce texte sera censuré par le Conseil constitutionnel. Car à déjà trois reprises ces autorisations ont été refusées à deux navires et un avion, qui ont dû changer leur route et leur programme. C’est ce qu’indique l’ambassadeur de France en Turquie, qui explique donc tirer les conséquences de ce triple refus.

La chancellerie s’abstient de préciser les dates de ces refus et la nature des navires et avions impliqués, mais ajoute que le survol du territoire turc par l’avion d’un ministre français a en revanche été autorisé. Il est fort possible donc que le vol détourné soit celui qui ramenait les corps des soldats français tués en Afghanistan le 20 janvier, alors que la visite à Kaboul du ministre de la Défense, Gérard Longuet, le 21 janvier a pu se faire en survolant la Turquie.

La fin des autorisations automatiques pour les escales et survols français avait été décidée après le vote de la loi Boyer à l’Assemblée nationale, alors que l’interdiction de transit visant les responsables politiques de l’hexagone n’a été promise, après le vote du Sénat, que si ce texte entre en vigueur.

tags: France - Turquie
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