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Article publié le : mardi 21 février 2012 - Dernière modification le : vendredi 09 mars 2012

Hamburger et cosmétique, les nombreuses utilisations des cellules souches

Le premier steak fabriqué à partir de cellules souches est presque prêt.
Le premier steak fabriqué à partir de cellules souches est presque prêt.
Gettyimages / C Squared Studios

Par François-Damien Bourgery

Le premier hamburger réalisé à partir de cellules souches bovines devrait voir le jour en octobre 2012. C’est ce qu’a annoncé le docteur Mark Post, le chercheur néerlandais en charge du projet, en marge de la conférence annuelle de la Société américaine pour l’avancement de la science organisée le week-end du 18-19 février à Vancouver, au Canada. Car la recherche sur les cellules souches n’est désormais plus limitée au seul domaine médical.

Il aura l’apparence d’un steak de bœuf, le goût d’un steak de bœuf, mais ce ne sera pas un steak de bœuf. Du moins tel qu’on le fabrique aujourd’hui. Après six ans de recherches, le docteur Mark Post touche au but. Ce médecin de formation et directeur du département de physiologie de l’université de Maastricht, aux Pays-Bas, devrait dévoiler à l’automne 2012 le premier steak haché produit à partir de cellules souches bovines.

De nombreux espoirs sont placés dans cette nourriture de science-fiction. Les recherches entreprises par Mark Post visent en effet à réduire la production de viande d’élevage et ainsi les émissions de gaz à effet de serre. « La demande de viande devrait doubler dans les 40 prochaines années et maintenant nous utilisons 70% de toute notre capacité de production agricole pour augmenter la viande par le biais de l’élevage », a ainsi prévenu le docteur Mark Post. Or l’élevage intensif contribue au réchauffement climatique à cause des émissions de méthane, un gaz vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone, que produisent les bovins.

Bénéfiques pour la planète, ces recherches doivent aussi l’être pour l’homme. Pour fabriquer son premier steak, le chercheur néerlandais a utilisé des cellules des muscles du squelette de bovins cultivés dans du sérum fœtal de veau. Une recette peu ragoûtante mais dont le résultat devrait être conforme à la qualité originale. « Les tissus produits ont exactement la même structure que les originaux », a certifié le docteur Mark Post. Il assure par ailleurs que la viande peut être améliorée en y ajoutant notamment des niveaux élevés d’acides gras polyinsaturés – ou oméga 3 – bons pour la santé.

Un remède « miracle » pour la jeunesse de la peau

Ce n’est pas la première fois que les recherches sur les cellules souches dépassent le simple cadre médical – où leurs propriétés pourraient d’ailleurs permettre de soigner de nombreuses maladies (voir encadré). Les laboratoires de cosmétique tentent également d’exploiter leurs facultés régénératives. Mais contrairement au docteur Post qui a exploité des cellules souches embryonnaires, ceux-ci ne s’intéressent qu’aux cellules souches adultes (c’est-à-dire de l’individu après sa naissance), et plus précisément à celles situées dans la couche la plus profonde de l’épiderme. Pour les groupes de cosmétiques, ces cellules sont un remède « miracle » pour préserver la jeunesse de la peau. Ce sont elles qui sont à la base du renouvellement naturel d'un tissu et de sa réparation à la suite d'une lésion.

Assurant la fermeté et l’élasticité de la peau, les cellules souches adultes peuvent également permettre de corriger les rides. Le magazine L’Express expliquait ainsi en 2011 que les chercheurs sont désormais en mesure de créer des systèmes qui poussent les cellules souches vers une ride pour y fabriquer de nouvelles cellules, permettant ainsi de combler la ride en recréant de la matière cellulaire « Le but de la cosmétique est donc de les protéger, d'optimiser leur environnement, mais aussi de les aider à restaurer leur capacité à se diviser correctement, et le plus possible », précisait alors à L’Express Patricia Pineau, directrice de la communication scientifique de L'Oréal.

Des crèmes permettant de préserver ces cellules souches – et donc la jeunesse de la peau – sont déjà sur le marché. Le menu burger cellules souches avec frites et coca n’est en revanche pas pour demain. Le coût de production du premier steak « expérimental » se monte à 250 000 euros, a précisé Mark Post. Le second devrait être plus abordable… à 200 000 euros.

Les cellules souches, avenir de la médecine

Lorsqu’elles sont identifiées en 1998, les cellules souches embryonnaires humaines promettent une révolution de la pratique médicale. Car, comme l’explique l’Institut national de la recherche médical (Inserm), les cellules souches ont deux propriétés principales : elles se multiplient en donnant naissance à de nouvelles cellules souches, et peuvent produire des cellules spécialisées, par exemple de foie, de pancréas, de peau ou de muscle. On les trouve dans l’embryon, le fœtus, le sang du cordon ombilical et divers tissus de l’individu après sa naissance.
La thérapie cellulaire doit notamment permettre de remplacer ou traiter des cellules malades ou anormales grâce à des cellules saines. Certaines maladies génétiques ou dégénératives incurables, comme la maladie d’Alzheimer, de Parkinson ou le diabète, pourraient ainsi être traitées.
Une équipe de l'Institut des cellules souches neuronales de Rensselaer, aux Etats-Unis, a récemment découvert l’existence de cellules souches dans la rétine. Elles pourraient permettre de lutter contre l’une des premières causes de la cécité, la dégénérescence maculaire liée à l'âge, plus connue sous le nom de DMLA.
L’utilisation des cellules souches servirait également à soigner les maladies cardiaques, à savoir l’infarctus du myocarde, l’insuffisance cardiaque et l’angine de poitrine. Selon le quotidien Les Echos, la moitié des essais cliniques de thérapie cellulaire dans le monde s’intéresserait ainsi à ces maladies.

 

tags: Alimentation - Pays-Bas - Recherche - Santé et Médecine
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