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    Europe

    John Demjanjuk, l'ancien gardien de camp nazi, s'est éteint en Allemagne

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    La mort de l'un des derniers criminels de guerre de la Seconde Guerre mondiale. John Demjanjuk, condamné en mai dernier par la justice allemande à cinq ans de prison pour complicité dans la mort de 28 000 juifs en 1943 dans le camp nazi de Sobibor, en Pologne, est mort samedi à 91 ans dans une maison de retraite du sud de l'Allemagne. Le « cas Demjanjuk » illustre toute la difficulté de la traque des anciens nazis.

    Ukrainien, il rejoint l'Armée rouge en 1941 et, un an plus tard, le soldat soviétique Demjanjuk est fait prisonnier par les troupes allemandes. Après, selon lui, son destin est celui d'une victime, pour ses accusateurs, c'est un bourreau.

    En tout cas, dans les années 50, il émigre aux Etats-Unis où il obtient la nationalité américaine avant d'être reconnu par des rescapés de l’extermination des juifs d'Europe comme étant « Ivan le Terrible », le gardien du camp nazi de Treblinka. Déchu de sa nationalité, il est extradé en Israël en 1981 où il est condamné à mort en 1988 mais, sur la foi de nouveaux documents, la Cour suprême israélienne casse sa condamnation. Libéré, il regagne les Etats-Unis et recouvre sa nationalité américaine en 1998.

    Quatre ans plus tard, nouveau soupçon, nouvelle procédure. Il perd à nouveau sa nationalité et, sur demande de Berlin, il est extradé vers l'Allemagne où un tribunal le jugera finalement coupable l'année dernière du meurtre de près de 28 000 juifs dans le camp de Sobidor en 1943. Ce qu'il a toujours nié avoir été, en avançant son statut d'ancien prisonnier de guerre, fragile et menacé d'être abattu ou de mourir de faim.
    En raison de son âge, il a échappé à la prison et il vient finalement de s'éteindre dans une maison de retraite du sud de l'Allemagne.

     

    Avec notre correspondant à Jérusalem, Christian Brunel

    Le décès samedi 17 mars 2012 de John Demjanjuk, 91 ans, laisse un goût amer en Israël. Pour les commentateurs, il a réussi à échapper à la justice en mourrant dans le lit d’une maison de retraite allemande alors que sa place était en prison.

    Il avait été condamné à mort en 1988 par un tribunal israélien qui avait statué qu’il était bien « Ivan le Terrible », un gardien ukrainien particulièrement sadique du camp de la mort de Treblinka en Pologne.

    Cinq ans plus tard, la Cour suprême israélienne avait cassé ce jugement sur la base de nouveaux documents. Il avait alors été expulsé. Tom Segev, un célèbre historien, estime dans le quotidien Haaretz que « toute l’affaire illustre la difficulté d’un système judicaire libéral à faire justice aux victimes de la Shoah ».

    Les médias reprennent aussi tous les propos de l’ancienne juge Dalia Dorner qui siégeait au tribunal ayant prononcé une peine de mort. Elle affirme « être persuadée qu’il s’agissait bien d’ "Ivan le Terrible", mais pour elle, c’est à l’honneur de la justice israélienne de l’avoir ensuite acquitté au bénéfice du doute ».

    Amit Segal, de la deuxième chaîne de télévision Arutz 2, regrette lui aussi qu’aucun tribunal n’a réussi à prouver « l’évidence », à savoir que Demjanjuk était bel et bien un des pires bourreaux de Treblinka.

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