GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 17 Octobre
Vendredi 18 Octobre
Samedi 19 Octobre
Dimanche 20 Octobre
Aujourd'hui
Mardi 22 Octobre
Mercredi 23 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Europe

    Marine Le Pen… et les autres

    media Timo Soini, le chef des Vrais Finlandais, au lendemain de la victoire de son parti aux élections législatives. Reuters/Pekka Sakki/Lehtikuva

    Le score spectaculaire obtenu par la candidate du Front national, Marine Le Pen, au premier tour de l’élection présidentielle en France, incite à jeter un coup d’œil sur la situation et la stratégie des autres formations populistes et d’extrême droite en Europe.

    Le Front national est loin d’être le seul parti populiste de droite ou d’extrême droite en Europe à avoir réussi des percées électorales significatives. Les dix dernières années ont vu un nombre croissant de mouvements de ce type parvenir à se faire élire dans des parlements, et même à participer à des gouvernements.

    Les pays concernés par l’apparition et par une montée plus ou moins rapide de l’influence de cette orientation politique sont : la Belgique, la France, la Norvège, le Danemark, l’Italie, l’Autriche, la Suisse, la Suède, la Bulgarie, la Hongrie, la Finlande, la Slovénie, la Slovaquie, la Grèce, les Pays-Bas, et, dans une moindre mesure, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Pologne, la République tchèque, le Portugal et l’Espagne. Les cibles communes de toutes ces formations sont les élites politiques, la mondialisation et le multiculturalisme. Leurs ennemis communs : les institutions européennes et les étrangers, qu’ils présentent comme « envahisseurs » qui menacent la prospérité économique, les acquis sociaux et l’identité nationale des populations qui les accueillent.

    Mélange d’ignorance et de peur

    Notre site spécial

    Le terreau le plus fertile pour cultiver leurs idées est constitué d’un savant mélange d’ignorance et de peur : peur de l’inconnu, peur de l’autre, peur du monde qui change rapidement, peur de perdre ses repères… Les partis populistes et d’extrême droite espèrent se substituer aux équipes actuellement au pouvoir en exploitant cette ignorance, ces incertitudes et ces peurs. Pour y parvenir, ils emploient des techniques, des tactiques et des stratégies diverses et variées.

    Afin de souligner leur caractère « anti-système », ils se présentent souvent comme les « partis anti-partis », en adoptant plutôt des noms comme « ligue », « front », « alliance » ou « garde ». Ils se fédèrent le plus souvent autour d’un leader charismatique et autoritaire, qui se présente comme le défenseur des intérêts prétendument bafoués d’une « majorité silencieuse ». La démocratie au sein du parti est généralement assez restreinte et revient souvent à la liberté d’acclamer le leader.

    Briser les tabous et les interdits

    En revanche, les partis populistes et d’extrême-droite utilisent habilement les instruments d’action que leur offre le système démocratique dans lequel ils existent. Par exemple, la liberté d’expression leur sert parfois de tremplin pour briser les tabous et les interdits que toute société démocratique s’impose pour protéger les faibles et les minorités, ou pour éviter de dresser les uns contre les autres et de créer des stéréotypes de l’ennemi.

    Or les populistes et les extrémistes ont besoin justement d’ennemis pour exister. L’éventail de ceux-ci est donc large dans le vocabulaire populiste. Parmi les plus souvent cités, l’« eurobureaucratie », les immigrés, et surtout l’« establishment », appelé « la mafia politique » par le Vlaams Belang en Belgique, « la bande des quatre » par le Front national en France (son ancien chef, Jean-Marie Le Pen, désignait ainsi les quatre principaux partis de l’époque : le RPR, l’UDF, le PS et le PCF), la « nomenclature » par la Ligue du Nord en Italie, ou, sur un ton plus clément, « les partis traditionnels » par l’Alliance pour l’Avenir de l’Autriche.

    Stratégie payante

    Dans plusieurs pays, cette stratégie s’est avérée payante. Au Danemark, une minorité chrétienne-démocrate était au pouvoir jusqu’à 2011 avec le soutien du Parti du peuple danois, qui, certes, ne faisait pas partie du gouvernement, mais lui était indispensable au Parlement.

    Aux Pays-Bas, les chrétiens-démocrates ont, pour la première fois, fait entrer des populistes de droite (le PVV de Geert Wilders) dans le gouvernement. Coalition qui vient de tomber, suite à l’échec de négociations sur la réduction du déficit public.

    En Autriche, le Parti populaire conservateur avait formé une coalition avec le FPÖ de Jörg Haider entre 1999 et 2006. En Italie, Silvio Berlusconi a gouverné avec les anciens néofascistes et un parti séparatiste, la Ligue du Nord, éclaboussé depuis début avril par une série de scandales financiers.  En Hongrie, le parti d’extrême droite Jobbik est entré au Parlement. En Finlande, le parti populiste des Vrais Finlandais a obtenu 19% des voix aux dernières législatives.

    Enfin, en France, Marine Le Pen vient d’obtenir à l’élection présidentielle le meilleur score jamais atteint par le Front national, presque 18% des suffrages.

    Faire éclater le système politique

    L’objectif stratégique de tous ces mouvements est sans aucun doute de prendre le pouvoir et de faire éclater le système politique actuel aussi bien au niveau national qu’européen. Ils espèrent y parvenir en gagnant graduellement en influence dans le cadre du système existant et en y introduisant de plus en plus de sa rhétorique et de ses idées, pour mieux le faire exploser une fois suffisamment forts pour le maîtriser et dominer.

    A moins qu’ils n’estiment un jour que la situation soit assez favorable pour agir plus rapidement et plus radicalement. Il y a quelques mois, le centre de réflexion britannique Demos a publié une étude où plus de 10 000 sympathisants de partis populistes, répertoriés comme des « fans » sur le réseau social Facebook, ont été interrogés. Seuls 20% des sondés ont confiance en leur gouvernement national, et 14% en l’Union européenne (à rapporter à 45% obtenus dans une enquête d’Eurobaromètre au niveau de l’UE). Le système judiciaire bénéficie de la confiance de seulement 30% des participants à l’étude de Demos, alors que le même indice au niveau européen est de 60%.

    Mais le plus inquiétant, c’est que 26% des sympathisants de partis populistes interrogés par Demos estiment que « la violence est acceptable si elle conduit à imposer leurs idées ». Selon l’auteur de l’enquête, Jamie Bartlett, les responsables politiques européens doivent « se secouer, écouter et répondre » aux peurs et frustrations de cette catégorie de citoyens avant qu’il ne soit trop tard.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.