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    Europe

    Pays-Bas : le gouvernement de Mark Rutte démissionne

    media Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a remis la démission de son gouvernement à la reine lundi 23 avril 2012 REUTERS/Michael Kooren

    Le populiste de droite Geert Wilders a fait chuter le gouvernement du Premier ministre libéral Mark Rutte, sur une question de plan d’austérité. Longtemps bailleur de fonds modèle, les Pays-Bas doivent aujourd'hui affronter une forte récession et un déficit budgétaire record. Face à cette situation, Geert Wirlders a demandé à ce que son pays mette fin à sa coopération internationale, et notamment à sa participation à l'aide de la crise grecque.

    « Nous n’allons pas laisser nos vieux payer pour les fraudeurs grecs ». Geert Wilders, le populiste de droite qui fait la pluie et le beau temps aux Pays-Bas, a décidé de faire chuter le gouvernement néerlandais. Il a retiré le soutien offert par son Parti de la liberté (PVV), depuis le Parlement, à la coalition de droite au pouvoir depuis les législatives de juin 2010. A la dernière minute, après sept semaines de difficiles négociations, Geert Wilders s’est retiré le 21 avril d’un accord au sujet d’un nouveau plan d’austérité.

    Le Premier ministre libéral Mark Rutte a donc présenté le 23 avril sa démission à la reine Beatrix. L’organisation de législatives anticipées paraît inéluctable. Ce coup de théâtre, l’un de ceux qui rythment la vie politique néerlandaise, survient au mauvais moment. Plombés par une dette privée qui a atteint 223% du PIB, le plus fort taux de la zone euro, les Pays-Bas pourraient perdre en juin leur note « AAA » de crédit, a averti le 19 avril l’agence internationale de notation Fitch.

    Un déficit budgétaire record

    Le déficit budgétaire menace de dépasser le seuil de 3% imposé par le pacte de stabilité dans la zone euro. Alors que le budget 2012 a déjà réduit les dépenses publiques de 18 milliards d’euros, en pleine récession, des négociations étaient en cours pour procéder à de nouvelles coupes claires de 9 milliards.

    Une baisse drastique de l’aide publique au développement - 1 milliard sur un budget annuel de 4,6 milliards - était à l’ordre du jour. Les Pays-Bas étaient jusqu’à présent un bailleur de fonds modèle, consacrant 0,7% du PIB à la coopération internationale. Du coup, de nombreuses voix se sont élevées, de Bill Gates à Desmond Tutu, pour appeler le généreux royaume à ne pas couper son aide, comme le préconisait Geert Wilders.

    Ce populiste, qui veut fermer les frontières à toute immigration et préconise le retour à l’ancienne devise nationale, le florin, annonce non sans morgue quels seront les thèmes de la campagne électorale qui s’annonce : l’Europe et l’euro… Wilders s’en prend plus que jamais à Bruxelles et voudrait que La Haye cesse de payer pour la crise financière grecque.

    Les populistes de droite en recul

    Seul problème : les Pays-Bas, qui donnent depuis un an des leçons de bonne gestion à la Grèce, doivent maintenant mettre de l’ordre dans leurs propres comptes. Une particularité nationale, qui consiste pour les ménages à se voir rembourser par le fisc les intérêts bancaires sur les emprunts immobiliers contractés pour s’acheter un logement, a vu le niveau d’endettement gonfler ces dernières années. La dette privée pour les seuls emprunts immobiliers atteint 128% du PIB. La déductibilité des intérêts immobiliers devrait faire l’objet d’une réforme urgente, à laquelle s’oppose, pour des raisons électorales, le parti de Geert Wilders.

    En baisse relative dans les sondages, les populistes de droite n’auraient plus que 19 députés (contre 24 sur 150 actuellement) si des législatives se tenaient aujourd’hui, selon un sondage Maurice de Hond. Mais Wilders a plus d’un tour dans son sac. D’ici l’organisation des prochaines législatives, sans doute à l’automne, il va battre campagne, à la tête d’un parti qui s’est imposé en 2010 comme la troisième formation du pays.

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