ESPAGNE - 
Article publié le : vendredi 27 avril 2012 à 16:13 - Dernière modification le : vendredi 27 avril 2012 à 16:13

Crise de la dette : l’Espagne sous pression après la sanction de Standard & Poor's

Le Premier ministre Mariano Rajoy a fustigé la décision de Standard & Poor's qui n'a pas pris en considération, selon lui, les dernières mesures d'austérité mises en place en décembre dernier.
Le Premier ministre Mariano Rajoy a fustigé la décision de Standard & Poor's qui n'a pas pris en considération, selon lui, les dernières mesures d'austérité mises en place en décembre dernier.
REUTERS/Jon Nazca

Par Myriam Berber

En Europe, la récession continue de faire des dégâts. Pour la deuxième fois depuis le début de l'année, l’agence de notation Standard & Poor’s dégrade de deux crans la note souveraine de l’Espagne. La réaction des marchés ne s'est pas fait attendre. Les Bourses européennes étaient en net recul ce vendredi.

La sanction est tombée dans la soirée du jeudi 26 avril 2012. L’Espagne s’enfonce davantage dans la crise, le pays chute de la catégorie « A » à celle de « BBB+ ». Sans compter que le pays n’est pas à l’abri d’une nouvelle dégradation puisque la note est assortie d’une perspective négative. Résultat ce vendredi matin, les taux d’emprunt espagnols ont enregistré une forte hausse, ceux à dix ans se rapprochant ainsi du seuil des 6%.

Les experts de Standard & Poor’s estiment que la quatrième économie de la zone euro aura du mal à atteindre ses objectifs budgétaires. A savoir ramener en 2013 son déficit à 3% du produit intérieur brut (PIB) contre 8,5 % en 2011.

C’est toujours le secteur bancaire qui inquiète l’agence. Le gouvernement conservateur espagnol pourrait, en effet, être contraint de renflouer à nouveau ses banques qui continuent de payer l’éclatement de la bulle immobilière en 2008. De son côté, le Premier ministre Mariano Rajoy a fustigé la décision de l'agence qui n'a pas pris en considération les dernières mesures d'austérité mises en place en décembre dernier.

Un chômage record

Autres éléments d'inquiétude : l’inflation qui est repartie à la hausse en avril à 2% sur un an, selon les dernières estimations de l’Institut national des statistiques. La faute à l’augmentation des prix de l’électricité et du tabac. Et surtout le chômage qui continue de progresser. Près de 5,7 millions de personnes sont à la recherche d'un emploi. Soit un taux de chômage de près de 24,5%, son plus haut niveau historique. Les plus touchés sont les jeunes pour qui le taux de chômage s'élève à 52%.

Pour les syndicats espagnols, cette situation découle directement de la politique engagée par le gouvernement de Mariano Rajoy, dont l'objectif numéro un est la réduction des déficits. C'est ce qu'explique Pamela Lopez, en charge des questions d'emploi au sein de Comisiones Obreras, le principal syndicat espagnol : « c'est la conséquence de la politique de rigueur menée par le gouvernement et aussi de l'absence de soutien à l'économie. Il y a une mobilisation sociale très importante en Espagne, de collectifs et de syndicats qui s'opposent à cette politique de rigueur. Ils estiment qu'une alternative est possible et que le gouvernement se trompe », rapporte-t-elle.

Une stratégie peu efficace

Un constat partagé par l’agence américaine Standard & Poor’s qui critique implicitement la gestion de la crise de la dette par le gouvernement conservateur espagnol. Mariano Rajoy a, certes, mis en place des mesures pour réduire les dépenses publiques mais celles-ci pénalisent la croissance et réduisent les recettes fiscales attendues.

L’Espagne, comme d’autres pays de la zone euro, est loin d’être sortie d’affaire. Même Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a fait mercredi l’aveu que la politique d’austérité budgétaire est arrivée à ses limites et ne suffira pas à sortir la zone euro de la crise. Il a appelé non seulement à modifier le pacte budgétaire imposé par le couple franco-allemand, mais surtout à établir un pacte de croissance à l’échelle de l’Union européenne.

tags: Crise économique - Espagne - Mariano Rajoy - Union Européenne
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(1) Réaction

Espagne

Ce que ce peuple est en train de subir est inacceptable!!
Attention , au cours de son histoire la nation Espagnole a démontré mille fois qu'elle ne supporte pas la servitude !!Elle ne supportera pas plus la servitude des diktats de la finance internationale que celle des envahisseurs du passé !
Tout ça risque de très mal finir .
Souvent ennemis dans le passé nous sommes aujourd'hui des peuples frères .Comment peut-on se porter au secours de l'Espagne ?

Les deux finalistes de la présidentielle sont étrangement silencieux en matière internationale .Auraient-ils la trouille d'affronter la réalité ?

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