Russie : des milliers de Moscovites ont défilé dans la rue, à l’appel des écrivains
Plusieurs écrivains russes célèbres avaient appelé à une « promenade » dans le centre de Moscou, de la statue de Pouchkine à celle de Griboïedov, autre grand nom de la littérature russe. Les participants à cette marche de près de 2 km en plein centre-ville sont venus montrer leur désaccord, après les centaines d'arrestations d'opposants ces derniers jours dans la capitale.
Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio
Au pied de la statue de Pouchkine, une nuée de lecteurs tentent d’approcher Boris Akounine. L’auteur à succès de romans policiers signe des autographes, tout en expliquant l’enjeu de la promenade dont il est l’un des initiateurs. « On a un mois de mai très étrange, explique-t-il. Soudain, Moscou s'est transformée en une ville policière, où des espèces de Robocops poursuivent les gens sur les boulevards ».
« Respecter le peuple »
« C'est pourquoi, poursuit-il, nous avons décidé avec quelques écrivains de faire cette expérience pour vérifier si l'on pouvait se promener en groupe dans Moscou. Le pouvoir doit comprendre qu'il faut être respectueux avec le peuple. Il ne faut pas le poursuivre avec des matraques. Cela ne donnera rien de bien ».
Un bouquet de fleurs blanches à la main, la romancière Ludmila Oulitskaïa, entourée d'une foule de Moscovites portant des rubans blancs, symbole de la contestation anti-Poutine, arrive près du parc où plusieurs centaines de manifestants campent depuis près d'une semaine. « Ce qui se passe donne l'impression, comme disait Poutine, que la Russie, qui était à genoux, se relève mais dans un sens différent de celui qu'il lui donne », se réjouit-elle. « Parce que ce que l'on voit, c'est, il me semble, la naissance d'une société civile, ce qui est très bien ».
Face à l’affluence, la police, à peine visible, a temporairement fermé la circulation pour laisser passer la marche. Cette ambiance tranche avec les arrestations massives du début de la semaine mais elle n'est sans doute pas du goût de tout le monde. Ces derniers jours, plusieurs proches de Vladimir Poutine ont appelé à prendre des mesures « plus sévères contre les manifestations de l'opposition ».

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(1) Réaction
En démocratie, le droit
En démocratie, le droit d'expression est sacré, mais je ne comprends pas que des intellectuels, qu'ils soient de gauche ou de droite, cherchent par tous les moyens à imposer leurs options minoritaires à toute une société.
Le "système Poutine" est un peu, il est vrai, inquiétant, mais il est politiquement toujours majoritaire.
Les soi-disant réformistes pro-occidentaux - je pense ici à Mr. Yavlinski - qui, dans les années 90 ont failli détruire la Russie pour de bon, ne sont pas assez bêtes pour croire qu'ils pourraient prendre le pouvoir démocratiquement. Ce qu'ils veulent, c'est assauter le pouvoir par n'importe quel moyen. Ça ne peut pas se faire. C'est impossible, chers amis!