Ratko Mladic se montre provocateur au premier jour de son procès à La Haye

Le procès de Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, accusé notamment du massacre de Srebrenica en juillet 1995, s'est ouvert mercredi 16 mai 2012 à La Haye devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Ratko Mladic, appelé aussi « le boucher des Balkans », est accusé de nettoyage ethnique en Bosnie. Il a applaudi les juges à leur arrivée au tribunal, puis il s'est montré agité pendant la lecture de l’acte d’accusation. Pour les survivants et les proches des victimes qui assistaient au procès, Ratko Mladic a eu un comportement provocateur.
Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Béatrice Leveillé
A l’arrivée des juges, ce mercredi16 mai 2012, Ratko Mladic applaudit. Puis, il joue avec ses lunettes, manifeste son agacement par des rictus face à la longue litanie des crimes qui lui sont reprochés. Enfin, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie demande une interruption de séance en pointant son doigt sur sa gorge comme s’il menaçait le tribunal.
La guerre de Bosnie a fait 100 000 morts, pour la plupart croates ou musulmans, mais les chiffres ici servent juste à confirmer qu’il s’agissait bien d'une politique d’épuration ethnique menée par les dirigeants serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic.
Le procureur s’acharne surtout à démontrer l’inhumanité de ces crimes, en adoptant le point de vue d’un jeune garçon qui raconte comment il a échappé à plusieurs massacres. Dans le tribunal, des images du siège de Sarajevo sont diffusées sur des écrans. Des femmes et des enfants tentent d’échapper aux balles des snipers. Dans le cadre feutré du TPIY, ce sont des crimes abominables qui sont évoqués et seuls les survivants mesurent vraiment la monstruosité de l’accusé, qui n’exprime aucun remord.
Un procès qui divise la Bosnie Avec notre correspondant, Jean-Arnault Dérens Une fois de plus, Ratko Mladic a divisé la Bosnie. Alors que la majorité des Serbes du pays continue de considérer l’ancien général comme un héros qui aurait défendu son peuple, les Bosniaques ont regardé la première audience de son procès avec un mélange d’émotion et de colère. Sur toutes les télévisions du pays, les femmes et les mères des victimes ont une fois de plus évoqué leur douleur, tandis que les images du procès, montrant un accusé arrogant et provocateur ont profondément choqué l’opinion. |

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