JUSTICE INTERNATIONALE / BOSNIE / SERBIE - 
Article publié le : mercredi 16 mai 2012 à 19:01 - Dernière modification le : jeudi 17 mai 2012 à 02:10

Ratko Mladic se montre provocateur au premier jour de son procès à La Haye

L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, accusé de nettoyage ethnique en Bosnie, au premier jour de son procès à La Haye, le 16 mai 2012.
L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, accusé de nettoyage ethnique en Bosnie, au premier jour de son procès à La Haye, le 16 mai 2012.
AFP / TPIY

Par RFI

Le procès de Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, accusé notamment du massacre de Srebrenica en juillet 1995, s'est ouvert mercredi 16 mai 2012 à La Haye devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Ratko Mladic, appelé aussi « le boucher des Balkans », est accusé de nettoyage ethnique en Bosnie. Il a applaudi les juges à leur arrivée au tribunal, puis il s'est montré agité pendant la lecture de l’acte d’accusation. Pour les survivants et les proches des victimes qui assistaient au procès, Ratko Mladic a eu un comportement provocateur.

Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Béatrice Leveillé

A l’arrivée des juges, ce mercredi16 mai 2012, Ratko Mladic applaudit. Puis, il joue avec ses lunettes, manifeste son agacement par des rictus face à la longue litanie des crimes qui lui sont reprochés. Enfin, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie demande une interruption de séance en pointant son doigt sur sa gorge comme s’il menaçait le tribunal.

La guerre de Bosnie a fait 100 000 morts, pour la plupart croates ou musulmans, mais les chiffres ici servent juste à confirmer qu’il s’agissait bien d'une politique d’épuration ethnique menée par les dirigeants serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic.

Le procureur s’acharne surtout à démontrer l’inhumanité de ces crimes, en adoptant le point de vue d’un jeune garçon qui raconte comment il a échappé à plusieurs massacres. Dans le tribunal, des images du siège de Sarajevo sont diffusées sur des écrans. Des femmes et des enfants tentent d’échapper aux balles des snipers. Dans le cadre feutré du TPIY, ce sont des crimes abominables qui sont évoqués et seuls les survivants mesurent vraiment la monstruosité de l’accusé, qui n’exprime aucun remord.

Un procès qui divise la Bosnie

Avec notre correspondant, Jean-Arnault Dérens

Une fois de plus, Ratko Mladic a divisé la Bosnie. Alors que la majorité des Serbes du pays continue de considérer l’ancien général comme un héros qui aurait défendu son peuple, les Bosniaques ont regardé la première audience de son procès avec un mélange d’émotion et de colère. Sur toutes les télévisions du pays, les femmes et les mères des victimes ont une fois de plus évoqué leur douleur, tandis que les images du procès, montrant un accusé arrogant et provocateur ont profondément choqué l’opinion.
Directrice d’une association de survivantes, Munira Hadzic souligne pourtant l’importance de ce procès. « Je considère que tous ces procès sont beaucoup trop lents. Il aurait fallu juger beaucoup plus vite, mais il faut que Mladic soit reconnu coupable, qu’il ne meurt pas sans avoir été condamné pour les crimes qu’il a commis. C’est pour cela qu’il aurait fallu agir plus vite », regrette-t-elle.
Les victimes de Srebrenica redoutent en effet que, comme Slobodan Milosevic, Mladic disparaisse sans avoir été jugé. Elles ont donc scruté avec attention l’accusé pour essayer de deviner son état de santé, beaucoup de rumeurs ayant évoqué un Mladic très affaibli et très malade. Paradoxalement, la combativité démontrée par Ratko Mladic les a plutôt rassurées.

tags: Justice internationale - Ratko Mladic - Serbie
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer