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La santé des banques espagnoles toujours au centre des préoccupations européennes
Madrid a levé l'ambiguité : oui, l'Espagne a besoin, d'urgence, de l'aide européenne pour renflouer ses banques, affirme le gouvernement de Mariano Rajoy. Les banques espagnoles sont lestées d'actifs immobiliers toxiques, et le pays n'a pas l'argent pour les recapitaliser. Il y a donc un SOS formulé à l'UE et à l'Allemagne. Mais pas question pour autant pour Madrid de demander une intervention globale pour sa dette. On cherche à éviter l'humiliation.
Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau
Le problème, ce sont les banques espagnoles. Et le problème de ces banques, c’est qu’elles sont infectées d’actifs immobiliers, suite l'explosion de la bulle immobilière en 2007. Les banques et les caisses d’épargne en pâtissent, avec au bas mot 300 milliards d’euros d’actifs toxiques.
Le pire cas : Bankia, quatrième groupe bancaire du pays. L’Espagne n’a pas assez d’argent pour éviter sa faillite. Pour la remettre à flots, elle a besoin de l’argent de l’Europe.
D’autres banques et caisses d’épargnes sont sur la touche, comme Caixa Catalunya ou encore Nova Galicia. L’Espagne a besoin d’argent de l’Europe pour sauver ces banques.
Face à cette situation, pour éviter un plan à la grecque, l’Espagne doit donc rassurer ses partenaires. Jusqu’ici, Madrid jouait au chat et à la souris avec l’Allemagne d’Angela Merkel et avec Bruxelles (voir encadré).
Ces jours-ci, les choses sont beaucoup plus claires. L’Espagne reconnaît enfin qu’il y a urgence pour ses banques, que ses caisses d’épargne sont au bord de la banqueroute, et qu’il faut recapitaliser rapidement. Sinon la prime de risque va de nouveau s’accroître, et les investisseurs vont perdre toute confiance pour acheter de la dette espagnole.
Cette urgence, ce sont les euro-obligations pour le gouvernement Rajoy, des injections massives de capitaux dans le système bancaire espagnol. Madrid a déjà promis 23 milliards d’euros pour Bankia, sa quatrième banque qui a chuté. Mais on sait déjà que cela ne sera pas suffisant. On estime aujourd’hui que les banques espagnoles ont besoin d’une injection de 50 à 100 milliards d’euros, au plus vite, pour éviter la chute.
Les Européens sont par ailleurs ailleurs en contact avec le président américain Barack Obama, qui réclame un plan « immédiat » pour sortir de la crise. L’Espagne est invitée au sommet du G20 dans dix jours au Mexique.
L'Allemagne veut ménager la chèvre espagnole |
Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut Comme souvent en politique, il y a les règles et la pratique. Les règles, c’est que le fonds de secours à l’euro ne peut venir directement en aide à des banques en difficulté. L’Etat concerné doit en faire la demande ce qui le contraint à accepter des mesures d’assainissement drastiques et à perdre une partie de sa souveraineté, voir l’exemple grec dont Madrid ne veut pas entendre parler. L’Allemagne veut donc éviter de mettre l’Espagne sous pression. Et face à la menace, le gouvernement Merkel travaillerait à un compromis permettant à chaque partie de sauver la face et de venir au secours des banques espagnoles. La chancelière allemande a ainsi déclaré jeudi 7 juin qu'elle souhaitait travailler à une « union politique » en Europe, quitte à accepter l'idée d'une Europe à deux vitesses si certains pays bloquent. « Nous avons besoin de plus d'Europe (...) d'une union budgétaire (...) et nous avons besoin avant tout d'une union politique. Nous devons, pas à pas, abandonner des compétences à l'Europe », a-t-elle déclaré dans un entretien à la télévision publique allemande. De l’argent frais serait versé par l’Europe au fonds espagnol de sauvetage des banques, une structure publique et non des sociétés privées ce que rejette Berlin. Madrid pourrait avec cet appel d’air restructurer son secteur bancaire sans se voir imposer des mesures d’assainissement aussi drastiques qu’en Grèce. |

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