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Article publié le : mardi 12 juin 2012 à 07:00 - Dernière modification le : mardi 12 juin 2012 à 10:30

Affaire Karachi : un acteur clé du dossier mis en examen à Genève

Les juges Renaud van Ruymbeke (G) le 22 mai 2007, et Roger Le Loire le 1er octobre 2009, à Paris.
Les juges Renaud van Ruymbeke (G) le 22 mai 2007, et Roger Le Loire le 1er octobre 2009, à Paris.
AFP : JEAN AYISSI / MIGUEL MEDINA

Par RFI

L'homme d'affaires Abdul Rahman el-Assir a été arrêté alors qu'il séjournait dans un hôtel à Genève, en Suisse. Proche du sulfureux Ziad Takieddine, el-Assir a été mis en examen le 30 mai dernier. Il est suspecté d'avoir été l'un des intermédiaires en armement pour le compte du gouvernement Balladur, et était recherché dans l'affaire Karachi. « Il n’y a pas de procédure d’extradition en cours contre lui », a précise lundi 11 juin 2012 une porte-parole du parquet de Genève.

Abdul Rahman el-Assir est la personnalité au centre du volet financier de l'affaire Karachi. C'est du moins ce que pensent les juges Van Ruymbeke et Le Loire, en charge de ce dossier. 

L'histoire se passe en 1994. Le gouvernement d'Edouard Balladur est en passe de signer deux très gros contrats d'armement, l'un avec le Pakistan, l'autre avec l'Arabie Saoudite. Alors que les marchés sont sur le point d'être signés, deux nouveaux intermédiaires font leur apparition. Ce sont deux marchands d'armes : Ziad Takieddine et Abdul Rahman el-Assir. C'est le ministre de la Défense de l'époque qui les aurait imposés.

Pour les juges, les deux hommes auraient touché d'importantes commissions sur ces contrats d'armement. Une partie de cet argent aurait ensuite été détournée pour revenir, en fin de circuit, dans les poches d'hommes politiques français. Ces sommes auraient au final servi à financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

Ziad Takieddine a été entendu à plusieurs reprises sur ce point de l'affaire. A chaque fois, il a mis en cause Abdul Rahman el-Assir, mais l'homme avait disparu depuis plusieurs années. Maintenant qu'il a été retrouvé, le juge Van Ruymbeke ne compte pas le laisser filer. Il a été mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux et blanchiment aggravé.

tags: France - Justice - Suisse
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