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Législatives en Grèce: un court moment de répit
Les résultats des élections législatives en Grèce, remportées par la droite conservatrice favorable au maintien dans la zone euro, a rassuré momentanément les marchés et les gouvernants de la planète. Mais l’accalmie politique à Athènes, après deux mois d’incertitude depuis que le scrutin du 6 mai n'avait pas dégagé de majorité, risque d’être de courte durée. Les problèmes de la Grèce ne sont pas résolus, ceux de la dette en zone euro non plus. De son côté, l’UE maintient sa pression afin que le pays engage les réformes nécessaires à son redressement.
Les marchés financiers ont favorablement accueilli, lundi 18 juin, les résultats des législatives en Grèce et le lancement de la procédure de constitution d’un gouvernement d’union nationale. Les Bourses ont brièvement remonté, mais pour retomber ensuite dans l’attente de réponses plus globales à la crise de la dette. Les électeurs grecs ont signifié qu’ils souhaitaient conserver leur place dans la zone euro, quitte pour cela à accepter la cure d’austérité qui leur est imposée par l’Union européenne et le FMI (Fonds monétaire international). Cette volonté a été saluée par les dirigeants de la planète, et notamment par les membres du G20 réunis au Mexique pour deux jours.
Ceci posé, tout reste à faire. L’incertitude qui régnait en Grèce depuis deux mois a entraîné la suspension du versement de 2,6 milliards d’euros d’aide, le PIB est en chute libre, le chômage atteint 22,6% de la population active, les Grecs retirent leur argent des banques et les caisses publiques devraient être vides d’ici la mi-juillet. Les Européens sont prêts à reprendre rapidement leur aide à la Grèce, dès qu’un gouvernement aura repris les rênes, mais les engagements pris par Athènes ne devraient guère connaître de relâchement.
Faibles marges de manœuvre
Les exigences des bailleurs de fonds internationaux quant à l’application du plan d’austérité sont maintenues même si les Européens semblent disposés à certains assouplissements. Et encore : les Allemands continuent de souffler le chaud et le froid. A la bienveillance affichée par le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, évoquant la possibilité d’accorder des délais à la Grèce, s’opposent d’autres voix qui, à Berlin, estiment qu’octroyer à la Grèce une marge de manœuvre ou un délai dans ses engagements n’est pas à l’ordre du jour.
Alors que l’Union européenne maintient sa pression sur la Grèce afin qu’elle engage les réformes nécessaires à son redressement, l’Europe est elle-même sous la pression du G20 qui l’incite à mettre un terme, au plus tôt, à la crise de la dette en zone euro. Réunis à Los Cabos, au Mexique, les membres du groupe des pays les plus industrialisés et émergents vont mettre la crise européenne au centre de leurs discussions. En effet, les difficultés de la zone euro pèsent lourdement sur les économies mondiales et nuisent à la relance de la croissance que tous appellent de leurs vœux.
L’Allemagne sollicitée
Une fois la perspective d’éclatement de la zone euro écartée, l’Union européenne est fermement invitée par ses partenaires à prendre les dispositions nécessaires pour renforcer la stabilité de son système financier. Outre la Grèce, l’inquiétude demeure sur l’Espagne et l’Italie. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, invite la zone euro à réformer rapidement son fonctionnement. Et, de ce point de vue, l’Allemagne est pressée d’assouplir des positions jugées trop inflexibles sur l’orthodoxie financière et pas assez tournées vers la croissance.
Dans les rues d’Athènes, les citoyens grecs espèrent la fin de la crise Avec notre envoyée spéciale à Athènes, Heike Schmidt Les tractations pour former un gouvernement ont déjà commencé. C’est au gagnant, Antonis Samaras, avec son parti conservateur Nouvelle démocratie, de trouver des alliés. Il n'a que trois jours pour réussir et devrait négocier avec au moins les socialistes du Pasok et le petit parti de la gauche démocratique (Dimar). Un gouvernement d’union nationale capable de rendre la pilule de l’austérité un peu moins amère – c’est le souhait de Yiannis Mimis : « J’attends un gouvernement avec tous les partis parce que je crois que c’est cela qui protégerait le plus le peuple grec. Les gouvernements européens de droite, qui mettaient les Grecs sous pression, ont compris leur erreur. Et si nous les Grecs nous avions un gouvernement d’union, alors nous pourrions mieux renégocier les conditions des prêts ». Selon cet employé, l’austérité seule n’est pas le bon remède pour guérir l’économie grecque, malade et à bout de souffle. Il faudrait aussi des réformes de fond : « D’abord, il faut chasser les fraudeurs qui ne paient pas leurs impôts. Puis mettre un terme aux professions fermées. Il faut aussi réduire la fonction publique. » Ces mêmes réformes sont exigées depuis deux ans par les créanciers internationaux. Mais les hommes politiques grecs n’ont pas encore réussi à les appliquer d’une manière efficace. |

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