Grèce / Législatives - 
Article publié le : lundi 18 juin 2012 à 09:02 - Dernière modification le : lundi 18 juin 2012 à 13:07

Après les législatives, quel gouvernement pour la Grèce?

Le leader de Nouvelle démocratie Antonis Samars, (au centre) va être reçu aujourd'hui par le président de la République pour entamer les discussions sur la formation d'un gouvernement.
Le leader de Nouvelle démocratie Antonis Samars, (au centre) va être reçu aujourd'hui par le président de la République pour entamer les discussions sur la formation d'un gouvernement.
REUTERS/John Kolesidis

Par RFI

C'est finalement la droite de Nouvelle démocratie qui a emporté les législatives avec près de 30 % des suffrages face à la gauche radicale de Syriza, avec près de 27 % des voix. Un résultat accueilli avec soulagement par les dirigeants européens. Car même s'il prône une « renégociation » du plan de rigueur imposé à la Grèce, Antonis Samaras, le chef de Nouvelle démocratie, ne rejette pas ce plan, comme le fait la gauche radicale. Personne n'ayant la majorité absolue, c'est donc la droite qui est aux manettes, c'est à elle former un gouvernement d'union nationale. Les tractations commencent dès aujourd'hui.

Avec notre correspondante à Athènes, Amélie Poinssot

Le président de la République doit recevoir aujourd'hui, suivant la procédure, le leader du parti arrivé en tête du scrutin, Antonis Samaras, afin de démarrer les discussions. Samaras a en fait appelé dès hier soir à un accord avec les socialistes du Pasok et le petit parti Gauche démocratique. A eux trois, ils totaliseraient une majorité de 166 sièges sur 300. Mais il n'est pas sûr, pour l'instant, que les partenaires en question acceptent. Lors des précédentes élections, le 6 mai, ces tractations avaient précisément échoué car chaque parti posait ses conditions, incompatibles avec celles des autres.

Cette fois-ci, la pression européenne est beaucoup plus grande, et on sent bien que Samaras est déterminé à former un gouvernement « de salut national » : « Il n'y a pas de temps à perdre », a-t-il dit hier soir. Mais juste avant lui, Evangélos Vénizélos, le leader des socialistes, a déclaré qu'il ne participerait pas au gouvernement sans la gauche radicale de Syriza. Ce qui peut sembler paradoxal, tant le Pasok a dénigré Syriza. Mais le Parti socialiste veut désormais éviter de trop s'exposer : il a fait hier le score le plus bas de toute son histoire. Ceci dit, Alexis Tsipras, le leader de Syriza, a exclu toute collaboration avec Samaras et Venizélos, et il a d'ores et déjà promis une opposition active.

Les résultats grecs semblent soulager les Européens

Avec notre bureau de Bruxelles

Pour résumer la pensée des milieux européens, on peut dire que ce lundi 18 juin on est passé tout à côté d’une catastrophe aux conséquences évidemment lourdement néfastes pour la Grèce et pour ses partenaires; et que l’on se retrouve avec sur les bras les difficultés majeures économiques et institutionnelles de la Grèce auxquelles on était déjà confronté. C'est en quelque sorte un retour à la case départ.

Antonis Samaras, par sa victoire et par la perspective d’une coalition tripartite favorable au respect des engagements internationaux de la Grèce, rassure. Il rassure non seulement les dirigeants de la zone euro, mais aussi bien au-delà comme le montrent les réactions du G20, du Fonds monétaire international (FMI) et des experts de la finance mondialisée.

Même à Berlin, où on a jusqu’ici brandi le bâton, on fait mine ce lundi de tendre un sucre d’orge aux Grecs, l’idée étant de maintenir les objectifs d’assainissement des finances publiques tout en allongeant la durée impartie pour y parvenir, comme naguère pour l’Espagne, et sans doute aussi d’atténuer le taux d’intérêt imposé aux Grecs pour prix de l’aide internationale. Après l’avalanche de communiqués officiels de félicitations et d’encouragements, les experts de la troïka - Commission européenne, Banque centrale européenne, et FMI - vont reprendre leur place dans les  ministères et poursuivre leur chasse au dysfonctionnement et leur patiente construction d’un ensemble institutionnel à peu près efficace. Il s’agit tout simplement de faire rentrer l’impôt et d’assurer le redémarrage et la viabilité des services publics, qu’il s’agisse des chemins de fer paralysés par leur endettement ou de l’électricité en grande partie importée au prix fort.

La première priorité, c’est la Grèce avant même l’Europe car, enfin, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne devraient formaliser la perspective d’un assouplissement de la rigueur imposée à la Grèce lors de leur prochain sommet, dans dix jours.

 

tags: Crise économique - Grèce - Union Européenne - Zone euro
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