Crise grecque - 
Article publié le : mardi 19 juin 2012 à 09:04 - Dernière modification le : mardi 19 juin 2012 à 11:50

La Grèce tente de former son gouvernement de salut national

Le chef de la droite conservatrice, Antonis Samaras, et le dirigeant du Pasok, Evangélos Vénizélos, lundi 18 juin au Parlement, à Athènes.
Le chef de la droite conservatrice, Antonis Samaras, et le dirigeant du Pasok, Evangélos Vénizélos, lundi 18 juin au Parlement, à Athènes.
REUTERS/Petros Giannakouris/Pool

Par RFI

Au G20, à Los Cabos au Mexique, il n'y a pas de franche camaraderie entre les dirigeants de la zone euro. Des divisions révélées notamment par le dilemme en Grèce où l'on se demande s'il faut aller vers toujours plus d'austérité, au risque de s'attirer les foudres du peuple et de priver le pays de ressources indispensables. Le blocage persiste donc au niveau politique. Lundi 18 juin, la droite l'a emporté lors des législatives. Et le pays devrait enfin se doter d'un gouvernement, ce mardi.

Avec notre envoyée spéciale à Athènes, Heike Schmidt

La droite conservatrice et la gauche socialiste sont tout à fait en mesure de former un gouvernement de salut national, mais les calculs mathématiques sont une chose et la politique grecque en est une autre.

Petros Linardos

Economiste et sociologue grec, proche du milieu syndical

L'opposition n'est pas contre l'Europe mais contre l'austérité imposée à la Grèce

 

19/06/2012 par Heike Schmidt

Le parti Nouvelle démocratie, qui a gagné d’une courte tête les élections, appelle de ses vœux à une coalition avec les socialistes, arrivés en troisième position. Le patron du Pasok, le parti socialiste grec, Evangelos Vénizélos, est d’accord avec Antonis Samaras, le chef de la droite, sur la nécessité de former ce gouvernement immédiatement mais il ne veut pas y aller seul. Il réclame donc qu’au moins quatre forces politiques participent à ce nouveau gouvernement, c’est-à-dire le Pasok, Nouvelle démocratie, la Gauche démocratique Dimar et la gauche radicale Syriza.

Mais Syriza ne veut pas être de la partie et n’a aucune intention de rejoindre une coalition qui serait obligée de demander davantage de sacrifices au peuple grec. Le problème, c’est que le pays a absolument besoin de l’aide de ses créanciers. Et si ces transferts étaient stoppés, au plus tard en juillet, l’Etat aurait du mal à payer ses fonctionnaires et les pensions des retraités.

Pour éviter la banqueroute donc, le temps presse. Mais pour l’heure, les dirigeants grecs semblent encore très occupés par les tractations politiques.

La rue grecque reste sceptique et inquiète

Le vote pour les partis pro-rigueur a calmé la nervosité des marchés financiers, mais pas celle de Lazarios, chauffeur de bus qui peine à joindre les deux bouts : « Je ne me sens pas plus en sécurité aujourd’hui qu’hier. C’est même pire ! La question est de savoir dans quelles conditions nous allons rester dans la zone euro. Si c’est pour déduire chaque mois 100 ou 200 euros de mon salaire, quel est pour moi l’intérêt de la zone euro ? Lorsque je ne peux pas acheter du lait pour mon enfant, qu’est-ce qu’elle m’apporte la zone euro ? »

Un peu plus bas dans la même rue, le commerçant Savas, lui, se montre satisfait que l’épée de Damoclès qui pesait sur le destin européen de la Grèce, s’éloigne, en tout cas pour le moment : « Evidemment que nous devons rester dans l’Europe et dans la zone euro, en espérant que les choses iront mieux. La situation est grave. On doit retrouver de la croissance, des emplois. Il faut que l’endettement des foyers grecs, mais aussi la dette publique diminue. C’est la raison pour laquelle nos partenaires étalent le remboursement de la dette pour qu’on ait enfin une politique de croissance ».

tags: Crise économique - G20 - Grèce - Mexique - Union africaine - Zone euro
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