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Turquie: première audience agitée au procès d'opposants kurdes accusés d'appartenance au PKK

Le procès de 205 opposants kurdes accusés d'appartenance à la branche urbaine de l'organisation rebelle kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a débuté de façon mouvementée lundi dans un tribunal de la banlieue d'Istanbul. Parmi les suspects, dont 140 sont en détention préventive, figurent de nombreux membres de la principale formation politique kurde en Turquie, le Parti pour la paix et la démocratie (BDP), mais aussi une universitaire de renom, Busra Ersanli, et un éditeur contestataire, Ragip Zarakoglu.
Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion
Une première audience houleuse, comme c’était prévisible, puisque le premier procès du KCK, Union des communautés du Kurdistan, censée être la branche civile de la rébellion kurde du PKK, avait lui aussi déjà débuté à Diyarbakir sur un bras de fer et une bataille de procédure entre la défense et la cour. C’était il y a plus de 18 mois.
Ici, donc, comme à Diyarbakir, les accusés ont demandé, voire exigé de répondre au juge dans leur langue maternelle, le Kurde, bien sûr non reconnu par le tribunal. S’en est suivi un concert de slogans et un premier avertissement du président du tribunal.
Puis, les avocats de la défense ont réclamé que ce tribunal soit dessaisi au profit de la Cour constitutionnelle au motif que sont jugées essentiellement des activités organisées par le Parti de la paix et de la démocratie, une formation parlementaire. Nouveau refus.
Enfin, les demandes de remise en liberté conditionnelle étant refusées jusqu’à la fin de la première phase du procès, dans dix jours, les avocats ont quitté la salle d’audience, soulevant un nouveau concert de protestations et de slogans et l’expulsion de leurs auteurs par la gendarmerie.
Ce n’est que ce mardi 3 juillet que débutera la lecture de l’acte d’accusation, qui devrait durer une bonne semaine, vu son épaisseur.

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