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    Europe

    Quand les seniors se transforment en squatters

    media

    A Berlin, des retraités n’ont pas hésité depuis le début du mois à faire de la concurrence au mouvement Occupy. Plusieurs dizaines de personnes protestent contre la fermeture d’un centre de rencontres et occupent nuit et jour le bâtiment, profitant de l’intérêt des médias et d’une vague de solidarité.

    De notre correspondant à Berlin,

    La « Stille Strasse » - en français « rue calme » - dans le quartier résidentiel de Pankow ne mérite actuellement pas tout à fait son nom. Des banderolles artisanales annoncent la couleur sur le trottoir : « Ce bâtiment est occupé ».  Les squatters qui ont pris leurs quartiers dans cette villa n’ont rien de révolutionnaires sur le tard. Ils protestent contre la décision de l’arrondissement aux caisses défaillantes de vendre la villa, les coûts de sa modernisation – au moins deux millions d’euros - étant trop élevés.

    Cette villa où le dernier patron de la police secrète est-allemande, la Stasi, Erich Mielke a habité comme d’autres pontes du régime communiste dans le quartier abrite depuis quatorze ans un centre de rencontres pour seniors. 300 retraités de l’arrondissement s’y rendent pour trouver de la compagnie et participer à de nombreuses activités (échec, gymnastique, cours de langue, de peinture).

    « Changer la face du monde »

    Les squatters au profil inédit refusent la fermeture de la villa et la proposition de l’arrondissement de répartir les activités dans différentes institutions du quartier. Ils ont décidé de passer à l’acte et par une action des plus médiatiques d’alerter l’opinion publique.

    Les plus âgés approchent les 90 ans. Ils ont beau dans l’ensemble être en forme, dormir sur des sacs de couchage ou des literies improvisées n’est pas du plus grand confort. La villa n’a pas d’eau chaude actuellement.

    Mais cette action n’est pas passée inaperçue. L’âge des squatters et leur dynamisme leur vaut une bonne couverture médiatique. La porte-parole donne des interviews à longueur de journée. Des hommes politiques solidaires viennent se montrer.

    Des voisins apportent de la nourriture ; des ados ont même amené des gâteaux qu’ils avaient fait eux-mêmes ; un restaurateur a livré des repas. Certains ont proposé de fournir de l’eau ou de l’électricité si elles devaient être coupées. Dans le « livre d’or », un visiteur a écrit une citation de l’écrivain Erich Fried : « Si beaucoup de petites gens font beaucoup de petites choses à beaucoup de petits endroits, ils peuvent changer la face du monde ».

    Les responsables de l’arrondissement dirigé par la gauche marchent sur des oeufs. Ils savent qu’ils ne se rendraient pas populaires en expulsant des personnes âgées, a fortiori des retraités bénéficiant du soutien de la population. La situation pourrait donc durer. Elle témoigne en tout cas, dans un pays vieillissant, d’une tendance de fond favorable à l’engagement des plus âgés dans la vie sociale.

    Dans ce quartier plutôt privilégié, ces retraités bien conservés, souvent diplômés, soutiennent des pétitions et protestent activement par exemple ces derniers temps contre les nuisances sonores du futur aéroport international de Berlin. Les responsables de l’arrondissement le reconnaissent : « les seniors sont une force de poids avec laquelle il faut compter ».

    Chronologie et chiffres clés
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