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    Europe

    La Russie entre à l'OMC

    media Le secrétaire général de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) Pascal Lamy discute avec le président russe Dmitry Medvedev los du sommet du G20 à Cannes le 3 novembre 2011. REUTERS/Dylan Martinez

    Dans quelques semaines, la Russie sera membre à part entière de l’OMC. Les députés examinent ce mardi 10 juillet le protocole d'adhésion à l'Organisation mondiale du Commerce. C’est l’épilogue d’une très longue histoire.

    De notre correspondante à Moscou

    Il aura fallu 18 années de délicates négociations pour en arriver là. La Russie était la dernière grande puissance à ne pas être intégrée à l'OMC. Plus de dix ans après la Chine, qui avait rejoint l’organisation fin 2001, après quinze années d’efforts, la Russie s’apprête donc à entrer à l’OMC, mais elle n’a pas toujours affiché une ferme volonté de faire partie du club.

    « Jusqu'au début des années 2000, la Russie voulait sincèrement rejoindre l'OMC, mais les anciens membres n'étaient pas très pressés de l'accueillir, raconte Dmitri Kouvaline, docteur en Economie, à l’Académie des sciences à Moscou. A la fin des années 1990, la Russie a connu une phase de croissance économique et au début des années 2000, il est devenu clair que la Russie se développait assez rapidement sans l'OMC. C'est là qu'en Russie, on a commencé à se demander dans quelles conditions on devait entrer à l'OMC. Et à partir de là, c'est plutôt du côté russe que l’on a ralenti le processus d'adhésion. Malgré tout, le personnage clé en Russie, le président Poutine, a toujours soutenu l'entrée de la Russie à l'OMC et visiblement c'est ce qui a fait que les négociations ont abouti », explique Dmitri Kouvaline.

    « On a décidé qu'être à l'OMC était prestigieux »

    C’est en décembre 2011 que la Russie a obtenu le feu vert des 153 pays membres de l'Organisation mondiale du commerce. Depuis la guerre d’août 2008, la Géorgie bloquait les négociations de son grand voisin, mais une médiation suisse a fini par lever les réticences de Tbilissi. La Russie a fait plusieurs concessions, en acceptant d’abaisser le seuil de ses tarifs douaniers à l’importation et en limitant puis réduisant ses subventions agricoles. Un empressement que dénoncent plusieurs députés de l’opposition, à l’instar de Mikhail Emelianov, l’un des porte-drapeaux des anti-OMC. « On a décidé qu'être à l'OMC était prestigieux », s’emporte le député de Russie Juste. « On voulait y entrer avant l'élection présidentielle. Je pense que les négociateurs ont subi une forte pression, mais on a mis nos intérêts économiques de côté, parce qu’on n'y gagne rien. On aurait pu entrer dans l'OMC si l'on avait eu une industrie forte, comme la Chine. Mais ça n'est pas le cas, malheureusement nous n'avons rien à proposer aux marchés mondiaux », analyse Mikhail Emelianov.

    A l’inverse, les autorités russes estiment qu’elles ont à gagner de cette adhésion. L’image du pays, en premier lieu, pourrait en sortir renforcée : la Russie accède enfin à ce club à la porte duquel elle a si longtemps frappé.

    Les agences d'analyse économique, pour leur part, estiment que l'adhésion à l'OMC permettra à la Russie d'améliorer son climat des affaires, notamment dans le secteur bancaire et donnera à l’industrie l’impulsion nécessaire pour se moderniser. Les secteurs qui devraient tirer des bénéfices de l’entrée à l’OMC comptent les industries métallurgiques et chimiques, tandis que les perdants devraient être les constructeurs automobiles, les agriculteurs et les fabricants de machines agricoles.

    La crainte des producteurs...

    A une centaine de kilomètres de Moscou, à Kolomna, l’entreprise Kolnag fabrique des machines outils pour les cultures de pommes de terre ou l’arrachage des carottes. Le groupe emploie 200 personnes, mais le directeur, Serguei Toubolev redoute de devoir se séparer de plusieurs employés, une fois que son pays se conformera aux règles de l’OMC. Son principal concurrent, une entreprise allemande, sera alors mieux armée pour conquérir le marché russe, une fois que les barrières douanières auront été levées : « notre concurrent est dix, vingt fois plus grand que nous. Il bénéficie de financements occidentaux, de facilités de crédit », raconte Serguei Toubolev dans son usine aux murs décrépits, dont il a récemment refait la toiture. « L’entreprise allemande a des instruments pour agir sur le marché russe : elle peut jouer avec les prix, elle peut soutenir les agriculteurs en leur donnant la possibilité d'essayer ses machines, en leur facilitant les conditions d'achat. Jusqu’à maintenant, les effets étaient atténués grâce aux droits de douane, mais une fois que la Russie sera entrée à l’OMC, ces barrières tomberont et tous les outils financiers à disposition des grandes entreprises allemandes, s’abattront sur nous. S'ils ont besoin de ce marché, ils nous écraserons », pronostique le chef d’entreprise, qui affirme d’ores et déjà en ressentir les premiers effets : il a du réduire sa production de 20% ces derniers mois et les banques sont de plus en plus réticentes à lui accorder des prêts.

    Ces craintes sont partagées par bon nombre de producteurs russes, qui redoutent de se voir laminés par la concurrence étrangère. Konstantin Babkine, président de l'association Rossagromach, qui regroupe les fabricants de machines agricoles, est l’un des porte-voix des opposants à l'adhésion à l’OMC. Il estime que le pays « va perdre des millions d'emplois dans l'agriculture, la fermeture de milliers d’entreprises et pronostique la mort de nombreux villages. Si la Russie importe aujourd’hui 40% de produits alimentaires, demain, elle en importera 60-70% », estime Konstantin Babkine.

    ... et la prudence des économistes

    Face à ces craintes, exprimées par certains industriels, 131 députés de l’opposition avaient saisi la Cour constitutionnelle pour tenter de faire invalider le protocole d’adhésion, mais celle-ci a estimé, dans son arrêt rendu lundi 9 juillet, que le document avait été signé (...) en application d'une procédure qui ne contredit pas les principes constitutionnels de l'Etat. La voie est donc libre pour l’adhésion.

    Les économistes restent très prudents sur les conséquences à attendre de cette adhésion. Selon Dmitri Kouvaline, qui mène régulièrement des études sur le sujet, il y aura sans doute des effets négatifs dans certains secteurs, que l’Etat devra aider, mais globalement, l’économiste ne s’attend pas à des bouleversements. « La Russie va sans doute perdre un peu avec l'entrée dans l'OMC, mais c'est vraiment insignifiant, estime-t-il. On arrive dans nos enquêtes à moins d'1% du produit intérieur brut ».

    Après l’adoption par les deux chambres du Parlement russe, le protocole d’adhésion doit être promulgué par le président Vladimir Poutine avant le 23 juillet. 

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