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Article publié le : mardi 24 juillet 2012 à 10:06 - Dernière modification le : mardi 24 juillet 2012 à 10:32

Dette : Moody's cible l'Allemagne

Moody's a annoncé la note de l'Allemagne principal pays pourvoyeur de fonds dans la zone euro.
Moody's a annoncé la note de l'Allemagne principal pays pourvoyeur de fonds dans la zone euro.
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Par RFI

L'agence de notation financière Moody's a annoncé lundi 23 juillet qu'elle remettait en cause le triple A de l'Allemagne, affublée d'une perspective négative, tout comme le Luxembourg, et les Pays-Bas. Malgré cela, les marchés boursiers européens ont ouvert à l'équilibre ce mardi, après une forte chute lundi due à la situation économique et Espagne et en Grèce.

L’agence Moody’s n’exclut plus de retirer à l’Allemagne, première économie européenne, le fameux triple A reflétant sa solidité financière, et ce en raison de l’incertitude croissante qui entoure la crise de la dette en zone euro.

Dans un communiqué publié lundi, Moody’s a donc annoncé qu’elle abaissait de « stable » à « négative » la perspective de l’Allemagne, mais également celles des Pays-Bas et du Luxembourg. L’Allemagne a aussitôt affirmé qu’elle restera bien le pilier de la zone euro (lire encadré).

Les régions espagnoles au bord de l'asphyxie

Malgré cette décision, les marchés européens, d'habitude si sensibles à ce genre d'annonce, ont réagi calmement à leur ouverture ce mardi. La veille, ils avaient connu une forte dégringolade en cours de séance, terrorisés par les cas espagnol et grec.

Il n’y a d'ailleurs pas que les banques espagnoles qui sont en grande difficulté. Les régions sont aussi très endettées. La Catalogne, par exemple, affiche un endettement de 42 milliards d’euros, 16 milliards pour la région de Madrid ou encore 20 milliards pour la Castille. Une situation intenable avec, en plus, des taux de refinancement qui ont largement dépassé la barre des 7%.

Mais les autorités espagnoles refusent toujours d’envisager un sauvetage global. « Le pays a une capacité de croissance », affirmait encore ce lundi le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, qui rejette la responsabilité de cette nouvelle crise sur le « comportement irrationnel des marchés ».

De son côté, l’Union européenne n’est sans doute pas très pressée d’envisager une intervention qui pourra aller bien au-delà de ses capacités financières et même de celles du Fonds monétaire international (FMI).

De notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

« L’Allemagne va continuer d’exercer grâce à une politique économique et financière solide son rôle d’ancre de stabilité dans la zone euro. » Dans un communiqué lundi soir, Berlin a affiché sa sérénité. Le ministère des Finances allemand reproche à Moody’s de surestimer les risques à court terme et de négliger les mesures prises pour stabiliser à moyen terme la zone euro.

L’agence de notation s’inquiète du fardeau que signifierait pour les pays les plus solides des aides supplémentaires à leurs voisins en difficulté. L’Allemagne, première puissance européenne, est aussi le premier contributeur de ces programmes.

Malgré la sérénité affichée par Berlin, la décision de Moody’s va donner du grain à moudre à ceux qui, en Allemagne, voit d’un œil critique les aides toujours plus importantes aux pays en difficulté de la zone euro. Plusieurs responsables politiques conservateurs s’opposent à toute aide supplémentaire pour la Grèce ou demandent la sortie du pays de la zone des 17. Une sortie qui, selon un expert, coûterait 80 milliards d’euros à l’Allemagne et n’arrangerait pas la notation du pays.

tags: Allemagne - Crise économique - Espagne - FMI - Grèce - Luxembourg - Pays-Bas - Union Européenne
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