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    Europe

    Pays-Bas: l'Europe au coeur des législatives

    media Panneaux électoraux devant le Parlement, à La Haye, le 11 septembre 2012. REUTERS/Michael Kooren

    Deux questions se sont posées durant toute la campagne des législatives du 12 septembre. Faut-il que la Grèce quitte la zone euro ? A défaut, les Pays-Bas doivent-ils eux-mêmes claquer la porte ? Réponse des principaux partis en lice, libéral et travailliste : ni l’un ni l’autre.

    L’Europe, nouvelle bête noire des Néerlandais, remplace désormais l’islam et les immigrés. Au lieu de parler d’intégration, de foulard islamique ou de menace salafiste, comme avant les législatives de 2006 et de 2010, les partis néerlandais se démarquent aujourd’hui les uns des autres sur la gestion de la crise de la zone euro.

    « Assez, c’est assez ! », martèle Mark Rutte, 45 ans, chef du parti libéral (VVD) et Premier ministre sortant, donné comme favori par les sondages. Pas question pour lui de renflouer la Grèce une troisième fois. Seul problème : il a déjà fait des déclarations opposées aux plans de sauvetage successifs, tout en acceptant à Bruxelles les décisions inverses, prises par le couple franco-allemand.

    Au coude à coude avec Mark Rutte dans les sondages, Diederik Samsom, 41 ans, chef du parti travailliste (PVDA), estime que ce « n’est pas une option » de voir la Grèce quitter le marché commun.

    Plus à gauche, Emile Roemer, le candidat du Parti socialiste (SP), qui devrait faire une percée, a fait clairement campagne contre les diktats de Bruxelles. « Payer une amende absurde pour dépassement de la norme européenne de 3% de déficit budgétaire ? Over my dead body ! » (« plutôt mourir »), a-t-il notamment déclaré à la mi-août, s’attirant une volée de critiques des autres partis, qui l’ont jugé « irresponsable ».

    Bataille de chiffres

    Alors que les libéraux promettent de poursuivre une cure d’austérité et de créer 500 000 emplois, le Parti socialiste préconise au contraire d’investir trois milliards d’euros dans la construction pour relancer la croissance. Les travaillistes, plus prudents, veulent arrêter la cure d’austérité menée par les libéraux, protéger l’emploi et préserver les acquis sociaux.

    La campagne s’est traduite par une bataille de chiffres, lancée par les populistes de droite de Geert Wilders, qui ont fait tomber la coalition sortante en février, en raison d’un désaccord sur de nouvelles mesures d’austérité. Le Parti de la liberté (PVV) de Wilders a fait évaluer par un cabinet d’études britannique, Lombard Street Research, ce que coûterait aux Pays-Bas leur propre sortie de la zone euro.

    Bilan : 90 milliards d’euros. De son côté, la banque ING a publié le 5 septembre ses propres estimations du coût pour les Pays-Bas d’une sortie de la Grèce de la zone euro. Résultat : 22 milliards d’euros. Un « montant gérable » selon la banque. Mais en cas d’effet domino, avec un départ en chaîne de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie et de l’Irlande, le risque financier encouru par les Pays-Bas s’élèverait à 339 milliards d’euros…

    Une politique étrangère peu ambitieuse

    Le tiers des patrons néerlandais rêvent d’une zone « neuro » limitée aux pays d’Europe du Nord, et seulement la moitié croit encore à l’UE telle qu’elle est. C’est le résultat d’une enquête publiée le 3 septembre par le site d’informations économiques Z24, qui a sondé 500 chefs d’entreprise. Les Pays-Bas, qui disposent de l’une des économies les plus compétitives d’Europe, réputée pour son ouverture sur le monde extérieur, ne cessent de se replier sur eux-mêmes.

    Plusieurs voix se sont d’ailleurs élevées, pendant la campagne, pour s’inquiéter des faiblesses de la politique extérieure du royaume, au-delà des frontières européennes. Les budgets ont été revus à la baisse, ces deux dernières années, aussi bien pour les représentations diplomatiques que l’aide publique au développement.

    Dans le quotidien Trouw, le 10 septembre, Rob de Wijk, directeur du Centre d’études stratégiques (HCSS), a notamment plaidé pour une diplomatie plus ambitieuse : « Sous prétexte de flexibilité et d’efficacité, le gouvernement libéral ferme des ambassades comme à Lusaka, où KLM a justement ouvert une nouvelle ligne parce que la Zambie se développe. En Tanzanie, un pays en essor, les Pays-Bas dégradent leur ambassade en poste économique. Pendant que la Grande-Bretagne et la France resserrent les liens avec leurs anciennes colonies, les Pays-Bas se disputent avec le Surinam et l’Indonésie sur les droits de l’homme et la livraison de matériel militaire d’occasion, alors qu’un lien étroit avec l’Indonésie pourrait être très profitable. »

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