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L’audit des banques espagnoles révèle un besoin de 59,3 milliards d’euros
Les autorités espagnoles ont rendu public, ce vendredi 28 septembre, un audit de 14 banques du pays réalisé de façon indépendante par le cabinet Olivier Wyman. Audit qui servira de base pour chiffrer l'aide de la zone euro. Selon le cabinet américain, les établissements financiers espagnols auront besoin de 59,3 milliards d'euros pour se renflouer.
Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau
On y voit enfin plus clair sur le système bancaire espagnol - un sujet qui inquiète hautement Bruxelles - et sur les remèdes à appliquer pour l’assainir. La conclusion essentiel du rapport du cabinet Olivier Wyman, c'est qu'il y a deux groupes bien distincts, et de tailles comparables : celui des banques solvables, au premier rang desquelles les géants Santander et BBVA, qui n'auront pas besoin d'un seul euro, et le groupe de sept banques très déficitaires qui ont besoin de près de 60 milliards d'euros pour se recapitaliser.
La principale, qui à elle seule va engloutir la moitié de cette somme, c'est Bankia, une fusion des caisses d'épargne contaminées par le grand mal espagnol : des actifs toxiques issus de l'effondrement de l'immobilier.
L'Union européenne a déjà donné son feu vert pour une enveloppe bien supérieure, de 100 milliards d'euros. Reste donc à lancer le mécanisme. Et l’on évoque le début du mois de janvier. Les banques concernées, elles, trépignent d'impatience. Elles ont un besoin urgent de ce capital européen. Mais Madrid a d'ores et déjà prévenu : elle souhaite demander seulement 40 milliards d'euros à ses partenaires européens, le reste de la somme pouvant être trouvé par les banques elles-mêmes.
Le satisfecit de l'Eurogroupe De notre bureau à Bruxelles, Pour les Européens, la confiance dans le secteur bancaire espagnol et sa viabilité, vont sortir renforcer des résultats de l’audit. C’est ce qu’affirme la Commission européenne. Elle prévoit pour novembre une première vague de recapitalisation. L’Eurogroupe, par la voix de son président Jean-Claude Juncker, se dit rassuré que le montant maximum nécessaire soit inférieur de 40% à l’enveloppe globale de 100 milliards d’euros, décidée le 9 juin par les 17 pays de la zone. Une forme d’autosatisfaction pour leur prévoyance, mais aussi une forme de soulagement car avec les résultats de cet audit indépendant, toutes les pièces du puzzle sont désormais en place pour que l’Espagne puisse demander l’aide de ses partenaires européens. Ceci permettra à la Banque centrale européenne d’intervenir sur le marché secondaire, de racheter de la dette espagnole, faisant ainsi baisser le prix du crédit pour l’Espagne. Le président du gouvernement Mariano Rajoy a, par tous les moyens, cherché à éviter de se voir imposer des mesures de rigueur par ses partenaires européens. Entre les réformes annoncées et l’audit des banques, tout paraît désormais en place pour tenter d’obtenir un plan de sauvetage sans contrepartie supplémentaire. |

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