Bidzina Ivanichvili, le milliardaire pourvoyeur du rêve géorgien
Le président géorgien Mikheïl Saakachvili a reconnu sa défaite aux élections législatives ce mardi 2 octobre, et l'opposition clame sa victoire. Son chef, le milliardaire Bidzina Ivanichvili, qui a réussi à former la coalition le Rêve géorgien à partir de forces politiques très disparates, est arrivé sur le devant de la scène politique il y a tout juste un an.
Né dans une région ouvrière de la Géorgie, cinquième enfant d'une famille pauvre, Bidzina Ivanichvili, aujourd'hui âgé de 56 ans, s'est installé à Moscou au début des années 1980. Il a fait fortune en Russie, sachant profiter de la perestroïka du temps de Mikhaïl Gorbatchev, et surtout des privatisations de l'époque de Boris Eltsine, dans les années 1990.
Aujourd'hui, la fortune d'Ivanichvili est estimée à environ 5 milliards d'euros. En 2002, l'oligarque à quitté la Russie pour la France, il est même devenu citoyen français.
Rentré en Géorgie en 2003, peu avant la « Révolution des roses » qui a porté au pouvoir Mikheïl Saakachvili, Bidzina Ivanichvili s'est comporté en philanthrope : il a subventionné la construction de bâtiments universitaires et de théâtres et a soutenu des projets scientifiques. C'est sa région natale qui a bénéficié le plus de ses largesses : santé, gaz, infrastructures...
A côté de cela, Ivanichvili s'est fait construire une résidence ultramoderne sur les hauteurs de la capitale géorgienne Tbilissi et il collectionne aussi des œuvres d'art achetées à prix d'or. Présenté par ses adversaires politiques comme un cheval de Troie des intérêts russes, Bidzina Ivanichvili aura sans doute l'occasion, tôt ou tard, de tenter un rapprochement entre Tbilissi et Moscou.
Saakachvili se place déjà dans l'opposition |
Avec notre correspondant à Tbilissi, Régis Genté Le président Mikheïl Saakachvili a reconnu publiquement dans une allocation télévisée la défaite de son parti aux législatives du 1er octobre. « Le Mouvement national uni passe dans l'opposition », a-t-il déclaré. Et ce avant d’insister sur l’importance du respect des institutions. En tant que président, il a assuré qu’il contribuera, dans le cadre de la Constitution, à la mise en place du nouveau Parlement et à la formation du gouvernement. Dans cette logique, il a aussi confirmé qu’il irait au bout de son mandat présidentiel, le second et dernier, qui doit expirer dans un an. Mais c’est aussi un Mikheïl Saakachvili combatif, comme à son habitude, qui est apparu à l’écran. Il se range déjà dans l’opposition et s’apprête à employer toute son énergie « pour l'avenir de notre pays, pour continuer à lutter pour tout ce qui a été créé ces dernières années, qu’il s’agisse de la lutte contre la corruption et la criminalité, ou de la modernisation du pays ». Ces derniers mois, tout le monde se demandait en Géorgie ce qu’allait devenir le bouillant Mikheïl Saakachvili au terme de son second mandat présidentiel. Peut-être a-t-il trouvé la réponse au lendemain de cette défaite qu’il reconnaît, en démocrate. |

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