Le Monténégro aux urnes pour des élections législatives anticipées
Un peu plus de 500 000 électeurs sont appelés à renouveler leur Parlement ce dimanche 14 octobre au Monténégro, petit pays des Balkans, indépendant depuis 2006. Le gouvernement qui a avancé le scrutin de six mois, souhaite obtenir une large majorité pour les quatre ans à venir, qui lui permettra de négocier l'adhésion du Monténégro à l'Union européenne. Selon les derniers sondages, le Parti démocratique des socialistes au pouvoir depuis 23 ans est en tête des intentions de vote.
Avec notre envoyé spécial à Podgorica, Jean-Arnault Dérens
La coalition au pouvoir, qui brigue un nouveau mandat, promet un Monténégro européen et qui va de l’avant. Pourtant, il y a plus que jamais deux Monténégro. Celui des nouveaux riches toujours très liés au pouvoir politique, et celui des gens ordinaires qui vivent de plus en plus mal.
Presque toutes les entreprises du pays ont fermé leurs portes, certaines depuis vingt ans, les autres depuis la privatisation des dernières années, qui se sont soldées par un bradage des dernières richesses publiques.
Or, le développement touristique est bien loin de compenser la désindustrialisation massive du pays. Sur la côte, beaucoup de projets immobiliers restent à l’abandon, inachevés à cause de la crise. Dans la ville d'Ulcinj, les anciens hôtels d’Etat n’ont cessé de passer de main en main, et beaucoup tombent désormais en ruine. « Il s’agit plus de blanchir de l’argent sale, que de développer des projets économiques », explique un journaliste local.
Dans cette ville, des touristes viennent surtout du Kosovo, et la plupart se contentent de louer des chambres chez l’habitant pour cinq euros la nuit. Alors que la saison touristique ne dure guère que deux mois, les revenus sont dérisoires, mais les habitants ont contracté de lourds crédits pour créer des appartements touristiques.
Du nord au sud du pays, de plus en plus de gens se trouvent ainsi à la limite de la survie. Tandis que la corruption demeure endémique, tous les pronostics économiques annoncent une prochaine banqueroute des finances publiques.

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