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Article publié le : vendredi 04 janvier 2013 à 10:24 - Dernière modification le : vendredi 04 janvier 2013 à 10:24

Turquie: deux députés kurdes ont rencontré Abdullah Öcalan

Abdullah Öcalan, le chef historique du PKK.
Abdullah Öcalan, le chef historique du PKK.
haber.sol.org.tr

Par RFI

Ahmet Türk et Ayla Akat, deux députés kurdes au Parlement turc, ont rencontré jeudi 3 janvier Abdullah Öcalan, le chef historique du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, parti interdit, sur l’île-prison d’Imrali où il purge une peine de prison à vie. Lundi 31 décembre, le principal conseiller du Premier ministre turc avait confirmé l’existence de discussions entre les services secrets et Öcalan sur un désarmement du PKK.
 

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Cette rencontre surprise est la démonstration que le gouvernement mène cette fois une négociation qui se donne les moyens de ses ambitions, qui sont, rappelons-le, pas moins que le renoncement à la lutte armée par la rébellion.

Ennemi public numéro un du pays depuis près de 30 ans, emprisonné depuis 14 ans, Abdullah Öcalan n’avait même plus le droit de recevoir ses avocats depuis un an et demi, ce qui avait d’ailleurs donné lieu à deux mois de grève de la faim de centaines de détenus et aux premiers contacts avec des responsables de l’Etat turc. Il est aujourd’hui, comme cela semble logique et comme les Kurdes le clament depuis longtemps, la pièce maîtresse de ces discussions de paix.

Ce qui est encore plus nouveau, c’est de voir associés à ce processus les députés kurdes auxquels le Premier ministre refusait jusque là de serrer la main et d’adresser la parole, et qui étaient menacés de perdre leur immunité parlementaire pour être mis en prison.

La rencontre de jeudi d’Ahmet Türk et Ayla Akat avec Abdullah Öcalan est donc une grande première. Elle a duré deux heures et « connaîtra des suites », a promis le ministre de la Justice Sadullah Ergin, « sauf si cette opportunité est mal utilisée », prévient-il.

Quant au chef des services de renseignement qui mène ces négociations, Ahmet Fidan, il vient de passer deux jours sur l’île-prison d’Imrali, dormant sur place pour discuter à bâtons rompus avec le chef rebelle. Il explique que pour résoudre ce conflit, il faut discuter avec le leader du PKK, avec les députés élus en Turquie, avec les chefs militaires retranchés en Irak du nord et les groupes de Syrie, et même avec les responsables de l’organisation en Europe.

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