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    Europe

    Aix revendique le leadership de la Capitale européenne de la culture

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    Maryse Joissains-Masini, le maire d'Aix-en-Provence, est fière que ce soit sa ville qui ait donné ce 12 janvier le top de la Capitale européenne de la culture. C'est à Aix que la ministre française de la Culture, Aurélie Filippetti et le président de la commission européenne José Manuel Barroso ont déclaré ce samedi : « Jamais plus qu’aujourd’hui, l'Europe n'a eu besoin de grands artistes et de grands événements culturels ». En même temps, Maryse Joissains-Masini est déçue que le nom d'Aix n'apparaisse pas dans le label de l'année Capitale. Elle est connue pour sa franchise et son aversion contre l'art contemporain. Quant au thème fédérateur du programme - Entre les deux rives de la Méditerranée - elle a ses propres idées : « La culture doit rassurer avant tout les natifs d'une terre ». Ou : « Notre culture vaut toutes les autres ». Le projet culturel commun n'a pas effacé la rivalité entre Aix et Marseille. A un certain moment, Madame la maire et présidente de la communauté du pays d'Aix avait même pensé de claquer la porte. Aujourd'hui, elle assume, respecte la sculpture de Xavier Veilhan dans la cour de l'Hôtel de Ville et revendique le leadership artistique. Entretien.

    Marseille-Provence 2013. Capitale européenne de la culture. On parle beaucoup de Marseille et très peu d’Aix. Cela vous vexe ?

    J’aurais préféré qu’il en soit autrement, parce que Marseille fournit le tiers, Aix fournit l’autre tiers et Arles fournit aussi un tiers, avec – associées à nous – d’autres communes qui font également un bon travail. C'est-à-dire que Marseille seule n’aurait pas pu monter cette Capitale européenne de la culture. Marseille avec Aix et Arles cela fait vraiment Marseille-Provence 2013. Il ne faut pas oublier que Marseille 2013, cela ne veut rien dire, cela n’existe pas. On n’a pas mis Aix dans le titre, pourquoi ? Parce que ce n’est pas possible juridiquement.
     
    Marseille veut transformer son image, mais qu’est-ce qu’Aix a à gagner avec le titre de la Capitale ?
     
    Figurez-vous, je me suis longtemps posé la question. Finalement, j’ai accepté d’entrer dans le dispositif. D’abord par un sentiment de solidarité, parce que j’ai été persuadée que Marseille seule ne s'en sortirait pas. Le monde économique et le monde culturel me l’ont demandé en me disant très clairement qu’ils ne se voyaient pas absents de cet événement qui sera amputé de sa popularité et de sa réussite. 
     
    Il y avait un temps où vous avez failli claquer la porte. C’était à cause de Bernard Latarjet qui s’est retiré de la présidence de MP-2013 ? Ou à cause de la polémique autour de l’exposition Camus ?
     
    Au début, on parlait déjà de la métropole et je n’ai pas voulu qu’on situe ce qui va se passer sur le plan culturel, que cela préfigure une acceptation quelconque de cette métropole dont personne ne veut. Donc j’étais très réservée. Après, j’avais peur qu’Aix serve simplement de faire-valoir, compte tenu des fonds et des dépenses de l’Etat en matière de structures culturelles dans la ville de Marseille. J’étais un petit peu frileuse, jusqu’au moment où j’ai vu que le maire de Marseille n’était pas dans cette logique, qu’il était dans une logique de reconnaissance de ce que la ville d’Aix-en-Provence pouvait apporter au projet Marseille-Provence 2013.
     
    "Le Monument", sculpture de Xavier Veilhan dans la cour de l'Hôtel de Ville d'Aix-en-Provence, Capitale européenne de la culture. Siegfried Forster / RFI
    Sur la façade de la mairie d’Aix-en-Provence il y a une grande affiche : « Non à une métropole marseillaise ». MP-2013 va-t-il calmer le jeu ou raviver la rivalité entre Aix et Marseille ?
     
    Ce sont deux registres différents. Le maire de Marseille a déclaré publiquement qu’il n’était plus dans la métropole intégrée comme au début.
     
    « Marseille-Provence accueille le monde », « Entre les deux rives de la méditerranée » ou Les Quartiers créatifs, ces leitmotivs de l’année Capitale expriment la vision d’une culture qui peut transformer une cité, un quartier, une ville. Une culture qui remplace la peur de l’immigration par la compréhension de l’autre. Est-ce aussi votre vision de la culture ?
     
    Non, pas du tout. Moi, je pense que la culture doit refléter l’image d’un pays. La culture doit rassurer avant tout les natifs d’une terre. On est dans un territoire. Il ne faut pas non plus prioriser les gens qui arrivent de l’extérieur par rapport aux gens qui habitent le territoire. Donc je suis totalement ancrée dans une culture de notre territoire, mais qui est une culture d’affectivité et de main tendue vers l’extérieur. Cela veut dire très clairement : respectez notre culture et nous acceptons la vôtre. Mais en aucun cas je veux, je ne voudrai jamais, que la culture de l’autre prenne la place de notre culture à nous. Notre culture vaut toutes les autres. Dans mon esprit, personne n’aura jamais vocation à remplacer la culture méridionale, la culture provençale et la culture française, parce que c’est ancré dans une histoire, une histoire qui a des racines chrétiennes. Pour autant, je suis totalement ouverte aux pays de la Méditerranée et je les accueillerai avec beaucoup de bonheur, avec les bras tendus, mais jamais, en aucun cas, qu’ils aient vocation à remplacer notre culture.
     
    Maryse Joissains-Masini, maire d’Aix-en-Provence et présidente de la communauté du pays d'Aix. 11/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter
    Le Grand atelier du MidiL’art à l’endroit, Le tapis rouge, ce sont quelques grands événements de MP-2013 à Aix-en-Provence. Qu’est-ce que cela changera pour l’image culturelle d’Aix ?
     
    Aix est une ville où on a beaucoup développé la culture de qualité pour tous. On n’a pas eu besoin de Marseille-Provence 2013 pour s’ouvrir à d’autres cultures et pour s’ouvrir à l’ensemble du territoire et notamment aux personnes qui, avant, étaient de côté dans la culture. Ce qu’on attend de Marseille-Provence 2013, c’est d’abord aider Marseille à émerger de cette mauvaise image que la presse donne à Marseille depuis dix ans. Nous sommes là aussi pour aider Marseille à émerger dans une meilleure acceptation de son image. Nous sommes là aussi pour dire à Marseille : voyez, nous n’avons pas eu peur de vous, alors que vous avez une prétention culturelle qui, jusqu’à maintenant, était portée seulement par Aix-en-Provence, parce que nous pensons que la culture, c’est en même temps l’ouverture. Cela montre que nous sommes ouverts dans cette coopération métropolitaine, mais cela ne veut pas dire pour autant que nous nous laisserons dépouiller. Nous avons tendu la main en premier, nous attendons la main de Marseille en retour.

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    Le programme Marseille-Provence 2013
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    Le week-end d'ouverture de la Capitale européenne de la culture aura lieu ces 12 et 13 janvier.
    Chronologie et chiffres clés
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